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Qui en veut à Saran Sérémé ?

Sran SrmElle est silencieuse. Pourtant, elle souffre le martyre. Depuis qu’elle a démissionné du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti au pouvoir), en septembre 2012, Saran Sérémé est visiblement dans l’œil du cyclone. Elle a échappé, de justesse, à des tentatives d’empoisonnement; elle a été victime d’agression et de menaces de mort. Et ce n’est pas tout.

Et voici Saran Sérémé qui claque la porte du CDP, le parti au pouvoir ! C’était en septembre dernier. Un événement presqu’inédit. Et la voici qui adresse une lettre caustique au Secrétaire exécutif du parti, Assimi Kouanda. Elle affiche, sans détours, ses positions. Morceau choisi: «En guise de réponse à la question incongrue posée par votre représentant le camarade Naboho, qui était médecin à Tougan quand j’étais en classe de 6e au CEG de Tougan, à savoir «si on continue toujours ensemble ou pas», ma réponse est non ! Je suis donc au regret de vous annoncer mon retrait du Secrétariat exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès ainsi que du parti, le CDP, bien évidemment avec ses conséquences sur ma représentation à l’Assemblée nationale comme le stipule nos lois en vigueur». Et elle ne s’arrête pas là: «En ce moment douloureux, dit-elle, j’ai une pensée pour les femmes en général, celles qui occupent des postes de responsabilité et particulièrement celles en politique, car le combat est dur et âpre, mais il doit continuer et se mener par plusieurs voies, sans être des affrontements». Et la voici qui termine par une autre phrase, tout aussi lourde de sens: «Quitter un parti, ce n’est pas abdiquer ni abandonner la lutte».

Saran Sérémé a-t-elle touché là où ça fait mal ? En tout cas, depuis qu’elle a quitté le CDP, elle est l’objet de pressions multiformes. On la guette ! Comme si on cherchait absolument à l’abattre politiquement, psychologiquement et physiquement. Rien qu’en début mars, elle a été agressée par une dame qui était, selon ses proches, dans le même véhicule qu’elle. La scène s’est déroulée, de façon brusque, comme un orage de saison sèche que rien n’annonce. Mais Saran Sérémé a très vite compris ce qui ce tramait. Tout portait à croire que la dame voulait qu’elle s’expose en public afin qu’elle en fasse un scandale. Ayant raté l’acte 1 de son plan, l’agresseuse va tenter de monter les enchères dans le but de faire craquer son adversaire. Au lieu que ce soit Saran Sérémé, agressée, qui porte plainte, c’est plutôt l’autre qui s’est empressée d’aller porter plainte, on ne sait trop pour quelle raison. On ne sait pas non plus pourquoi, elle s’est empressée, par la suite, de vouloir retirer sa plainte. Mais selon des sources concordantes, Saran Sérémé a trouvé que son acte était tellement suspect, qu’elle a décidé de porter plainte à son tour afin de tirer cette affaire au clair. Le dossier est actuellement en examen à la gendarmerie nationale.

«Du sel dans le réservoir de son véhicule»

Si l’ex-députée a décidé d’y voir clair, c’est parce que des faits précédents se sont produits, aussi inquiétants les uns que les autres. Un vrai calvaire ! Quatre mois après la création de son parti, elle aura tout vu ! Même avant qu’elle ne porte sur les fonts baptismaux le Parti pour la démocratie et le changement (PDC), «on a tenté d’anéantir sa fougue politique. On est souvent passé par certains de ses proches pour la dissuader de  créer un parti politique», confie l’un de ses proches. Mais elle a refusé d’être dans le creux de la vague. Même si, à l’époque déjà, elle ne s’imaginait pas qu’un chemin de croix se dresserait devant elle. D’ailleurs, dans sa correspondance au Secrétaire exécutif du CDP, elle rappelle que des «camarades politiques», sans doute manipulés, ont incendié son domicile à Tougan. Voici un morceau: «Les dérives actuelles de certains camarades du parti qui ont mis à feu et à sang Tougan pour assouvir leur ambition et sans réaction conséquente de la direction du parti, sont aux antipodes de ma vision de la politique. La perte des valeurs de noblesse et de sacerdoce ne me permet plus de poursuivre avec détermination et efficacité mon engagement au sein du CDP». Et même lorsqu’elle a créé le PDC, elle semble n’avoir pas été lâchée d’un pouce par ses détracteurs. Mais curieusement, Saran Sérémé se garde d’en parler. Nos demandes d’entretiens sont restées sans suite. Cependant, selon plusieurs de ses proches, elle a été victime d’empoisonnement. Et elle a dû être conduite d’urgence en clinique. Au total, trois tentatives d’empoisonnement. Voyant venir le danger, elle ne cesse de prendre des dispositions chez elle, et en dehors de chez elle, pour ne pas tomber dans le piège de ses détracteurs.

Faire appel à une société de gardiennage pour surveiller son domicile ? Non ! «Elle n’en a plus vraiment confiance», confie l’un de ses proches. Récemment, elle a vécu une expérience très amère. La société de gardiennage commise à la tache voulait, dit-on, se livrer à un sale boulot. Quelqu’un s’est trompé de destinataire et a envoyé un sms sur son téléphone portable. Elle a tout de suite compris qu’il se tramait quelque chose. Et elle a dû rompre immédiatement le contrat. Mais elle n’est pas pour autant sortie de l’auberge. Selon des sources concordantes, la bonne dame reçoit souvent des appels anonymes mais lorsqu’elle décroche, son interlocuteur ne dit le moindre mot. Elle a beau dire «Allo ! Allo !», rien ! Personne ne lui répond. Pourtant, tout laisse croire que quelqu’un est au bout du fil. De qui s’agit-il ? Mystère et boule de gomme. Elle se souvient aussi avoir reçu un appel, alors qu’elle était à l’extérieur du Burkina, au cours duquel son interlocuteur tentait de faire croire que son époux avait été agressé alors qu’il n’en était rien. Elle avait d’ailleurs déposé une plainte à la gendarmerie, mais jusqu’à présent, c’est le statu quo.

Mais il n’y a pas que ça ! On a même osé mettre du sel dans le réservoir de son véhicule. Dans l’espoir que le moteur se grippe et prenne feu. Mais elle a pu détecter cela à temps. Jusqu’à quand durera ce chemin de croix ? Que font les forces de sécurité pour éviter le pire ? En attendant, Saran Sérémé, que certains qualifient de «femme rebelle» est dans l’œil du cyclone. Son parti vient encore de déposer une plainte à la gendarmerie. Le véhicule de l’un des membres du PDC a été saccagé dans la nuit du 24 au 25 février.

Sandra JOLY

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