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De plus en plus de divorces !

Ne battez pas votre femmeContrairement à la ville de Ouagadougou qui compte un peu plus d’hommes que de femmes (101,2 hommes pour 100 femmes), à Bobo Dioulasso, c’est l’autre moitié du ciel qui est en supériorité numérique. Les résultats du dernier recensement général de la population et de l’habitat présentent bien d’autres spécificités démographiques propres à la capitale économique du Burkina Faso, où les séparations de couples sont de plus en plus prononcées, et la fréquence des mariages en chute libre…

Lorsqu’ils sont passés à Bobo Dioulasso en 2006, les enquêteurs de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) ont tenu le pari de compter les Bobolais, un à un. Au bout du compte, ils sont tombés sur un chiffre très précis : 497 191 individus. Mais cela ne représente que 3, 5% d’une population totale qui vaut 14 017 262 Burkinabè. Au dépouillement, ils se sont rendu compte que les femmes sont les plus nombreuses: 250 486 femmes (50, 3%) contre 247 305 hommes (49, 7%). Au contraire de Ouagadougou où il y a plus d’hommes que de femmes, Bobo Dioulasso obéit à la tendance nationale qui place l’autre moitié du ciel légèrement au-dessus des hommes, en termes d’importance numérique.

Pourquoi donc y a-t-il plus de femmes que d’hommes dans la cité de Djimbi Ouattara ? A cette question, les analystes de l’INSD ont trouvé deux réponses : la migration des jeunes filles vers la ville pour les travaux domestiques et la surmortalité masculine aux âges avancés. En effet, lorsqu’on observe la courbe des rapports de masculinité au sein de la population de Bobo Dioulasso, on se rend compte que les femmes ne sont véritablement dominantes que dans les tranches de 0-24 ans et 70 ans et plus. Les hommes reprennent le dessus dans la tranche 25-69 ans.

Une écrasante majorité de musulmans…

A Bobo Dioulasso, plusieurs religions cohabitent. Mais d’après les statistiques officielles, au moins 3 Bobolais sur 4 affirment croire en Allah. Les musulmans représentent en effet 76, 7% de la population totale de Sya. Suivent dans l’ordre, les catholiques (19%), les protestants (3%), et les animistes (0, 7%). Dans les églises, les femmes sont plus présentes (22,6%) que les hommes (21, 4%). Dans les mosquées par contre, les hommes devancent les femmes : 77, 3% contre 76, 2%. Dans l’arrondissement de Dafra, on note une forte concentration de chrétiens avec une proportion qui frôle les 31%. Tandis que les musulmans se retrouvent plus dans l’arrondissement de Dô (86, 5%). Par ailleurs, on remarque que la proportion des musulmans décroît quand l’âge augmente. Cela voudrait dire que les jeunes générations fréquentent plus les mosquées que les vieilles générations. Chez les chrétiens par contre, le nombre d’adeptes grossit au fur et à mesure que l’on avance vers les plus âgés. C’est peut-être l’effet des campagnes d’évangélisation…

Qui ne parle pas dioula à Bobo ?

Dans les rues de Bobo Dioulasso, une phrase prononcée en langue dioula tombe rarement dans l’oreille de sourd. Le dioula – troisième langue du Burkina après le mooré et le fulfulde –, est en effet la langue dominante dans la deuxième ville du Burkina Faso et touche 59, 8% de la population résidante. Mais on y trouve des mooréphones en proportion tout de même élevée (21, 5%). Par contre, le bobo, langue des autochtones, n’est parlé que par 5,8% des Bobolais et devance dans l’ordre le français, parlé par seulement 3, 1% de la population.

Les dioulaphones se concentrent surtout dans l’arrondissement de Konsa où ils atteignent une proportion de 67, 3%. L’arrondissement de Dô, traditionnellement considéré comme le fief des Mossi de Bobo Dioulasso, compte jusqu’à 24, 9% de mooréphones, tandis que ceux qui parlent le bobo, langue autochtone, sont plus nombreux dans l’arrondissement de Dafra où ils atteignent une proportion de 8%.

Les Maliens, plus nombreux

A Bobo Dioulasso, 98, 8% de la population résidante sont de nationalité burkinabè. La ville compte une petite proportion d’étrangers en situation de résidence permanente qui atteint 5 217 personnes, toutes nationalités étrangères confondues. Si à Ouagadougou, ce sont les Togolais qui représentent la plus forte communauté étrangère, à Bobo Dioulasso, ce sont plutôt les Maliens qui pointent en tête du classement numérique. Ils sont 2 049, les hommes et femmes originaires du pays de Soundiata Keita et établis à Bobo où ils vivent en permanence. Ils représentent 35, 2% de la population non burkinabè vivant dans la capitale du Houet. Dans l’ordre d’importance numérique, les Maliens sont suivis par les Nigérians (11, 8%), les Nigériens (7, 3%), et les Ivoiriens (6, 8%). Les autres nationalités réunies – une vingtaine environ – représentent 23, 7% des étrangers de Bobo.

Vous avez dit mariage ?

amourNon non, merci ! A Bobo Dioulasso, on préfère de plus en plus les unions libres. Les statistiques l’attestent. Près de la moitié des jeunes de 20 à 29 ans (45, 5%) sont en union libre; c’est-à-dire qu’ils vivent avec une personne de sexe différent sans que le mariage civil, religieux ou coutumier ait été célébré. 36, 1% d’entre eux sont célibataires, 26, 1% sont mariés et 19, 4% de ces jeunes de 20 à 29 ans ont déjà «signé» leur premier divorce ! 2, 7% ont malheureusement perdu leur conjoint (veufs ou veuves). Dans la même tranche d’âge, le célibat touche beaucoup plus les hommes que les femmes.

Evoluons à présent vers les adultes, les 30-49 ans. Ils sont, selon les statistiques, plus touchés par les désunions conjugales. Le divorce est en effet déjà consommé chez 30% des Bobolais de cette tranche d’âge. Dans la même fourchette, la proportion des mariés tourne autour de 25%. Sans surprise, les veufs et veuves de Bobo se comptent surtout parmi les 50 ans et plus. Leur proportion atteint même 23,­ 6% chez les 50-59 ans.

Les chiffres sur le taux de divorce à Bobo Dioulasso, comparés à ceux des années antérieures à 2006, indiquent que le phénomène des désunions nuptiales prend de l’ampleur, au fil des années. Mais ce n’est pas une particularité de la cité de la princesse Djimbi Ouattara ; c’est une tendance nationale au Burkina Faso.

Autre tendance nationale en constante évolution : le célibat définitif. Les statisticiens le considèrent à partir de 55 ans pour l’homme et 35 ans pour la femme. A Bobo Dioulasso, sur 1000 hommes âgés de plus de 15 ans, on dénombre 29 célibataires définitifs. Ce chiffre est de 20 pour les femmes.

Paul-Miki ROAMBA

 

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