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Simon CompaoreDepuis le début de la campagne électorale pour les élections couplées du 2 décembre, les partis politiques ont contribué à changer la physionomie de la ville de Ouagadougou. Et cela, à travers des affichages pêle-mêle qui ne sont pas du goût du maire de Ouagadougou.

Campagne électorale à Ouagadougou. La ville change de visage. Dans leurs opérations de charme, tous les moyens sont utilisés par les hommes politiques pour faire voir les couleurs et les slogans de leurs partis politiques. C’est donc une sorte de compétition qui se joue aussi à travers les affiches publiques. Les murs, les panneaux de signalisation, les édifices publics, brefs, tous les supports exposés à la vue du grand public sont pris d’assaut par les «envoyés spéciaux» des partis politiques qui y fixent des affiches aux formats divers. Cette pratique, pas si nouvelle sous nos cieux, est-elle légale ? Nous avons posé la question au maire de la ville de Ouagadougou. Il reconnaît que ses services ont de «gros soucis liés aux affiches à chaque ouverture de campagne électorale». La loi, d’après Simon Compaoré, indique clairement que les affichages doivent se faire sur des installations, des supports spécifiques placés à cet effet.

Mais dans la pratique, la mairie dit ne pas avoir les ressources financières nécessaires à l’installation de ces supports publicitaires. Par conséquent, les partis politiques se doivent de se débrouiller comme ils peuvent pour faire voir leurs emblèmes au maximum de personnes. Toutefois, le bourgmestre en fin de mandat, avant de remettre les clefs de la ville à son remplaçant, s’oppose farouchement aux «affichages sauvages»; c’est-à-dire ceux qui sont faits sur les panneaux de feux tricolores, les panneaux de signalisation, les édifices publics, les monuments, etc. Et le maire est d’ailleurs allé un peu plus loin le 22 novembre dernier: «Pour tout vous dire, hier, (ndlr :22 novembre 2012), à 4h30 du matin, en allant au service, j’ai vu au rond-point de la bataille du rail, des affiches d’un parti politique qui avaient pratiquement couvert tout le monument qui a été nouvellement repris. J’étais obligé, avec les femmes de la Brigade verte, qui étaient dans les alentours pour le nettoyage, de procéder à la dépose de ces affiches sauvages, car c’est précisément ce qu’il faut éviter de faire».

Faites-le donc sur les caïlcédras !

Quels sont donc, dans la ville de Ouagadougou, les supports autorisés pour les affiches ? A cette question, le maire propose aux hommes politiques de s’en prendre, pour l’instant, aux arbres, notamment les caïlcédras, comme il y en beaucoup à Ouagadougou. «A ce niveau, il n’y a pas de limitation; ce sont les seuls emplacements sûrs, sur lesquels les politiciens ne doivent pas craindre de voir les agents de la municipalité arracher leurs affiches». A Ouagadougou, les partis politiques qui ont plus de moyens ont porté leurs armoiries sur les affiches géantes généralement gérées par des agences de publicité. Ces supports spécialement installés pour les affiches font partie naturellement des dispositions qui obéissent à la loi. Mais pour tout le reste, les agents municipaux se réservent le droit d’arracher les affiches dans la dynamique d’assainissement et d’embellissement de la ville de Ouaga. «C’est notre rôle régalien, en tant qu’autorités municipales, de faire en sorte que les rues soient fonctionnelles, que les monuments ne soient pas encombrés par des affichages tous azimuts», a indiqué le maire de Ouagadougou. Et il dit être lui-même un acteur de la campagne électorale, même s’il n’est candidat ni aux législatives, ni aux municipales.

PMR

GrinLa campagne électorale pour les élections législatives et municipales bat son plein. Et les partis politiques ne cessent de s’inviter dans les «grins de thé» de la ville de Sya où de nombreux jeunes crient au chômage et à l’injustice. Constat…

«Rasta grin» est situé au secteur 21 de Bobo Dioulasso. A 9h déjà, les jeunes de ce «grin» se retrouvent pour «prendre du thé». Assis sur des bancs ou des nattes, ils s’occupent en jouant au damier ou aux cartes. Que peuvent-ils bien attendre des différents candidats en lice pour ces élections couplées ? Louis, un jeune joueur, répond : «Je n’attends rien de ces bourreaux. Toujours les mêmes promesses à vous faire dormir debout. Je suis fatigué. D’ailleurs, je suis pour une révolution consciente en lieu et place d’élections qui conduiront encore des corrupteurs et des corrompus à la tête de ce pays». Pour lui, «il n’y a pas d’urgence de la part des politiciens vis-à-vis de Bobo Dioulasso». Et même si il y en avait, seule la révolution pourrait définitivement changer la donne.

Adama, un autre membre du «grin», estime que l’urgence serait de mettre en place des projets de création d’emploi pour les jeunes. Et voici Maironne, étudiant en fin cycle, qui prend la parole. Il affirme passer toute sa journée au «grin» parce qu’il n’a rien à faire. Visiblement déçu, il invite, avec force détails, les candidats, en particulier ceux du parti au pouvoir, à tenir les promesses faites lors des campagnes précédentes. «Beaucoup de choses ont été dites et rien n’a été fait. Bobo ne ressemble à rien. Aucune initiative pour motiver les jeunes à l’auto-emploi», déplore-t-il. Quant à Pascal, un jeune rasta, il estime que l’urgence après les élections serait de mettre sur le banc de touche, les «vieux démons» du parti au pouvoir. Il est temps que l’on aspire, dit-il, à un changement véritable. Issouf, lui, est candidat de l’un des partis politiques en compétition. Il espère donner, s’il est élu, une nouvelle impulsion à la gestion du quartier «Belle-ville» qui, selon lui, n’a aucun projet d’assainissement. « Il n’y a ni voies, ni caniveaux. Pendant la saison des pluies, c’est le calvaire», affirme-t-il, visiblement déçu. Le débat devient de plus en plus houleux. Tous fustigent la gestion du pays. Et affirment qu’ils iront voter le 2 décembre. Certains confient cependant qu’ils opteront pour un bulletin nul afin d’éviter d’être «complices de l’injustice et de l’impunité». Quant à Louis, il est catégorique : «Je ne voterai que lorsqu’on changera le régime en place»…

BK

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