ABONNEMENT EN LIGNE. Accédez à l'ensemble des articles publiés pendant la période de votre abonnement et à toutes les éditions publiées depuis 2012. Pour vous abonner, contacter notre Service clientèle: (00226) 25 411 861, (00226) 71 13 15 14 ou (00226) 72 50 2222. E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Le Syndicat dénonce des «critères fallacieux»

«Les membres des CAM (commissions d’attribution des marchés) cherchent à s’enrichir sur le dos des entreprises, par des systèmes de rejets intempestifs d’offres pour des raisons fallacieuses (exemple: manque de reçu d’achat d’un vibreur), écartant des soumissionnaires pour attribuer les marchés à des concurrents parfois plus chers de 200, voire 300 millions de francs CFA». Une forte délégation du Syndicat national du bâtiment et des travaux publics, conduit par son président, Michel Zida (PDG de l’entreprise Sol confort et décor) l’a dit, de vive voix, à la Commission d’enquête parlementaire, le 24 janvier dernier.

Ce syndicat, qui s’est prêté «sans langue de bois» aux échanges avec les membres de la Commission, ne s’est pas limité à cette dénonciation. Voici, à ce sujet, ce que dit le rapport d’enquête: «Au dépouillement, il arrive souvent qu’on élimine par des critères fallacieux ceux qui ne proposent pas de dessous de table (ex: manque de reçu d’achat d’un bulldozer, pour un travail de courte durée alors que vous auriez pu louer l’engin. Le syndicat dénonce, par ailleurs, des pratiques qui consistent à mettre des critères qui éliminent d’office les entreprises nationales au profit des grands groupes étrangers (ex: chiffre d’affaires exagéré de 100 millions sur les 5 dernières années); toute chose qui contribue à tuer les entreprises nationales».

Mais il n’y a pas que ça. «Les membres du syndicat ont aussi dénoncé le train de vie exorbitant de ceux qui sont dans le processus de passation des marchés publics, certains étant devenus plus riches que les entrepreneurs». Et les voici qui pointent du doigt «la corruption dans les marchés publics», dénonçant, au passage, «les gros retards dans les paiements des travaux, pour des raisons mineures et dans le seul but de se faire ‘’graisser la patte’’; ce qui entraîne des agios bancaires pour les entreprises». Il y a aussi ce passage digne d’intérêt: «Les critères d’attribution des marchés reposant sur la moins disance devraient être revus pour mettre l’accent sur le critère du mieux disant».

Le syndicat porte aussi un regard critique sur «les conditions actuelles d’exercice du métier qui font que n’importe qui peut se déclarer entrepreneur, de même que l’attribution sans discernement des catégories, sur la base d’intervention; toute chose qui entraîne une pléthore de prête-noms. Qui plus est, chaque département ministériel a créé son agrément, alors que c’est le même Etat; ce qui fait autant de problèmes pour les entreprises». Sacré Burkina !

Hervé D’AFRICK

Aller au haut
X

Right Click

No right click