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Les «voleuses de maris» en profitent !

MariageeeeLa distance tue l’amour. Cet adage, bien des couples fonctionnaires l’ont appris à leurs dépens. A défaut d’un mariage légal, les affectations des jeunes fonctionnaires du public se font dans le seul intérêt du service. Tout à fait normal. Mais très souvent, la conséquence tombe de façon fracassante et irréversible: divorce avant mariage ! Le téléphone n’y pouvant rien, la relation amoureuse, comme un géant aux pieds d’argile, finit par dégringoler. Certaines victimes de situations pareilles ont bien accepté de parler de leurs mésaventures à Courrier confidentiel. Témoignages.

Au ministère des Enseignements secondaire et supérieur, l’on a encore en mémoire une tragédie évitée de justesse. En janvier 2012, un prof de français de Dori tente de mettre fin à ses jours. Lieu choisi ? Le ministère. La méthode ? Intoxication médicamenteuse par overdose de comprimés. La raison ? Une affectation qui le séparait de sa bien-aimée. Mais avant que Mathias Nikiéma ne tente le suicide, son épouse avait eu le même reflexe, quelques mois plus tôt à Koudougou pour la même raison. Dans la note qu’elle a rédigée à l’adresse de son mari avant sa tentative d’autodestruction, elle s’en est prise vertement au ministère des Enseignements secondaires. Morceau choisi : «(…) Toi mon mari, je ne t’en veux pas. C’est ton ministère qui nous a séparés ; c’est ton ministère qui t’a mis dans cette solitude. Etant homme, tu l’as donc supporté difficilement si bien que des voleuses de maris se sont infiltrées …». Voilà ! ... Le mot est lâché: les voleuses de maris ! ...

Natacha, 28 ans, enseignante affectée en 2010 dans la province du Loumbiel, a une dent contre ces voleuses de maris. Elle a dû quitter son presque-fiancé à Bobo Dioulasso pour rejoindre son poste près de Batié, dans la région du Sud-Ouest, juste après la fin de sa formation à l’Ecole nationale des enseignants du primaire de Bobo Dioulasso. Son fiancé Alphonse, infirmier diplômé d’Etat au district sanitaire de Dô, a payé cash pour son inscription sur titre à l’ENEP et s’est occupé d’elle pendant les 3 années qu’a duré leur concubinage. Mais depuis qu’elle a rejoint le Loumbiel en septembre 2010, Natacha a fait de la place aux «voleuses de maris» de Bobo Dioulasso qui se sont même lancées dans une concurrence autour de son «mari». «Deux mois après mon départ, nous explique-t-elle, j’ai constaté que Alphonse me téléphonait de moins en moins; il était de moins en moins intéressé par mes nouvelles. Un soir, une de ses voisines qui était une amie à moi, m’a envoyé un SMS à travers lequel elle m’a informée du fait que deux filles se sont frappées, alors qu’il pleuvait, dans la maison de mon fiancé».

Ce SMS a fait tilt sur le cœur de la jeune dame qui a commencé à rougir de jalousie. Le démenti et les tentatives de consolation d’Alphonse n’y feront rien. Ce fut le point de départ d’une crise de confiance au sein du jeune couple. En mars 2012, Alphonse finit par décréter la fin de la relation amoureuse qu’il avait jusque-là entretenue avec Natacha. Cette dernière accepte difficilement la séparation et jure même avoir pardonné à Alphonse ses écarts de conduite. Elle profite des congés trimestriels de Pâques pour faire le déplacement de Bobo Dioulasso, question de voir clair dans les raisons d’une telle décision de son désormais ex-fiancé. C’est alors qu’elle comprit que le vin était déjà tiré; elle a dû le boire jusqu’à la lie : une jeune fille, coiffeuse de profession, avait élu domicile chez Alphonse avec une grossesse presqu’à terme. Natacha a donc échoué dans sa tentative de sauver à la fois son boulot et son foyer. Elle retourne donc s’accrocher à son boulot aux fins fonds du Sud-Ouest. Trois mois passèrent et la voilà qui débarque à Ouagadougou en début juillet 2012, pour quelques jours de vacances chez sa sœur aînée. Là-bas, elle fit la connaissance d’un jeune homme dont elle tombe amoureuse. Encore un agent de santé. Ce dernier venait à peine de sortir de trois années de formation, en qualité d’attaché de santé. Il est affecté dans la ville de Gorom-Gorom, dans la région du Sahel. Natacha devrait bientôt regagner Batié, la ville la plus diamétralement opposée à Gorom-Gorom. Aujourd’hui, seul le téléphone portable lie le couple. Que se passe-t-il à Gorom-Gorom ? Natacha n’en sait rien. Tout comme son nouvel homme ne sait rien de ce qui se passe à Batié. Ce nouvel amour à distance, la jeune fonctionnaire n’y croit que très peu…

