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«Nous disposons d’informations précises et concordantes»

BassolEt voilà ! Les langues commencent à se délier. Suite à notre article «Affaire brûlante au Burkina: tentative de coup d’Etat ?», publié dans CC du 10 avril, le staff du ministre Djibrill Bassolé a brisé le silence. Voici l’écrit qu’il nous a fait parvenir…

Affaire brûlante au Burkina : mise au point du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale

Monsieur le Directeur de publication, dans le Courrier confidentiel N°31 du 10 avril 2013, vous avez publié un écrit titré «Affaire brûlante au Burkina, tentative de coup d’Etat ? ». Dans cet écrit, vous faites cas d’un « dossier chaud » concernant le rappel d’un diplomate burkinabè Abdul Ouahab Drabo (3e Secrétaire) en service, à la Mission permanente du Burkina Faso à New York.

Le ministère vous sait gré de la démarche d’information que vous avez entreprise auprès des services compétents sur ce sujet. Pour des raisons de délais, vous n’avez pas pu avoir sa réaction avant la publication de votre papier. Néanmoins, Monsieur le Directeur de publication, ce qu’il convient de retenir sur cette question est que Monsieur Drabo est un agent de la Fonction publique qui a été affecté dans un service déconcentré du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale selon les dispositions règlementaires  du Décret N° 2008-775/ PRES/PM/ MAECR du 2 décembre 2008, fixant les conditions d’affectation et de séjour dans les missions diplomatiques et consulaires du Burkina Faso à l’étranger.

L’administration dispose en effet du droit d’affecter ou de rappeler sans explication spécifique un agent d’un poste à un autre. Aux Affaires étrangères, les agents sont affectés dans les services déconcentrés pour nécessité de service et employés à des tâches bien spécifiques pour une durée maximale de cinq (5) ans. Ce qui implique que l’agent peut être rappelé à tout moment pour une autre affectation ou pour toute autre raison que l’administration juge utile dans l’intérêt du service public.

Dans le cas spécifique de Monsieur Drabo, des informations précises et concordantes sont parvenues au Cabinet du ministre d’Etat, faisant état de comportements incompatibles avec la mission de 3e Secrétaire assignée à ce fonctionnaire à la Mission permanente du Burkina Faso auprès des Nations unies à New York. Soucieux de préserver l’image du pays et le fonctionnement harmonieux de ladite Représentation et, conformément aux dispositions du Décret sus cité, l’agent a été régulièrement rappelé à l’administration centrale.

Monsieur le Directeur de publication, la teneur de votre article qui cite des correspondances de l’administration centrale adressées à la Mission permanente et, les insinuations que l’agent fait sur son rappel cache mal les intentions de ce dernier de lui donner un caractère politico-judiciaire.

En tout état de cause, le ministère des Affaires étrangères, dans la gestion du personnel et du mouvement diplomatique, restera toujours attaché au respect des textes y relatifs. En outre, la bonne image du Burkina Faso à l’extérieur ainsi que le respect des conventions internationales dans le domaine de la diplomatie, obligent le ministère à déployer dans nos représentations diplomatiques et consulaires du personnel de bonne moralité et professionnellement compétent.

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale

 

Note de la Rédaction: Merci pour cette mise au point. Mais vous avez oublié l’essentiel. Au moment où cette affaire cruciale défraie la chronique, il aurait été intéressant que vous soyez clairs sur toute la ligne. Malheureusement, il y a une sorte de flou artistique concernant le rappel du diplomate. Vous affirmez que «des informations précises et concordantes sont parvenues au Cabinet du ministre d’Etat, faisant état de comportements incompatibles avec la mission de 3e Secrétaire assignée à ce fonctionnaire à la Mission permanente du Burkina Faso auprès des Nations unies». Mais vous n’apportez aucune précision. De quelles «informations précises et concordantes» parlez-vous ? S’agit-il des accusations d’ «incitation à la rébellion, de financement de rébellion, de tentative de coup d’Etat…» qui seraient portées contre M. Drabo ? Face à la gravité du problème, et au nom du sacro-saint principe de la transparence dans la gestion des affaires publiques, les citoyens burkinabè ont le droit de savoir la vérité sur cette affaire brûlante. Mais, apparemment, vous entretenez, à dessein, le flou, sous prétexte que «l’administration a le droit d’affecter ou de rappeler un agent sans explication spécifique». Vous devez, pensons-nous, faire en sorte que cette façon de procéder ne prenne pas des allures de règlement de comptes. A force de vouloir mettre fin, «sans explication spécifique», aux fonctions de certains agents, vous faites planer le doute sur la pertinence de vos décisions.

En outre, comme vous le savez, vous avez un devoir de redevabilité vis-à-vis des citoyens burkinabè que vous représentez. Vous devez leur rendre compte, surtout lorsqu’une affaire, relevant de votre domaine de gestion, suscite de grosses interrogations au plan national et même international. Comme le martèle souvent le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, il s’agit d’un élément essentiel de la bonne gouvernance.

Bref, lorsqu’avant d’écrire notre article, nous avons demandé à rencontrer les services compétents du ministère, c’était pour savoir, comme nous vous l’avions signifié, les vraies raisons du «rappel précipité» du diplomate à Ouagadougou. Et pourquoi il y avait autant de mystères et de tiraillements autour de ce rappel. M. Drabo, dont «la mise en route» devait avoir lieu «au plus tard le 15 avril 2013» selon les termes de votre fax, a affirmé avoir reçu de sources sûres, internes à votre département, des informations faisant état d’un rapport dans lequel on l’accusait, entre autres, de «tentative de coup d’Etat». Nous avons donc voulu savoir le fond du problème, notamment ce que vous appelez, dans votre mise au point, «informations précises et concordantes (…), incompatibles avec la mission de 3e Secrétaire» assignée à ce diplomate. Mais curieusement, vous parlez d’ «informations précises et concordantes» sans apporter, à ce sujet, aucune information précise susceptible d’éclairer l’opinion publique. Nous réitérons donc notre disponibilité à vous rencontrer afin d’avoir de plus amples informations sur cette affaire.

Bien à vous.

La Rédaction

 

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