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Pourquoi l'amnistie ? Voici 105 raisons !

Bonjour, chers amis de Courrier confidentiel !

Vous trouverez, en pièce jointe, un mail que m’a fait parvenir un “observateur averti” de l’histoire politique du Burkina Faso. Ce mail est relatif à la loi d’amnistie que viennent de voter les députés burkinabè en faveur des anciens chefs d’Etat du Burkina Faso et qui, en réalité, vise à protéger le Président Compaoré. Certes, ce dernier n’est pas responsable de tous les crimes commis dans ce pays. Mais en tant que chef d’Etat, il a une grande part de responsabilité. Car, si les dossiers de crimes économiques et de sang devaient être jugés, il n’est pas évident qu’il s’en sortirait. Qu’ils acceptent de juger l’affaire Thomas Sankara par exemple, et ils verront que j’ai raison. Le mail dont je vous parle est intitulé “Pourquoi l’amnistie ? Voici 105 raisons”. Il reprend, en bonne partie, la liste des meurtres, crimes et assassinats, établie par le Collectif contre l’impunité. Je pense qu’il est temps que la Justice fasse la lumière sur toutes ces affaires. Et qu’on mette fin à cette série noire qui se déroule au pays des hommes... intègres. Nos larmes ont déjà trop coulé.

1- Adi Bagniou, paysan à Kaya Navio, exécuté en février 1995.

2- Agondwo Abou, paysan de Kaya Navio, exécuté en février 1995.

3- Ahmed Zoubga, mort par balle lors des manifestations des élèves et étudiants en février 2011.

4- Akous Agoudiho, cultivateur, porté disparu après interpellation par la gendarmerie à Pô, le 27/02/1995

5- Anessé Gnegné, Sergent-chef, accusé de complot contre le régime de Blaise Compaoré et exécuté le 19 septembre 1989.

6- Bado Issa, mécanicien, mort par balle lors des manifestations des élèves et étudiants en février 2011

7- Bamouni Paulin, journaliste assassiné le 15 octobre 1987

8- Bancé Seydou, particulier, exécuté en 1988 après avoir creusé sa propre tombe

9- Bassolet Aubert, cultivateur tué lors de troubles à Réo, le 13/05/1997

10- Bationo Emmanuel, Sergent-chef, assassiné le 15 octobre 1987

11- Bazié Péma, paysan à Réo, abattu par un policier en 1995

12- Beba Emmanuel, Adjudant-chef, exécuté pour assassinat d’un officier le 29/12/1988 à Bobo Dioulasso

13- Bewendé Christophe, étudiant retrouvé mort devant la Maison du peuple de Ouagadougou

14- Bouda Madina, 15 ans, élève en classe de 3e, victime d’un traumatisme cranio-cérébral par balle perdue, a succombé à ses blessures le 3 avril 2011

15- Boukary J.B Lingani, Commandant, accusé de complot contre le régime de Blaise Compaoré et exécuté le 19 septembre 1989.

16- Cissé Ousséni, fonctionnaire torturé à mort à la Sûreté nationale de Ouaga, le 21/07/1994

17- Compaoré Bonaventure, employé à la Présidence, assassiné le 15 octobre 1987 avec l’avènement du Front populaire de Blaise Compaoré

18- Congo Michel, assassiné à son domicile au secteur 28 de Ouagadougou, en octobre 2001

19- Dabo Boukary, étudiant en 7e année de médecine à l’université de Ouagadougou, torturé à mort au Conseil de l’Entente en mai 1990 et «porté disparu».

20- Diallo Moussa, Sergent-chef, fusillé sans procès à Kamboincé le 31/12/1988

21- Donin Yedan, cultivateur, mort des suites de sévices exercés par un gendarme à Safané, le 18/07/1993

22- Gombré Marie, secrétaire, morte atteinte d’une balle perdue le 08/11/1982 à Ouaga

23- Gouem Abdoulaye, soldat de 1re classe, assassiné le 15 octobre 1987

24- Guiébré Fidèle, Commandant, assassiné suite au coup d’État du 04 août 1983

25- Guingueré Aminata, retrouvée morte des suites de bastonnade à Yako

26- Guissou WendKuni, mort par balle lors des manifestations des élèves et étudiants en février 2011.

