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Voici les résultats provisoires proclamés par la CENI

CENIILa Commission électorale nationale indépendante a proclamé, le 6 décembre, les résulats provisoires des élections législatives du 2 décembre 2012. Ces résultats concernent 44 des 45 provinces que compte le pays. Ceux de la province du Kadiogo n'ont pas été proclamés du fait de problèmes que rencontrerait la CENI. En attendant de publier, sur notre site, les résultats de cette province, de même que ceux des élections municipales dont la proclamation se fera dans les jours à venir selon la CENI, voici les résultats disponibles concernant les législatives.

  BALE
 BAM
 BANWA
 BAZEGA
 BOUGOURIBA
 BOULGOU
 BOULKIEMDE
 COMOE
GANZOURGOU
GNAGNA
 GOURMA
HOUET
IOBA
 KENEDOUGOU
KOMONDJARI
KOMPIENGA
 KOSSI
KOULPELOGO
KOURITENGA
KOURWEOGO
 LERABA
 LORUM
 MOUHOUN
 NAHOURI
 NAMENTENGA
NAYALA
NOUMBIEL
OUBRITENGA
OUDALAN
 PASSORE
 PONI
 SANGUIE
 SANMATENGA
 SENO
 SISSILI
SOUM
SOUROU
TAPOA
TUY
YAGHA
 YATENGA
 ZANDOMA
ZIRO
ZOUNDWEOGO

 

Elections

Alors que la campagne électorale bat son plein, l’une de nos lectrices, qui suit de près l’évolution politique du pays, lance le débat sur «l’achat des consciences», «la place et le rôle des responsables coutumiers», «le droit de chaque Burkinabè jouissant de ses droits civiques à être électeur et éligible» et la «décantation des partis politiques». Voici sa réflexion.

«De toute évidence, la très grande majorité des Burkinabè ne peut rester indifférente à cet événement inédit : les législatives et les municipales couplées. Chaque Burkinabè doit savoir qu’il détient aujourd’hui le pouvoir de donner le pouvoir, et faire usage de son pouvoir avec une conscience aigüe, discernement, clairvoyance et esprit de suite.

Depuis le début du processus jusqu’à la phase actuelle de campagne, nous avons suivi le déroulement des choses et souhaitons apporter notre modique contribution, en tant que citoyenne, à des élections apaisées dont le résultat sera l’expression réelle de la volonté des citoyens. Notre démocratie aura fait un très grand pas si chaque électeur et chaque électrice avait une claire conscience de ce qui suit, avant d’accomplir l’acte civique ultime le 02 décembre 2012 :

1- De l’achat des consciences

Nous avons lu le mercredi 28 décembre sur Lefaso.net un article de J. SOME intitulé « Achat des consciences : le marché ne connaît pas la crise ». Au cours de cette campagne, nous avons suivi des partis politiques faire une démonstration de leur capacité à distribuer des billets de banque, des gadgets, des vivres … C’est à se demander si ces partis ont des plantations d’arbres dont les feuilles sont des billets de banque. L’argent acquis de dur labeur ne se distribue pas de cette façon. Si les électeurs ont une claire conscience que tout ce qui leur est donné pendant cette campagne ne représente que le millionième de ce qui leur est dû, ils feront un vote conscient. Il n y a pas de mérite de la part des donateurs, car ce n’est qu’une infime partie de ce qui est dû. Il n y a donc pas de place pour une quelconque reconnaissance en retour. Pour vous en convaincre, faites le total des sommes dues par des structures et des personnalités mises en cause dans les rapports 2008, 2009 et 2010 de l’ASCE*1. Le montant total s’élève à au moins trois milliards trois cent dix huit millions sept cent vingt un mille cinq cent vingt trois (3.318.721.523) Francs CFA. Nous ne parlons pas du rapport 2011 de l’ASCE, ni de ceux d’autres structures de contrôle

2- De la place et du rôle des responsables coutumiers

La question de la place et du rôle des chefs coutumiers dans un Etat multiethnique, moderne et laïque est, depuis belle lurette, objet de débats. En attendant que des réflexions plus poussées proposent des solutions idoines, nous pensons qu’il serait bien sage que ces derniers cultivent une certaine réserve et se positionnent au dessus de la mêlée. Dans toutes les régions de notre pays, des chefs coutumiers existent, avec une importance, des rôles et responsabilité variant selon le type d’organisation de la société. Mais ce qui demeure une constante, ce sont eux le ciment social, les repères, les derniers recours. Ils sont les GRANDS CHEFS DE FAMILLE qui n’ont pas le droit d’avoir une préférence quelconque pour l’un ou l’autre de leurs enfants, encore moins le manifester publiquement. Notre histoire très récente atteste que si nous avons pu préserver une relative paix sociale, c’est grâce aux responsables coutumiers, aux leaders religieux et d’opinion et à certaines fortes personnalités connues pour leur intégrité et sens de responsabilité.

