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«Mais où est passé notre argent ?»

AmbassDe nombreux Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire sont fâchés ! Ils ne comprennent pas pourquoi les autorités du Burkina Faso sont sourdes face à leurs «incessants appels» à faire la lumière sur le projet de construction d’une ambassade en Côte d’Ivoire. Et s’ils sont autant fâchés, c’est parce qu’ils n’ont aucune trace de leurs contributions financières pour la réalisation de ce projet. Récemment, plusieurs d’entre eux nous ont contactés, espérant que, par le canal de notre journal, leur voix sera enfin entendue par les «plus hautes autorités de notre pays». Certains d’entre eux avaient déjà adressé une correspondance au ministre des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, mais jusque-là, disent-ils, il n’y a pas eu de réaction. Pourtant, le problème est crucial. Et ils ne cessent de crier leur ras-le-bol. «Dites à Blaise Compaoré de voir cette affaire de près. Nous voulons qu’un audit soit réalisé afin que nous puissions savoir où sont passées les contributions financières que nous avons faites pendant plusieurs années pour la construction de cette ambassade», nous ont-ils affirmé, avec un air de colère.

Voici ce qu’ils avaient dit au ministre Bassolé dans leur correspondance: «Dans le souci de doter notre ambassade en Côte d’Ivoire d’un édifice moderne et digne, il a été envisagé, en 1994, de susciter la contribution financière de notre forte communauté résidant dans ce pays. La proposition avait été faite de verser un montant unique de mille cinq cent (1 500) francs CFA par citoyen burkinabè. Il avait aussi été admis une stratégie de collecte de ces contributions. Celle-ci se résumait à augmenter de mille cinq cent (1 500) francs CFA le coût d’acquisition de la carte consulaire qui passait ainsi de trois mille quatre cent (3 400) francs CFA à quatre mille neuf cent (4 900) francs CFA. Une impressionnante maquette de la future bâtisse fut même présentée à nos compatriotes pour les inciter à faire parler leur fibre patriotique. C’est véritablement en 1998 que cette mesure sera intégralement appliquée. Cela fait environ 14 années que nos compatriotes de la Côte d’Ivoire sont assujettis à cette cotisation. Nous disons 14 longues années pendant lesquelles la communauté burkinabè la plus importante à l’extérieur participe à cette initiative patriotique. Voilà tout aussi 14 années qu’aucun bâtiment n’est sorti de terre sur la parcelle qui avait été affrétée à cet effet à Abidjan, au quartier ‘’Plateau’’. Mieux, cet espace est même devenu un lieu de commerce par excellence. Chose grave et inquiétante, aucun bilan significatif n’a été fait jusqu’à présent de ces 14 années de cotisation par les autorités de l’ambassade du Burkina Faso en Côte d’Ivoire. Pire encore, cette contribution financière est toujours d’actualité sans qu’on ne sache toutefois à quoi cela sert». Un flou artistique règne sur cette manne financière récoltée pendant de nombreuses années. Entraînant, du même coup, un cumul de frustrations au sein de la communauté burkinabè. Visiblement, les plaignants, de plus en plus nombreux, n’ont pas tort de demander un audit. Mais seront-ils entendus ? Monsieur le président du Faso, vos compatriotes vous parlent !

Sandra JOLY

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