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En route pour le Sénat ?

Franois compLe frère cadet du président du Faso fait ses calculs politiques. Il a probablement lu et relu les nouvelles modifications introduites dans la Constitution. Il sait qu’ «en cas de vacance de la Présidence du Faso pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le gouvernement, les fonctions du président du Faso sont exercées par le président du Sénat. Il est (alors) procédé à l’élection d’un nouveau Président pour une nouvelle période de cinq ans». C’est l’article 43 de la Constitution revu et corrigé qui le dit. Du coup, les commentaires vont bon train. François Compaoré se retrouvera-t-il dans le grand fauteuil de président du Sénat ? C’est l’une des voies royales pour accéder, de façon légale, à la magistrature suprême. Et il pourrait ne pas bouder cette option. On comprendrait alors pourquoi il a «craché» dans la soupe alors qu’on l’attendait, il y a quelques semaines, au perchoir de l’Assemblée nationale. L’ex-ministre de la Fonction publique, Soungalo Ouattara, ancien Secrétaire général de la Présidence, s’y est finalement installé. Mais François Compaoré semble avoir vu plus loin. Il guette peut-être le fauteuil de président du Sénat. Selon les prévisions actuelles, cette institution sera composée de 91 membres et devrait être fonctionnelle au cours de l’année 2013.

Mais attention ! Il sera difficile pour «François» de manœuvrer s’il veut passer par cette courte échelle pour devenir président du Faso. En parcourant les nouvelles dispositions de la Constitution, publiées dans le Journal officiel du 25 juillet 2012, il a dû faire une halte sur ce passage: «L’élection du nouveau Président a lieu soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après constatation officielle de la vacance ou du caractère définitif de l’empêchement. Le président du Sénat exerçant les fonctions de président du Faso ne peut être candidat à cette élection présidentielle». François Compaoré sera donc bloqué par cette disposition, si tant est qu’il veut passer par les mailles de ce filet pour accéder au gros fauteuil de la Présidence du Faso.

Mais il y a une dernière option: il pourrait rester simple membre du Sénat ou être carrément en dehors de cette institution, tissant stratégiquement sa toile, et attendant l’heure H pour être candidat à l’élection présidentielle de 2015. A condition que son frère aîné, Blaise Compaoré, qui aura passé, en 2015, 28 longues années au pouvoir, ne tente de modifier la Constitution pour s’y maintenir. «C’est une ligne rouge à ne pas franchir», prévient un juriste. Avant d’ajouter que s’il le fait, «il entraînera inéluctablement le pays dans le chaos». La Constitution est claire: son deuxième et dernier mandat s’achève en 2015. Et pas au-delà.

François Compaoré, lui, tente déjà, par des manœuvres politiques diverses, de construire son leadership. Mais pourra-t-il vraiment décoller ? Celui que l’on qualifie, dans certains milieux, de «petit-Président» du fait de son influence dans les cercles du pouvoir, s’est créé de nombreux «ennemis politiques». Dans sa chevauchée, il a écrasé politiquement certains de ses compagnons de lutte et créé des frustrations énormes. Au sein de son propre camp, mais aussi en dehors. Et c’est sûr que sur le chemin conduisant à 2015, il aura, en face de lui, de grands loups aux longues dents.

Sandra JOLY

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