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GrinLa campagne électorale pour les élections législatives et municipales bat son plein. Et les partis politiques ne cessent de s’inviter dans les «grins de thé» de la ville de Sya où de nombreux jeunes crient au chômage et à l’injustice. Constat…

«Rasta grin» est situé au secteur 21 de Bobo Dioulasso. A 9h déjà, les jeunes de ce «grin» se retrouvent pour «prendre du thé». Assis sur des bancs ou des nattes, ils s’occupent en jouant au damier ou aux cartes. Que peuvent-ils bien attendre des différents candidats en lice pour ces élections couplées ? Louis, un jeune joueur, répond : «Je n’attends rien de ces bourreaux. Toujours les mêmes promesses à vous faire dormir debout. Je suis fatigué. D’ailleurs, je suis pour une révolution consciente en lieu et place d’élections qui conduiront encore des corrupteurs et des corrompus à la tête de ce pays». Pour lui, «il n’y a pas d’urgence de la part des politiciens vis-à-vis de Bobo Dioulasso». Et même si il y en avait, seule la révolution pourrait définitivement changer la donne.

Adama, un autre membre du «grin», estime que l’urgence serait de mettre en place des projets de création d’emploi pour les jeunes. Et voici Maironne, étudiant en fin cycle, qui prend la parole. Il affirme passer toute sa journée au «grin» parce qu’il n’a rien à faire. Visiblement déçu, il invite, avec force détails, les candidats, en particulier ceux du parti au pouvoir, à tenir les promesses faites lors des campagnes précédentes. «Beaucoup de choses ont été dites et rien n’a été fait. Bobo ne ressemble à rien. Aucune initiative pour motiver les jeunes à l’auto-emploi», déplore-t-il. Quant à Pascal, un jeune rasta, il estime que l’urgence après les élections serait de mettre sur le banc de touche, les «vieux démons» du parti au pouvoir. Il est temps que l’on aspire, dit-il, à un changement véritable. Issouf, lui, est candidat de l’un des partis politiques en compétition. Il espère donner, s’il est élu, une nouvelle impulsion à la gestion du quartier «Belle-ville» qui, selon lui, n’a aucun projet d’assainissement. « Il n’y a ni voies, ni caniveaux. Pendant la saison des pluies, c’est le calvaire», affirme-t-il, visiblement déçu. Le débat devient de plus en plus houleux. Tous fustigent la gestion du pays. Et affirment qu’ils iront voter le 2 décembre. Certains confient cependant qu’ils opteront pour un bulletin nul afin d’éviter d’être «complices de l’injustice et de l’impunité». Quant à Louis, il est catégorique : «Je ne voterai que lorsqu’on changera le régime en place»…

BK

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