La Caisse autonome de retraite
des fonctionnaires (CARFO) fonctionne sur la base d’un système de solidarité
garantissant à chacun, une protection dans ses vieux jours. Nous avons approché
la tutelle des pensionnés pour en savoir davantage.
Le système de retraite géré
par la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) se présente comme
la garantie donnée à chaque fonctionnaire admis à faire valoir ses droits à la
retraite de disposer des moyens pour assurer sa subsistance et celle de sa
famille. Il repose sur le principe de solidarité garantissant à chacun, une
protection dans ses vieux jours. Cette solidarité repose sur le système par répartition.
Dans un tel système, les
cotisations basées sur la rémunération des travailleurs en activité servent au
paiement des pensions des retraités au même moment. En contrepartie de cette
solidarité avec les générations précédentes, les cotisants acquièrent eux-mêmes
des droits sur les générations futures, qui financeront à leur tour, leur
retraite lorsqu'ils cesseront de travailler. Ce système a l’avantage d’établir
une solidarité entre tous les agents publics et entre les générations.
Mais en matière de sécurité
sociale, il n’y a pas que le système par répartition ; on rencontre également,
ce que l’on peut qualifier de « chacun-pour-soi », c'est-à -dire le
système par capitalisation adopté par la plupart des sociétés d’assurance.
La retraite par capitalisation consiste à faire des
provisions aujourd’hui pour financer les
pensions de demain.
Lorsque le travailleur prend sa retraite, deux
possibilités principales lui sont offertes :
Ainsi, comme on peut le
constater, le système par répartition qui est celui appliqué à la CARFO reste
le régime revêtant le caractère social et solidaire par excellence. Dans les
faits, il fonctionne comme une mutuelle d’agents d’un ministère cotisant un
montant mensuel, pour se soutenir. La mutuelle fixe les montants à verser Ã
l’agent ou à sa famille, correspondant à des types d’évènement. De ce fait, il
peut arriver qu’un agent parvienne à la retraite sans bénéficier d’appui, simplement
parce qu’aucun évènement entrant dans le champ d’intervention de la mutuelle ne
s’est produit dans sa vie. Ainsi, pendant toute sa vie active, ce dernier aura
participé à la vie d’un système sans en tirer le moindre bénéfice… au nom de la
solidarité.
Le système de répartition est
quasiment identique. Chaque mois, chaque agent public, militaire, magistrat,
contractuel, fonctionnaire concède une retenue de 8% sur son salaire au profit
de ses anciens collègues retraités, aux veuves/veufs et orphelins de ceux
décédés, avec l’espoir qu’il bénéficiera des mêmes droits à sa retraite ou en
cas de décès. Cette cotisation est renforcée par une forte contribution de
l’Etat à hauteur de 12%. Comme la mutuelle du ministère, le système par
répartition ne peut tenir qu’à condition que ses règles soient respectées. Quand,
dans le cadre de la mutuelle, un agent en vient à bénéficier de 300 000
FCFA d’assistance de la part de la mutuelle, pour seulement 30 000 FCFA de
cotisation dans l’année, c’est que beaucoup n’ont pas eu d’évènements
nécessitant l’intervention de la mutuelle.
Comme dans le cadre de la mutuelle,
dans le système par répartition, les pensions du moment sont financées
exclusivement par les cotisations du moment, prélevées sur les actifs du
moment. La couverture sécuritaire ne se limitant pas au seul retraité et se
poursuivant à son conjoint survivant et à ses orphelins avec une possibilité de
cumul, on comprend alors toute la difficulté du régime de pension à octroyer une
pension égale au dernier salaire du retraité. Cette relation entre salaire des
actifs et pensions des retraités n’est pas toujours connue ni des agents en
activité ni de ceux qui sont à la retraite, et cela est souvent source de
beaucoup d’incompréhensions.
Le système par répartition est
soutenu par une obligation d'adhésion sans laquelle certains actifs pourraient
essayer d'assurer leur retraite par un autre mécanisme et le système, quoique
public, ferait faillite et il reviendra encore à l’Etat d’assurer les vieux
jours de tous. La viabilité du système par répartition repose sur la capacité
régulière des cotisations des actifs du moment à supporter les pensions du
moment. Ce qui n’est pas toujours le cas. Dans de nombreux pays occidentaux, le
système par répartition connaît des difficultés dues à l’amélioration de
l’espérance de vie ; d’où les réformes auxquelles on assiste actuellement.
Mais obligatoire et
collective, l’assurance vieillesse doit aussi être équitable à l’intérieur
d’une même génération et soutenable pour les fonctionnaires les plus modestes.
Les cotisations sociales sont ainsi proportionnelles aux revenus du travail (8%
du salaire de base ou indiciaire) et les prestations dépendent des cotisations
versées.
En 1989, la CARFO enregistrait
au total 6 774 pensionnés dans la branche vieillesse.
En fin d'exercice 2013, cet effectif est passé à 37 466, soit 4, 53 fois
l’effectif de départ. Les bénéficiaires de l’année 2013 se répartissent entre
les différentes prestations de la branche avec une prédominance de la pension
de retraite (18 502 soit 49%), ensuite les pensions de conjoints
survivants 12 431 (33%) et les pensions d’orphelins 6 533 (18%). Ainsi, les
réversions étaient au nombre de 18 964 alors qu’elles étaient de
6 552 en 1989. Les réversions sont les prestations dérivant de la pension
de retraite et versées aux ayants droit suite au décès du titulaire.
Entre 1989 et 2013, les
effectifs des retraités sont passés de 252 à 18 502. Les retraités de 2013
avaient un âge moyen de 63,14 ans avec une forte concentration dans les
tranches d’âge 55-65 ans (8 929 retraités) et 65-75 ans (5 637
retraités). Les plus de 75 ans étaient au nombre de 1 485. Les effectifs
sont principalement masculins ; les femmes qui étaient au nombre de 21 en
1989 sont maintenant au nombre de 2 694 en 2013 contre 15 808 hommes.
Le temps moyen de cotisation
de ces retraités est de 28, 5 ans. En moyenne, au bout de 7 ans, le cumul de la
pension versée au retraité est équivalent au montant total de ses cotisations.
Cela signifie que toute la pension versée au pensionné après la fin de sa 7e
année de sa vie de retraite est le fait de la solidarité du système de
répartition. Or, sur 18 502 retraités, 9 545, soit 50,51%, ont plus de 7
ans à la retraite. 961 d’entre eux ont même une durée de retraite au-dessus du
temps moyen de cotisation. Ceci vient confirmer le fait qu’aucun pensionné ne
vit de ses cotisations et que les pensions sont soutenues par les cotisations
des actifs du moment.
La cohésion sociale repose
donc sur les valeurs de solidarité. Il nous faut ensemble « bâtir une
solidarité agissante entre les générations».
Armel ILBOUDO / DIGICOM
En
collaboration avec la CARFO
1-
En 1989, la CARFO enregistrait au total 6 774 pensionnés
dans la branche vieillesse. En fin d'exercice 2013, cet effectif est passé à 37 466,
soit 4, 53 fois l’effectif de départ
2-
La cohésion sociale repose sur les valeurs de solidarité.
Il nous faut donc ensemble «bâtir une solidarité agissante entre les
générations».