27- Ilboudo Blaise, particulier, assassiné avec Norbert Zongo le 13 décembre 1998 à Sapouy

28- Kaboré Barnabé, Sous-Officier de gendarmerie, exécuté pour tentative de coup d’État le 11/06/1984 à Ouaga

29- Kaboré Moussa, militaire (Sergent), mort suite à des sévices à la police, le 11/06/1984 à Koudougou

30- Kagoné Ousmane Pierre, adjudant, mort attribuée aux accusations portées sur l’intéressé à Ouagadougou le 09/06/1987

31- Kéré Daniel, Lieutenant tué et brûlé le 27-10-1987 à Koudougou

32- Kéré François, chauffeur, mort atteint d’une balle tirée par des militaires du Conseil de l’Entente en mai 1984

33- Kéré Mahamoudou, fonctionnaire retraité, abattu à mort par les fils et serviteurs du Naaba Tigré le 10 juin 2000 au domicile royal et sous l’œil du monarque de son vrai nom Sorgho Mollé à Tenkodogo (province du Boulgou)

34- Kibora Igoissan, paysan de Kaya Navio, exécuté en février 1995. Tombe inconnue

35- Kiemdé Frédéric, employé à la Présidence, assassiné le 15 octobre 1987

36- Kinda Valentin, particulier, assassiné en 1984 à Abidjan

37- Koama Michel W., Capitaine, abattu à son logement par des militaires le 15-10-1987 à Kamboincé

38- Kohoun Marie Yves Ibrahim, âgé de 43 ans, tué par balles par deux gendarmes en mission de police judiciaire dans la nuit du 1er mars 2012 à Bobo Dioulasso

39- Kondombo Ali, commerçant, tué sous l’instigation du préfet à N’Dorola le 4 août 1992

40- Koné Mamadou, mécanicien, abattu par un policier en 1999 à Banfora

41- Koné Sékou, militaire, mort le 05/11/1988 à Ouagadougou

42- Kossi Gounabou, paysan à Kaya Navio, exécuté en février 1995.

43- Koundaba Sabyamba, commandant, accusé de complot contre le régime de Blaise Compaoré et exécuté le 19 septembre 1989.

44- Ky Bertoa, Sous-Lieutenant, tué et brûlé le 27-10-1987 à Koudougou, suite au coup d’Etat du 15/10/1987

45- Mlle Maria S/C Épouse Capitaine Ouédraogo Kassoum, sans profession, abattue au domicile du capitaine Kassoum le 7/11/1982 à Ouaga

46- Nébié Flavien, 12 ans, en classe de CM2, tué le 6 décembre 2000 à Boussé par un policier d'une balle dans la tête lors de la manifestation d'élèves de protestation contre l'invalidation de l'année académique à l'université de Ouagadougou en novembre 1999.

47- Nézien Badembié, Lieutenant-colonel, abattu le 09 novembre 1982 suite au coup d’Etat du CSP

48- Nikiéma Ablassé, chauffeur, assassiné avec Norbert Zongo le 13 décembre 1998 à Sapouy

49- Norgo Joseph, soldat, exécuté pour assassinat d’un officier à Bobo Dioulasso le 29/12/1998

50- Oubda Timothée, aspirant officier, tué en novembre 1987 à Koudougou suite au coup d’Etat du 15/10/1987

51- Ouédraogo Aboulassé, gendarme, tué au cours du coup d’État du 4/08/1983 à Ouaga

52- Ouédraogo Adama, commerçant, tué pour tentative de coup d’Etat le 11/06/1984 à Ouaga

53- Ouédraogo Arzouma dit Otis, Sergent-chef, accusé de «complot contre le pouvoir de Blaise Compaoré» dont il assurait la sécurité. Abattu pour «tentative d’évasion» en 1996

54- Ouédraogo Assad Aboubacar, élève en classe de 3e, mort par balle lors des manifestations des élèves et étudiants en février 2011.

55- Ouédraogo Constant, agent de police, exécuté pour tentative de coup d’Etat le 26/05/1986 à Ouaga

56- Ouédraogo David, chauffeur, livré à la garde présidentielle par François Compaoré, petit frère et Conseiller du président du Faso, brûlé à mort, corps non remis à sa famille

57- Ouédraogo Maurice Dominique, Lieutenant, tué pour tentative de coup d’Etat le 11/06/1984 à Ouaga

58- Ouédraogo Mitibkèta, caporal, ligoté, arrosé d’essence et brûlé dans une barrique

59- Ouédraogo Moumouni, Officier de gendarmerie, exécuté pour tentative de coup d’État le 11/06/1984 à Ouaga

60- Ouédraogo Moustapha, Officier, retrouvé mort avec des traces de torture à Ouagadougou le 18/09/1991

61- Ouédraogo Oumarou Clément, professeur à l’université de Ouagadougou, assassiné à la grenade en plein centre de Ouagadougou le 09 décembre 1991

