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Business autour des chambres de passe

ProstitutionLa prostitution est une activité florissante dans la capitale burkinabè. Beaucoup d’argent circule autour de la pratique du plus vieux métier du monde. Mais il n’y a pas que les prostituées qui s’en mettent plein les poches. Des business connexes se sont développés autour des bordels. Ils sont donc nombreux ceux qui vivent indirectement de la prostitution et qui, certainement, ne souhaitent pas s’entendre interdire cette pratique un jour…

C’est surtout le cas de Mady Tiendrébéogo. Il est taximan et insiste sur le fait qu’il est toujours en règle concernant les documents administratifs et techniques devant accompagner son activité dans la ville de Ouagadougou. Mais Mady s’est spécialisé dans le transport des filles de joie. Nous l’avons rencontré dans la nuit du 11 juillet dernier : «Dans la journée, je travaille en continu de 21h à 12h le lendemain, et mes plus gros clients, ce sont les prostituées. Elles s’organisent en groupe de 5 et je les conduis de la périphérie de Ouagadougou, route de Ouahigouya, jusqu’au centre-ville, à raison de 500 F CFA par personne à l’aller comme au retour». Il affirme être au service d’une vingtaine de filles de joie. Mady précise aussi que conformément à l’accord verbal qui le lie à ses clientes, il est tenu d’aller les chercher jusque chez elles et de les y ramener au retour. «Ce sont de bonnes payeuses, affirme-t-il, et c’est pour cela que je n’hésite pas à surseoir à toute autre destination dès lors qu’elles me font appel. Quand elles manquent d’argent pour payer à l’aller, elles s’engagent à payer le double au retour et je m’engage sur la base d’une confiance qu’elle n’ont jamais trahie». Rien que dans ce business indirectement lié au sexe, le véhicule vert de Mady lui apporte un chiffre d’affaires journalier d’environ 20 000 F CFA. C’est nettement supérieur, nous a-t-il avoué, à ce qu’il gagne en longueur de journée dans les rues de la capitale…

Salam, lui, est parqueur à l’entrée d’une maison close située au secteur 16 de Ouagadougou. Son business évolue en fonction de la mobilisation des locataires de chambre de passe. La garde d’une moto lui rapporte 100 F CFA et 200 F CFA pour les voitures. «Les occupants des voitures sont mauvais payeurs», regrette-t-il. Entre 80 et 100 motos passent par jour au parking de Salam. Il encaisse donc en moyenne 10 000 F CFA par jour ordinaire et près du double les week-ends (vendredi et samedi soir). Salam n’étant pas propriétaire du parking, il est tenu de payer des frais de location à hauteur de 5 000 F CFA par jour que lui a imposé le propriétaire des lieux. Malgré tout cela, Salam s’en sort à bon compte avec cette activité qui lui permet de joindre les deux bouts. «C’est nettement plus rentable que le parking du marché de Pag-la-yiri d’où je suis venu, car là-bas, la garde d’un engin ne fait que 50 francs et ils sont nombreux les usagers du marché à confier leur monture à une connaissance parmi les commerçants du marché, plutôt que de les mettre au parking», nous a-t-il confié.

Autre lieu, même business florissant: cap sur Dapoya, au Matata Night-club, précisément à la petite boutique de «marchandises diverses» du jeune Ahmed, bien connu des prostituées du coin. Sur les étagères d’Ahmed sont exposées des marchandises que l’on peut trouver dans n’importe qu’elle boutique de quartier. Mais Ahmed dispose dans l’arrière cour d’un magasin où sont entreposés des cartons de marchandises les plus demandées dans sa boutique. Il s’agit bien évidemment de préservatifs, de rouleaux de papiers hygiéniques et de certains produits cosmétiques généralement commandés par les prostituées qui officient dans les alentours. Très peu bavard, Ahmed affirme faire confiance à certaines prostituées à qui il cède souvent des marchandises à crédit.

Paul-Miki ROAMBA

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