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«La Justice de votre pays m’a beaucoup déçu»

Symbole JusticeLe Directeur général de la Boulagerie au four mixte (BFM), Gaetano Santomena, n’en pouvait plus. Et il a fini par jeter l’éponge. La situation était tellement grave qu’il a écrit au délégué des travailleurs pour mettre fin aux différents contrats. Morceau choisi: «Il est impératif pour moi d’envisager une délocalisation de mes sociétés vers d’autres pays qui m’offriront la sécurité juridique et judiciaire nécessaire à tout investisseur étranger». Cet homme d’affaires, présent au Burkina depuis 2009, estime qu’il y a des pratiques malsaines au sein de la Justice burkinabè. Il affirme avoir été brimé de fort mauvaise manière. Du coup, toutes ses entreprises se sont retrouvées au cœur de la tourmente. Un bras financier, tapis dans l’ombre, a-t-il influencé la décision de Justice ? Mystère et boule de gomme.

Dans tous les cas, le DG de BFM affirme, mordicus, qu’il n’a pas confiance en cette Justice. Et il égrène ses arguments. Dernier exemple en date ? Une affaire de fours qui l’a opposé au patron de la société des boulangeries 2000, Elie Riskala. Le dossier révèle des pratiques graves: faux et usage de faux. Il y a eu des choses pas du tout catholiques dans la procédure de dédouanement. Mais le DG de BFM, qui croyait avoir raison, a très vite déchanté. Et il l’a dit dans la correspondance adressée au délégué des travailleurs: «La Justice de ce pays m’a beaucoup déçu et ne me laisse pas le choix de reconsidérer ma position d’investisseur étranger. Cette Justice m’a révélé qu’en droit burkinabè, il est permis d’escroquer, abuser de la confiance, faire des faux et en user sans craindre d’être sanctionné, sinon que de bénéficier, avec la caution de la Justice, des biens acquis frauduleusement». Et ce n’est pas tout: «Je sens plus que jamais que mes investissements sont menacés dans ce pays, dans la mesure où les investisseurs ne bénéficient d’aucune sécurité judiciaire. Or, vous n’ignorez pas que la sécurité judiciaire est l’un des facteurs essentiels d’orientation des investissements». Et voici la partie de la correspondance qui a dû faire sursauter le délégué des travailleurs: «Il est regrettable que vous fassiez les frais de cette décision, mais je reste convaincu de la légitimité de celle-ci, car c’est l’insécurité qu’offre votre système judiciaire qui m’y oblige». Et voilà ! Le DG de BFM a décidé de fermer boutique. De nombreux travailleurs perdront ainsi leur emploi. Vous connaissez le restaurant Appaloosa ? Il en était aussi le patron. Mais ses espoirs se sont défaits à vive allure. C’est fini ! Les rideaux sont tombés.

 Hélène TRAORE

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