62- Ouédraogo Pépin A., agent SONABEL, battu à mort en janvier 1999 par des gendarmes de Bobo

63- Ouédraogo Salfo, boucher, manœuvré sur le boulevard Charles de Gaule le 19 janvier 1993 par la gendarmerie. Mort des suites de torture le même jour et enterré à la sauvette à Tanghin, un quartier périphérique de Ouagadougou

64- Saba Christophe, Adjudant, assassiné le 15 octobre 1987

65- Sakandé Abdramane, aspirant officier, tué et brûlé le 27/10/1987

66- Sandwidi Rayamdé, assassiné à Ouagadougou le 07/01/1993

67- Sanogo Elysée, Lieutenant, tué et brûlé le 27-10-1987 à Koudougou, suite au coup d’Etat du 15/10/1987

68- Sanogo Ousmane, Sergent-chef, exécuté pour assassinat d’un officier le 29/12/98 à Bobo Dioulasso

69- Sawadogo Amadé, Sergent-chef, assassiné le 15 octobre 1987 avec l’avènement du Front populaire de Blaise Compaoré

70- Sawadogo Amadou, Commandant, a succombé le mardi 07/08/1984 à Paris, suite à un attentat perpétré le mercredi 18/07/1984 à Ouagadougou aux environs de 20 h 55 mn au niveau du barrage n° 3 (route de Ziniaré)

71- Sawadogo Noufou, soldat de 1re classe, assassiné le 15 octobre 1987

72- Sawadogo Rasmané, médecin, mort atteint d’une balle le 04/08/1983 à Ouaga

73- Sawadogo Sylmiyamba Vido, agent de commerce, porté disparu après interpellation par des éléments du Conseil à Ouagadougou en septembre 1995

74- Sayago Françoise, agent ONEA tué dans un attentat le 11/11/1989

75- Sayogo Guy, Capitaine, assassiné en 1988 à Bobo

76- Sessouma Guillaume, professeur à l’université de Ouagadougou, torturé à mort au Conseil de l’Entente en 1990 et «porté disparu». Tombe inconnue

77- Sidani Blaise, élève abattu dans la cour de son école à Garango le 09 mai 1995 par le gendarme Zagré

78- Sigué Vincent, Lieutenant, abattu dans la région de Pô le 15/10/1987

79- Somda Der, Soldat de 1re classe, assassiné le 15 octobre 1987 avec l’avènement du Front populaire de Blaise Compaoré

80- Somé Arnauld, coups et blessures ayant entraîné sa mort au commissariat de police de Gaoua. Conduit hâtivement à l'hopital par les policiers, il serait mort dans les menottes et sans soins

81- Somé Gaspard, Lieutenant, mort dans un «accident» suspect en 1994

82- Somé Yorian Gabriel, Colonel, assassiné suite au coup d’Etat du 04 août 1983

83- Soré Paténema, gendarme, assassiné le 15 octobre 1987

84- Tapsoba Ibrahim, porté disparu après interpellation par la gendarmerie à Bobo Dioulasso le 24/12/1998

85- Tassembédo Aïcha, 15 ans, tuée par une balle dans la tête dans la nuit du 5 au 6 juin 2012 par son employeur, un militaire du RSP qui l’aurait prise pour un voleur.

86- Thomas Isidore Noël Sankara, Capitaine, président du Burkina Faso, assassiné le 15 octobre 1987

87- Tiendrébéogo Anatole Issa, pilote, exécuté pour tentative de coup d’Etat le 11/06/1984 à Ouaga

88- Tiendrébéogo Désiré Anatole, porté disparu après interpellation par la gendarmerie à Bobo Dioulasso le 05/06/1998

89- Tiendrébéogo Didier, Colonel exécuté en juin 1984 sur accusation de «complot»

90- Traoré Daouda Malo, fonctionnaire, coups et blessures ayant entraîné sa mort en 1985 à Bobo Dioulasso

91- Traoré Théodore, Officier, mort à Koudougou des suites de sévices à la police en 1988

92- Wallaye Ouédraogo, soldat de 1re classe, assassiné le 15 octobre 1987

93- Watamou Lamien, journaliste, mort dans un accident suspect en 1989

94- Yaméogo Mathias, mort accidentelle pendant l’attaque de Koudougou

95- Yaméogo Nebanbtiguiri, maçon, mort des suites de sévices exercés dans le commissariat de police de Boulsa en 1987

96- Yerbanga Alassane, sans profession, tué par balle (non-respect sommation) le 10/01/1989

97- Zagré Sibiri, professeur d’université, assassiné le 15 octobre 1987 avec l’avènement du Front populaire de Blaise Compaoré

