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Les raisons…

A la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), le mandat des élus consulaires a été prorogé de 12 mois, par décision du Conseil des ministres. Une décision qui, n’étant pas du goût de certains commerçants, avait suscité des grincements de dents dans la maison. Mais le point de presse animé le 16 juin dernier par le Directeur général de la CCI-BF aura permis d’expliquer le bien-fondé de cette prorogation et de rétablir la confiance dans la «maison commune» des commerçants et industriels du Burkina.

La fin du mandat des élus consulaires actuels de la Chambre de commerce est annoncée pour le 26 août prochain. Les textes prévoyaient la tenue d’élections en ce mois de juin afin de requinquer la locomotive de la CCI-BF. Mais le Conseil des ministres, en sa séance ordinaire du 8 juin 2012, tenue exceptionnellement un vendredi, a adopté, au titre du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, un décret portant prorogation du mandat des membres de l’assemblée plénière et du bureau de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina. Du coup, certains commerçants ont vu derrière cette décision, une tentative des élus consulaires en fin de mandat, de garder la main, au mépris des textes régissant le fonctionnement de la Chambre de commerce. Cette idée, doublée de celle selon laquelle la richissime opératrice économique, Alizèta Ouédraogo, chercherait à tirer en longueur sur son intérim à la présidence de l’institution, avait d’ailleurs fait le lit d’une montée de tension chez certains commerçants. Non satisfaits de leurs dénonciations par voie de presse, ils se sont fait entendre le 13 juin, en marge d’une assemblée générale consulaire qui devait délibérer sur un ordre du jour presqu’entièrement consacré à l’arrêt des comptes de la CCI-BF, exercice 2011.

Ce méli-mélo entre commerçants et autres opérateurs économiques a requis une prompte mise au point du Directeur général de la Chambre de commerce. Face à la presse nationale le 15 juin, Franck Tapsoba a brandi une cartographie de la répartition des élus consulaires sur le territoire national. Le document indique clairement que sur les 45 provinces du Burkina, seulement 11 sont représentées à la Chambre de commerce par des élus consulaires. Le DG de la CCI-BF, aidé par son adjointe,  Aimée Géneviève Somda et son conseiller juridique, Olga Nitiéma, a insisté sur la nécessité de réparer cette iniquité. Une iniquité qualifiée d’ «inadmissible» et qui se traduit par la mise en marge de la gestion permanente, voire des prises de positions et de décisions à la Chambre de commerce, de 8 régions entières, comme si aucune activité commerciale ou industrielle n’y était développée. De même, les services administratifs de la Chambre de commerce sont très faiblement déconcentrés, puisque seules 5 villes burkinabè accueillent des bureaux locaux de la CCI-BF. Le DG rappelle aussi le décès, le 19 octobre 2011, de El Hadj Oumarou Kanazoé, jusqu’alors président de la Chambre de commerce. Un événement douloureux, précédé des remous sociaux du premier semestre de 2011; toutes choses qui expliquent donc les «arrêts de jeu» enregistrés au cours du mandat qui arrive à expiration.

La prolongation demandée et accordée sous l’arbitrage du Conseil des ministres permet donc de redistribuer les cartes, de préparer une meilleure répartition géographique des élus consulaires et de mettre en route une stratégie de redéploiement territorial de la Chambre de commerce. Il était nécessaire de donner un peu plus de temps au bureau actuel pour boucler l’étude devant aboutir à cette redynamisation de la CCI-BF. Autant de raisons objectives qui ont pesé lourd dans l’adoption du décret par le Conseil des ministres, portant prorogation du mandat des élus consulaires. Les 12 mois supplémentaires devraient aussi permettre à la Chambre de commerce de se hisser au diapason de l’évolution du secteur privé burkinabè, marquée par l’ascension fulgurante de certains secteurs d’activité tels que la médecine et l’enseignement privés, la micro finance, la communication, etc. dont les acteurs ne sont jusque-là pas représentés à la Chambre de commerce.

D’ailleurs, conclut le Directeur général, si les élections à la CCI-BF devraient se tenir en ce mois de juin, l’appui technique de la Commission électorale nationale indépendante n’était pas gagnée d’avance, étant entendu que la CENI, en ces temps qui courent, semble n’avoir d’oreille –et cela se comprend aisément– que pour les élections couplées municipales et législatives de décembre 2012 dont le processus bat son plein.

Paul-Miki ROAMBA

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Cartographie de la CCI-BF

Jusqu’à ce jour, les élus consulaires de la Chambre de commerce du Burkina sont concentrés dans les zones d’activités commerciales de Ouagadougou (40 représentants) et de Bobo Dioulasso (27 représentants). A contrario, des provinces à fortes activités commerciales et/ou industrielles sont absentes de la carte de représentativité de la CCI-BF. C’est le cas de la province du Kénédougou, «verger du Burkina» abritant l’usine de la société Dafani SA, présentée comme un fleuron de l’industrie nationale. Le DG de la Chambre de commerce met aussi l’indexe sur la région administrative de l’Est. Aussi vaste et aussi économiquement dynamique qu’elle soit, cette région n’a aucun répondant parmi les élus de la CCI-BF. Idem pour la région du Sud-Ouest, en dépit de l’importance de sa production cotonnière ou agricole. Six autres régions subissent la même «injustice». Seules les régions du Centre (Ouagadougou), des Hauts-Bassins (Bobo Dioulasso), du Centre-Ouest (Koudougou), du Nord (Ouahigouya), et du Centre-Est (Tenkodogo) ont des représentants parmi les élus consulaires de la Chambre de commerce. Toutes ces disparités devraient être corrigées d’ici à l’an prochain, avec la mise en place de la nouvelle assemblée plénière et du nouveau bureau de la CCI-BF. C’est le combat du bureau actuel qui tient à léguer un héritage plus viable aux futurs élus.    

PMR

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