Avec toute la considération due aux animateurs et animatrices de notre classe politique, nous pensons qu’elle rendrait un véritable service à la démocratie en évitant d’instrumentaliser notre richesse commune, les notabilités coutumières et religieuses. Faisons en sorte que dans les situations difficiles, nous ayons toujours des ressorts et des recours en qui les citoyens ont foi, des personnes « créditées de vertus, d’intégrité et de droiture morale »*2, et surtout d’impartialité. Ce sont ces qualités, que du reste nos responsables coutumiers et religieux doivent tout faire pour préserver, qui font d’eux des symboles de cohésion sociale, de cohésion nationale. SI LES ELECTEURS / ELECTRICES ONT UNE CLAIRE CONSCIENCE QU’UN CHEF DE FAMILLE N’A PAS LE DROIT D’AVOIR DE PREFERENCE PARMI SES ENFANTS, ALORS SEUL(E) DANS L’ISOLOIR, ILS /ELLES VOTERONT SELON LEUR CONSCIENCE.

3- Du droit de chaque Burkinabè jouissant de ses droits civiques à être électeur et éligible

Tous les Burkinabè sont égaux en droit ; tous les candidats remplissant les conditions d’éligibilité sont donc égaux devant les citoyens burkinabè. Il n’y en a pas qui soient moins burkinabè que d’autres. Par conséquent, SI LES ELECTEURS / ELECTRICES ONT UNE CLAIRE CONSCIENCE QUE LA COULEUR, LE SEXE, L’APPARTENANCE RELIGIEUCE, LE GROUPE ETHNIQUE … N’ONT AUCUNE IMPORTANCE, ILS /ELLES FERONT UN CHOIX JUDICIEUX SUR LA BASE DU PROGRAMME POLITIQUE, DE LA VALEUR INTRINSEQUE DES PRETENDANTS ET DE LEUR CAPACITE A PRENDRE A BRAS LE CORPS LES PREOCCUPATIONS DES BURKINABE ET A Y APPORTER DES SOLUTIONS. Toute approche régionaliste ou ethnocentrique ne produira, à terme, rien d’autre que ce qu’on vécu des voisins pas très loin de nous. De toutes les façons, le rendez-vous pour la reddition des comptes, c’est dans cinq ans.

4- Et enfin la décantation des partis politiques

Cette échéance électorale devrait être une très bonne occasion pour procéder à une véritable décantation de notre paysage politique, notamment pour mettre fin à cette pléthore de partis politiques. De ce que nous avons pu suivre du déroulement de la campagne, voici ce que nous avons relevé concernant l’utilisation par les partis politiques, des plages qui leur sont offertes par le CSC en partenariat avec la TNB ou le quotidien Sidwaya. Notre suivi couvre la période du 19 au 28 novembre 2012 et a concerné l’absence de partis à deux émissions à la TNB (Messages des partis politiques - 19h15 et Programmes croisés - à partir de 21h) et l’absence de message à la plage réservée par le quotidien Sidwaya à cet effet. Au total, nous avons noté 29 faux bonds (absences de messages dans Sidwaya et non participation aux deux émissions de la TNB suscitées)

Voilà qui pose un sérieux problème. De trois choses l’une, et pourquoi pas les deux ou les trois à la fois : soit que ces partis n’ont rien sur quoi bâtir leur campagne, soit qu’ils sont persuadés de ne pas pouvoir défendre ce qu’ils ont présenté et obtenu une subvention de l’Etat, ou qu’il n’ont pas beaucoup d’égard pour l’électorat. Quelles sont les motivations des dirigeants de ces partis ? Et dire qu’il y a au total 106 partis et formations politiques autorisés par la CENI à prendre part aux élections couplées, parmi lesquels 74 sont effectivement en compétition pour les législatives et 81 pour les municipales !*3

Il importe de songer à saisir la présente opportunité pour assainir le paysage politique burkinabè.

Bonnes élections couplée le 02 décembre 2012»

Cynthia BENAO

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*1. La somme totale a été effectuée à partir de résultats des rapports 2008, 2009 et 2010 de l’ASCE publiés par Le Pays du 26 septembre 2012

*2. Extrait du message à la nation de S.E. le président du Faso, Ouagadougou, 21 mai 1999

*3. Source : L’Agence d’information du Burkina (AIB) du 27 novembre 2012

 

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