98- Zeba Hamidou, sous-officier de l’armée, torturé à mort le 09/06/1985 à Ouaga

99- Zerbo Soumaïla, économiste, abattu en 1990 devant sa porte par un tueur non identifié qui «s’est trompé de cible»

100- Zigani Émile, élève abattu dans la cour de son école à Garango le 09 mai 1995 par le gendarme Zagré,

101- Zongo Ernest, particulier, assassiné avec Norbert Zongo le 13 décembre 1998 à Sapouy

102- Zongo Henri, Capitaine, accusé de complot contre le régime de Blaise Compaoré et exécuté le 19 septembre 1989. Tombe inconnue

103- Zongo L. Justin, 24 ans, élève en classe de 3e, décédé le 20 février 2011 de méningite traumatique des suites de sévices corporels exercés par des policiers.

104- Zongo Norbert, journaliste, assassiné le 13 décembre 1998 à Sapouy

105- Zoromé Kogoda, fonctionnaire à la retraite, mort de façon suspecte à Ouahigouya le 27 mars 1999.

Que le Tout-Puissant ait pitié de vos âmes. Tôt ou tard...Ici bas ou dans l'au-delà, amnistie ou pas…

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“Pourquoi faudrait-il que les plus riches s'enrichissent toujours au détriment des plus démunis ?”

Bonjour, monsieur le Directeur de publication !

Je viens, par le présent e-mail, vous demander, une fois de plus, d'attirer l’attention de l'opinion publique sur les bavures de certains employeurs dans notre pays.

Nul n'ignore qu'au Burkina Faso, trouver un emploi relève du parcours du combattant. Aussi, bon nombre de sans-emploi sont prêts à tout accepter pour quitter la longue liste des chômeurs. Mes anciens collègues et moi étions dans cette situation. En effet, nous travaillions tous dans une structure hôtelière de la place, sise à la cité An II, qui a ouvert ses portes il y a à peine un an. Dans cette structure, nous n'avions jamais reçu nos salaires à temps; il arrivait que jusqu'au 15 du mois, on ne soit toujours pas en possession de notre dû. Mais nous essayions de comprendre notre employeur parce qu'on était une jeune structure. Cependant, même quand les "affaires" allaient bien, c'était toujours pareil.

Les choses ont commencé à dégénérer quand il a fallu attendre 2, voire 3 mois, avant d'être payé. Le pire, c'est qu'il y avait de la liquidité, mais notre employeur avait d'autres priorités pour cet argent. Dans cette structure, nous n'avions ni contrat de travail, ni déclaration CNSS; nous travaillions dans le "noir", notre employeur nous promettant, chaque fois, qu'il régulariserait cette situation. Mais comment faire, quand on a un loyer à payer ? Des scolarités à payer ? Une famille à nourrir ? La plupart d'entre nous avaient besoin de ce boulot pour vivre. Il faut avoir traversé certaines situations pour les comprendre.

Beaucoup de mes collègues sont partis sans leur certificat de travail, ni leur salaire, ni rien qui prouve qu'ils ont travaillé dans cette société. Toutes ces personnes se tuaient à la tâche pour la bonne marche de la société; on méritait un meilleur traitement. A l'ouverture, nous avons travaillé deux semaines (14 jours) sans salaire comme contribution; nous travaillions au-delà des heures normales sans paiement d'heures supplémentaires; nous utilisions nos engins et téléphones pour les courses de la maison... Pourquoi faudrait-il que les plus riches s'enrichissent toujours au détriment des plus démunis ?

Pour ma part, j'ai pu avoir mon certificat de travail et j'ai dû faire recours à l'Inspection du travail. Mais malgré tout, le problème n'est pas encore résolu; mon employeur n'a répondu qu'à une seule convocation se contentant d'envoyer un de mes anciens collaborateur le représenter. Jusqu'à l'heure où je vous écris, j'ai dû avoir recours au service d'un avocat pour la gestion de mon dossier. Je rends grâce à Dieu parce que j'ai trouvé un nouveau boulot pour ne pas dire un "vrai" boulot dans la légalité.

Mais qu’en sera-t-il de mes collègues qui n'ont ni les moyens financiers, ni même la connaissance du droit ? Et de leurs droits ?

Je vous écris aujourd'hui de concert avec eux pour que justice soit faite ! Notre employeur est très connu au pays des Hommes intègres parce qu'étant un grand promoteur. Par conséquent, il se croit tout permis !

Mais dans un pays comme le nôtre, nous pensons que les médias peuvent nous aider à faire régner la justice.

R. L

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