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Odeur de pourriture dans la maison !

UEMOALe climat se gâte, de plus en plus, au siège de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à Ouagadougou. Le commissaire du Sénégal, El Hadj Abdou Sakho, sommé de quitter son poste, a déposé une plainte contre le Président Wade auprès de la Cour de justice de l’UEMOA. Il l’accuse d’avoir violé les textes de l’institution. Cette bagarre politique est partie du fait que Wade ait signé un décret limogeant Sakho de son poste de commissaire du département des politiques économiques et de la fiscalité intérieure. Plaçant ainsi à ce poste l’ex-Premier ministre sénégalais, Cheick Hadjibou Soumaré. Or, selon l’article 27 du traité de l’UEMOA, les commissaires ne peuvent être éjectés de leur poste qu’en cas de faute grave. Sakho n’est visiblement pas dans cette situation. Du coup, la décision de Wade de le révoquer a paru ridicule aux yeux de plusieurs membres de la commission de l’UEMOA, et même au niveau de la Conférence des chefs d’Etat. «Le Président sénégalais veut absolument placer son homme», confie une source proche du dossier. Le 22 octobre dernier, Soumaré avait très publiquement affiché son allégeance à Wade en organisant, par le biais de sa famille politique, un meeting de soutien à sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. Ce meeting avait été organisé pour contrecarrer celui du M23 qui, lui, contestait, énergiquement, une troisième candidature de Wade à la Présidence du Sénégal.

Ce coup de force (si on peut l’appeler ainsi) est intervenu au moment où Sakho était en pôle position pour être le nouveau président de la Commission de l’UEMOA, en remplacement de Soumaila Cissé en fin de mandat depuis plusieurs mois mais qui demeure, jusqu’aujourd’hui, à son poste. La conférence des chefs d’Etat, guidée par des intérêts politiciens et hautement financiers, n’a pu, jusque-là, désigner un nouveau président, ni nommé un intérimaire. Créant, du même coup, un flou total au sein de la sphère dirigeante de la Commission. Soumaïla Cissé, investi par son parti le 18 septembre dernier comme candidat à la présidentielle de février 2012 au Mali, semble, lui-aussi, se plaire à jouer les prolongations, peut-être dans le but d’engranger des dividendes financières. Mais, à cette allure, il risque de laisser des plumes dans la maison UEMOA.

Le principal challenger de Sakho à la présidence de la Commission était le Nigérien Badamassi Malan Anou, ancien ministre nigérien des Finances sous la junte dirigée par Salou Djibo. Mais le Niger a dû rapidement changer de carte, ce dernier s’étant, entre-temps, retrouvé au cœur d’un scandale financier. Il a ainsi été remplacé par Abdallah Boureima, qui a été ministre des Finances du Niger en 1992. L’actuel président nigérien était alors chef du gouvernement. Mais Sakho apparaissait visiblement comme étant le favori. Si bien que le décret signé par Wade en faveur de Soumaré est apparu, à ses yeux, comme un coup de poignard. Mais il n’entend pas baisser les bras. Sa décision est claire et ferme: il ne quittera pas son poste tant que la Cour de justice de l’UEMOA ne l’aura pas décidé. Affaire à suivre.

www.courrierconfidentiel.net

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