Mais Natacha n’en est pas plus perdue que Micheline, cette jeune dame aujourd’hui âgée de 39 ans, éducatrice sociale de son état. Elle a fini par se déclarer célibataire définitive, tant les affectations en province ont eu raison de tous les foyers qu’elle a tenté de constituer avec des hommes, eux aussi fonctionnaires du public. «J’ai vécu 3 années en union libre, explique-t-elle, avec un employé de l’ONATEL (ndlr : avant privatisation) à Dédougou, entre 1999 et 2002. Nous avons même eu un enfant qui a obtenu son CEP cette année». Mais la relation amoureuse s’est arrêtée net, quelque mois après que l’employé des télécommunications se soit installé à Kaya suite à une affectation à l’agence ONATEL de cette ville. Là-bas, il a rencontré une autre femme avec qui il s’est marié deux ans après.

«J’ai rencontré un gendarme fraîchement divorcé»

Nous sommes en 2004. De Dédougou, Micheline est affectée à Bobo Dioulasso où elle fit la connaissance d’un agent des Eaux et Forêts, reparti à l’école (ENEF de Dindéresso) suite à un concours professionnel. Sa relation avec ce dernier n’aura duré que deux ans, le temps de la formation. Car de l’école, le forestier est allé fonder son foyer à Fada N’Gourma où il a été affecté. La troisième et dernière tentative de Micheline va être celle de 2007. Toujours à Bobo Dioulasso, elle rencontre un gendarme fraîchement divorcé. La suite de l’histoire ? La voici : «Ma relation avec le gendarme aura duré entre mai 2007 et Juin 2012, soit 5 ans. C’est vrai que depuis que nous vivons ensemble, nous avons eu des hauts et des bas ! Nous avons déménagé plusieurs fois. Soit parce que je finis par le rejoindre, après un temps de séparation, ou c’est lui qui décide de trimballer son baluchon chez moi suite à une réconciliation. En 2009, je me suis battue bec et ongles pour obtenir l’annulation d’une affectation à la MEADO, la Maison de l’enfance André Dupont à Orodara. En cette période où tout allait mieux, nous avons décidé de concevoir un enfant et je suis tombée enceinte. En parallèle avec l’évolution de ma grossesse, nous avons lancé la construction d’une maison commune au secteur 25 de Bobo. Le problème en ce moment, était que son job lui prenait énormément de temps en raison des missions en province et cela engendrait des désaccords, car moi je ne supportais pas de rester seule avec la grossesse pendant soixante douze heures, souvent plus. J’ai perdu mon père à 7 mois de grossesse et j’ai dû rentrer au village pour plus d’un mois».

Alors que sa dulcinée était au village pour les funérailles, le pandore s’est aperçu qu'il était bien tout seul. Et c’est un comportement de solitaire qu’il adopte avec ses collègues de service : reprise des sorties, pas de compte à rendre, etc. Au retour de Micheline, son amoureux lui annonce sèchement qu’il a été affecté et qu’il souhaite une séparation définitive !!! Mais avant de s’en aller définitivement, il a tenu à assister à la naissance de son fils. Et Micheline espérait profondément que l’heureux événement qu’elle attendait le fasse changer d'avis. Erreur ! Deux semaines après, il a plié bagages pour la brigade territoriale de gendarmerie de Gaoua. Ce n’est que plus tard que son ex-conjointe restée à Bobo Dioulasso a appris que le pandore est parti de Bobo Dioulasso avec une autre femme, dont la grossesse était presqu’à terme.

Paul-Miki ROAMBA

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