SYSTEME SOCIAL DE SECURITE DES AGENTS PUBLICS Les conséquences des risques professionnels

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19 avril 2026

SYSTEME SOCIAL DE SECURITE DES AGENTS PUBLICS Les conséquences des risques professionnels


Nous avons abordé, dans la précédente édition de Courrier confidentiel, avec Dr Sandrine Marthe Sanon, les facteurs et les risques des maladies professionnelles. Cette fois, nous traitons avec le médecin-conseil de la CARFO, un volet de ce thème. Il s’agit des conséquences des risques professionnels, notamment les effets secondaires des atteintes possibles à la santé et à l’intégrité du corps du travailleur. En d’autres termes, ce sont les aspects de la situation de travail pouvant interférer négativement sur la sécurité, la santé et le bien-être des travailleurs. Les conséquences des risques professionnels sont nombreuses et de plusieurs ordres selon le diagnostic de la spécialiste en santé des travailleurs, qui recommande la prise de mesures de prévention afin d’éviter l’altération de la santé des salariés du fait du travail ou des conditions dans lesquelles il se déroule.

 

Les conséquences des risques professionnels sont multiples et multiformes. Selon un diagnostic médical, il y a ce qu’on note comme conséquences pour le salarié et sa famille, des douleurs, des souffrances, des infirmités, voire décès ; de sentiment d’infériorité en cas d’incapacité permanente, de diminution de l’autorité parentale et conjugale (impossibilité de subvenir aux besoins de la famille…) ; la dévalorisation dans le milieu social (incapacité à jouer le rôle d’antan) ;  perte partielle de salaire voire de l’emploi, de gain et de revenus pour ceux qui assistent le salarié malade ou handicapé.

Il résulte des conséquences pour l’organisme de sécurité sociale (les soins médicaux), notamment la couverture des frais médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques, le renouvellement des appareils de prothèse, d’orthopédie, les frais de réadaptation fonctionnelle et de rééducation, etc. ; les indemnités journalières versées aux victimes d’accident de travail (AT)  ou maladie professionnelle (MP) pour compenser la perte de salaire ; les allocations d’incapacité ; les prestations en cas de décès comme les frais funéraires, les frais de transport du corps, les rentes de survivants ; les soins médicaux  nécessaires parfois après consolidation des lésions.

 

L’entreprise n’est pas à l’abri de ces conséquences qui se ressentent sur les coûts directs, c’est-à-dire les versements de cotisation à l’organisme de sécurité sociale, la majoration  si la fréquence des AT et MP est élevée ; les frais d’évacuation des victimes vers un centre de référence; les frais de soins d’urgence du jour de l’accident et de réparation des machines.

On note également des coûts indirects qui sont quatre (04) fois plus élevés et grèvent la productivité de l’entreprise. Ils comprennent le temps perdu (arrêt de travail, arrêt de fonctionnement de l’unité de production…), le remplacement de la main-d’œuvre qualifiée (temps de formation, apprentissage pour le nouveau venu et temps d’adaptation marquée par une fréquence élevée d’AT).

Les risques professionnels (RP) ont évidemment des conséquences pour la nation entière en ce sens qu’ils donnent lieu à des versements de sommes importantes qui auraient pu financer des programmes de développement, occasionnent de nombreuses journées de travail perdues, de pertes de ressources humaines qualifiées déjà peu nombreuses.

 

Mesures de prévention des risques professionnels en entreprise

 

Les mesures préventives portent sur des principes généraux de prévention. Il faut donc éviter le risque en le combattant à la source, évaluer les risques qui ne peuvent être évités, adapter le travail à l’homme (conception des postes de travail, choix des équipements et des méthodes de travail et de production), tenir compte de l’évolution de la technique, remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou qui l’est moins, planifier la prévention en l’y intégrant dans un ensemble cohérent. Cela se traduit par l’application de la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales, l’influence des facteurs ambiants, la prise de mesures de protection collective en donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle et des instructions appropriées aux salariés.

