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Les problèmes ont-ils été résolus ?

militaireBlaise Compaoré, président du Faso, ministre de la Défense et des Anciens combattants, Chef suprême des armées, doit ouvrir l’œil et le bon. Son ministère a de grosses ambitions mais est confronté à de gros problèmes. Suite à la crise de 2011, un diagnostic sans complaisance avait été transmis à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen du budget, gestion 2012.

Le ministère de la Défense a décidé de mettre en place un dispositif de sécurité permettant «une surveillance réelle, préventive et continue sur tout le territoire national». Mais pas facile ! Le ministre de la Défense, Blaise Compaoré, et son staff affirment être confrontés à de nombreuses difficultés: «vétusté et inadaptation des infrastructures, insuffisances et vieillissement des effectifs, insuffisances de moyens roulants, faible couverture sécuritaire du territoire national». Certes, ces dernières années, l’Armée nationale a connu une série de réorganisations, engendrant ainsi la création de nouvelles structures militaires et un déploiement des forces de défense sur le territoire national. Mais très peu de structures ont bénéficié d’équipements adaptés à leurs missions. La plupart des anciennes infrastructures sont soit inutilisables, soit à risques, leur usage ne présentant aucune garantie de sécurité. C’est du moins le diagnostic fait par les hauts responsables de l’Armée nationale. Mais il n’y a pas que cela: le matériel qui compose le parc de l’Armée est «vétuste» et soumis à une «utilisation intensive» au regard de l’insuffisance des véhicules utilisés. Il y a eu certes de nouveaux engins, d’autres ont été rénovés, mais le commandement estime que le matériel actuel est en deçà des besoins des forces armées nationales. Afin de pallier ce problème, la hiérarchie militaire envisage, dans le cadre d’un programme conçu à cet effet, et qui couvre la période 2011-2015, de doter les troupes de véhicules tactiques afin de permettre une bonne mobilité des forces lors des différentes opérations.

Le diagnostic a aussi permis de mettre sur le tapis un autre problème. Les militaires du rang ont droit à des dotations en habillements et en petits matériels d’équipement. Ces dotations devraient être faites dès l’intégration du militaire dans l’armée, et renouvelées périodiquement, en fonction du type de matériel. Mais cette dynamique a un peu dégringolé ces dernières années, créant ainsi des mécontentements au sein des forces armées nationales. Les attributions de matériels d’habillement, de campement, de couchage et d’ameublement ont été réduites au strict minimum. Jusqu’à présent, le problème a du mal à trouver une solution. Selon des sources militaires, les crédits budgétaires consacrés à ces charges sont en deçà des besoins exprimés. Le ministère de la Défense avait vivement souhaité que le budget de l’Etat, gestion 2012, lui permette de résoudre, un tant soit peu, ces difficultés majeures qui plombent souvent le moral de la troupe. La situation est particulièrement préoccupante depuis 2006. L’armée a dû puiser dans son «stock de mobilisation», constitué depuis les années 80, pour assurer le fonctionnement des unités. Les mutineries de 2011 sont venues aggraver la situation, portant ainsi un sérieux coup aux équipements de sécurité. Il va falloir donc relever deux grands défis: reconstituer le niveau du «stock de mobilisation» à son seuil opérationnel et satisfaire les besoins courants des unités.

Il va falloir faire face aussi à un autre défi: les problèmes liés aux «missions de maintien de la paix» des forces armées burkinabè à l’extérieur du pays. Sur ce point, le ministère de la Défense et des Anciens combattants envisage de mobiliser des ressources financières afin de les doter de matériel complet (de type OTAN) et de les former à en faire bon usage.

Autre grand projet dans l’agenda du ministre de la Défense, c’est de pouvoir équiper les grands centres militaires du pays, d’un système de transmission à base de faisceaux hertziens. Cette initiative, si elle est réalisée, permettra d’économiser entre 400 à 500 millions de francs CFA sur les dépenses de téléphone. A l’heure actuelle, la consommation téléphonique annuelle des forces armées nationales est d’environ 1 000 000 000 FCFA. Mais pour le moment, le ministère dirigé par le Président Compaoré ne dispose pas de fonds pour la création de ce système de transmission à base de faisceaux hertziens. Les urgences sont nombreuses. Les frais de consommation d’eau, d’électricité et de téléphone, prévus chaque année, s’élèvent à 3 516 997 000 FCFA. Sans compter les autres dépenses…

Hervé D’AFRICK

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