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A propos du «gombo des élections couplées» 

Conseil dEttaL’affaire a dû embarrasser certains hauts responsables du Conseil d’Etat. Après la parution de notre article «Du rififi autour du gombo des élections couplées», dans notre édition du 10 janvier, l’un des responsables de cette institution a vite fait de contacter le journaliste auteur de l’article. Et il voulait savoir nos sources d’information. Mais c’était peine perdue. Faisons ici une halte pour dire, une fois pour toutes, au Conseil d’Etat, que jamais, nous ne livrerons nos sources d’information. C’est un principe sacré dans l’exercice de notre profession.

Mais le Conseil ne s’est pas limité là. Comme nous avons refusé de donner nos sources, il a saisi la gendarmerie, avec pour mission d’ «identifier physiquement» notre journaliste. Malheureusement, la gendarmerie s’est livrée à un sale boulot. Au lieu de convoquer le journaliste en bonne et due forme, si tant est qu’elle devait le faire, elle a monté une grosse cabale. L’un des gendarmes, Boukary Sawadogo, a en effet contacté, par téléphone, notre journaliste, l’a accusé d’être mêlé à un gang spécialisé dans le vol de motos et l’a sommé de se rendre immédiatement à la brigade de recherches de la gendarmerie nationale, à Paspanga. Très grande fut notre surprise face à une accusation aussi grave. Car notre journaliste n’a jamais été mêlé, ni de près, ni de loin, à une telle affaire. Nous avons tenu à vérifier que l’appel provenait de la gendarmerie nationale. Après confirmation, le journaliste s’y est rendu afin de savoir de quoi retournait cette affaire. Nous l’avons fait surtout par curiosité. Et pour cela, nous avons pris certaines dispositions. Après deux heures d’attente, le journaliste a enfin été reçu par un autre gendarme chargé du dossier, Mathurin Rouamba. Dans son bureau, on pouvait apercevoir plusieurs exemplaires de notre journal Courrier confidentiel. L’audition a duré une quinzaine de minutes. En réalité, ce n’était pas une audition en tant que telle. Le gendarme a signifié au journaliste que sa supposée implication dans un réseau de gangs n’était pas réelle, qu’il s’agissait plutôt d’une astuce pour le faire venir à la gendarmerie. Et qu’il avait reçu instruction de le faire. Mais qui a donné cette instruction ? «C’est le Conseil d’Etat qui nous a demandé d’identifier le journaliste auteur de l’article», a-t-il répondu. L’article était pourtant signé du nom du journaliste. Et cela est vérifiable dans notre édition du 10 janvier. Pourquoi alors une telle identification ? «On nous a demandé de l’identifier physiquement», affirme le gendarme. Mais pourquoi alors avoir monté une grosse cabale au lieu d’envoyer à notre Rédaction une convocation dûment signée par la gendarmerie ? Après un bref moment d’hésitation, notre interlocuteur a affirmé que «c’était juste une astuce». Dans tous les cas, cette façon de procéder est extrêmement grave. A quoi rime cette action conjuguée Conseil d’Etat-gendarmerie ? Pourquoi a-t-on voulu obligatoirement «identifier physiquement» notre journaliste ? Y a-t-il derrière tout cela d’autres intentions ? Que veut-on réellement à notre journaliste ? Si jamais il lui arrive quelque chose…

Bref, nous réaffirmons, comme nous l’avons écrit dans notre édition du 10 janvier, qu’il y a du «rififi autour de la gestion du gombo des élections couplées». Et ils sont nombreux, au sein du Conseil d’Etat, à se plaindre de la répartition des fonds. Et cela, le Conseil d’Etat ne peut le nier. Même si le Directeur de l’administration et des finances, Boukary Drabo, affirme que la répartition est conforme aux taux des indemnités de session, la grogne demeure. Selon lui, les taux journaliers sont les suivants : 20 000 FCFA pour les magistrats, les greffiers en chef et les directeurs, 5 000 FCFA pour les agents de catégorie A, 3 000 FCFA pour les agents des catégories B et C, 2 000 FCFA pour les agents de catégorie D et assimilés. Les greffiers, agents publics de catégorie B, ont droit à 3 000F CFA, selon le «monsieur Finances» du Conseil d’Etat. Mais la répartition a créé des mécontents. Le DAF reconnaît du reste que les quatre greffiers du Conseil d’Etat ont refusé de toucher à ce « gombo » mal réparti. Ce que nous avons écrit dans notre article est réel. Le Premier président du Conseil d’Etat est lui-même conscient qu’il y a problème dans la maison qu’il dirige. Pour tenter d’atténuer le malaise au sein de la juridiction, il aurait adressé plusieurs correspondances au ministre de l’Economie et des Finances pour solliciter des financements supplémentaires. Sa première correspondance date du 9 novembre 2012.

La Rédaction

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