La prévention doit également porter sur les agissements de harcèlement moral ou sexuel.

Des mesures légales

Les mesures légales en la matière concernent l’ensemble des textes législatifs et réglementaires en sécurité sociale du travailleur (SST).

Au plan national, on a les lois, les décrets, les arrêtés pris pour préserver la santé, la sécurité et le bien-être des travailleurs (Code du travail, Code de sécurité sociale, etc.)

Au niveau international,  il s’agit des conventions et recommandations adoptées de façon tripartite par l’organisation internationale du travail (O.I.T.). Les conventions sont soumises à ratification aux pays membres, et sont applicables une fois ratifiées.

 

Des mesures techniques

 

Les mesures techniques brassent l’ensemble des mesures de protection collective. Elles visent la protection du collectif au travail. On en distingue l’élimination possible du risque, ce qui veut dire qu’il faut éloigner les travailleurs des risques lorsqu’il n’est pas possible de l’éliminer ou réduire sa gravité ; isoler le risque par des barrières entre la source du risque et les salariés ; mettre en place des dispositifs  techniques particuliers : hotte d’aspiration, extracteurs d’air, dispositifs antivibratoire, etc. A cela peuvent s’ajouter des consignes de sécurité qui sont des règles de conduite enseignées aux salariés pour marquer l’interdiction de faire quelque chose ou comment le faire sans danger, se comporter en cas de survenue d’un sinistre.

 

Mesures de protection individuelle

 

Très souvent, malgré les mesures collectives, il persiste un risque résiduel.

On met alors à la disposition des travailleurs  des équipements de protection individuelle (EPI) : gants, masques, bottes, casques, bouchons d’oreille, tenues de travail, etc.

 Dans tous les cas, il faut toujours privilégier la protection collective, à la protection individuelle (principes généraux de prévention). L’information, l’éducation et la communication (IEC) doivent être privilégiées pour conscientiser les travailleurs sur l’existence de dangers liés au travail, leurs causes, et les moyens de s’en prémunir.

 

Des mesures médicales à préconiser

 

Les visites médicales avec des objectifs bien définis doivent être multipliées en vue du bon suivi des travailleurs :

 

•      Visite médicale d’embauche (VME) : adéquation entre exigences du poste de travail et  capacités physiques, physiologiques et psychologiques du candidat au poste ; absence de pathologie potentiellement contagieuse;

 

•      Visite médicale périodique (VMP): maintien au poste (aptitude au poste de travail), aménagements, changements, dépistage précoce des MP. Périodicité variable. Au Burkina Faso, elle est annuelle de façon générale.

 

•      Visite de reprise après AT avec arrêt de travail  ou MP quelle que soit la durée; après maladie avec arrêt de travail d’au moins 21 jours ou retour d’un congé de maternité

•      Visite de fin de contrat afin de s’assurer qu’au soir de son activité professionnelle, le salarié ne présente pas de signes  ou symptômes de maladies liées à son travail ; et de permettre un éventuel suivi post-professionnel pour les salariés ayant été soumis à des risques à effet différé (amiante, rayonnements ionisants,…etc.).

 

•      Visite médicale spéciale

La santé et la sécurité des travailleurs sont un capital précieux. Afin de préserver l’employabilité des travailleurs, des mesures de prévention doivent être prises, évitant ainsi l’altération de la santé des salariés du fait du travail ou des conditions dans lesquelles il se déroule.

Ces mesures ne seront toutefois effectives et efficaces que si l’ensemble des partenaires sociaux (Etat, employeurs, travailleurs) assumaient leur rôle de façon concertée et cohérente au travers d’un dialogue social constructif. On peut ainsi en déduire que «la sante dans l’entreprise, c’est la santé de l’entreprise et, partant, celle de la nation».

 

Armel ILBOUDO/DIGICOM en collaboration avec Dr Sandrine M. SANON, médecin-conseil de la CARFO



Image de l’édition
25 décembre 2014

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