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La «belle-mère» doit payer des pénalités de plus de 106 millions !

Alizeta GandoLa construction de la salle de spectacles de Ouahigouya, d’un coût de 355, 9 millions de francs CFA, a été un véritable cafouillage. Le marché a été attribué, de gré à gré, à l’entreprise AZIMMO, en août 2009, pour un délai d’exécution de cinq mois. Mais ce n’est qu’en octobre 2011 que la réception provisoire a eu lieu. Soit plus de 2 ans après. Cette entreprise, qui appartient à la «belle-mère nationale», Alizèta Ouédraogo, a dû caracoler pour achever l’infrastructure.

Le premier couac s’est produit dès le démarrage des travaux. Les études de sols n’étaient pas terminées. Et même lorsque les travaux ont commencé, il y a eu un blocage. Morceau choisi du rapport d’enquête: «Quelques temps après le démarrage effectif, l’entreprise a demandé une suspension des travaux pour des problèmes relatifs aux éléments décoratifs dus au redimensionnement. Avec cette suspension, la fin des travaux était alors programmée pour trois semaines après les festivités du 11 décembre 2010». Mais c’était mal connaître l’entreprise. «Jusqu’au mois de mars 2011, les travaux n’avaient toujours pas été repris et la Direction régionale de l’Habitat a dû lui écrire pour exiger leur reprise». Il a fallu cette relance pour qu’AZIMMO reprenne enfin les travaux, les achève et demande la réception provisoire.

Mais il y avait encore de gros problèmes. De sorte qu’il était difficile de faire la réception, fût-elle provisoire, de l’infrastructure. Il y a eu donc «une pré-réception qui a permis, selon la Commission d’enquête parlementaire, d’effectuer de nombreuses corrections, si bien que la réception provisoire elle-même n’a eu lieu qu’en octobre 2011, soit plus de 2 ans d’exécution pour un délai contractuel de 5 mois». Mais même avec ce gros retard, le produit final n’était pas «joli-joli» ! «La salle est difficilement adaptable aux spectacles, car n’absorbant pas l’écho et étant sans gradins», a déclaré, à la Commission d’enquête, un responsable de la Direction régionale de la Culture. Et il ajoute qu’«avec le manque de chaises, la salle se présente comme une œuvre inachevée». Et ce n’est pas surprenant. La Commission d’enquête a été claire : «La procédure d’appel d’offres restreint dans la passation de ce marché n’est pas conforme aux dispositions des alinéas 3 et 7 de l’article 66 du décret N°2008-173/PRES/PM/MEF du 19 avril 2008, portant réglementation générale des marchés publics et des délégations de service public au Burkina Faso.

Outre cette inopportunité de la procédure de passation du marché, la Commission d’enquête parlementaire constate le très long délai d’exécution des travaux que les tentatives d’explications données ne sauraient justifier. En effet, le marché a été approuvé le 10 septembre 2009 pour un délai d’exécution de 5 mois, mais n’a été réceptionné que le 8 novembre 2011, soit deux ans et deux mois après».

La suite ? La voici: «Nonobstant ce grand retard dont les pénalités s’élèvent à 106 622 631 FCFA, la Commission relève que l’entreprise AZIMMO a reçu deux paiements de 138 113 088 FCFA et 201 004 858 FCFA, soit un total de 339 117 946 FCFA. Le reliquat de 16 793 524 FCFA, non encore perçu, ne peut couvrir le montant des pénalités de retard calculées par les services compétents de l’Administration. La Commission d’enquête parlementaire porte de sérieux doutes sur le paiement de ces pénalités de retard». Ainsi, la «belle-mère nationale» a été prise dans les filets. Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Yacouba Barry, a-t-il tenté de la couvrir ? Certains signes semblent suffisamment éloquents. Et montrent qu’il y a eu quelque chose de louche.

A moins que le ministère n’ait mené la moindre démarche pour s’enquérir de l’évolution du projet. Et même s’il l’avait fait, l’attitude du ministre, reçu le 23 janvier 2012 par la Commission d’enquête, montre qu’il y a anguille sous roche. Voici ce qui ressort, à ce sujet, dans le rapport: «En ce qui concerne le marché de construction de la salle de spectacles de Ouahigouya, les informations fournies par le ministère ne font état d’aucun problème particulier en dépit de certaines rumeurs alarmantes qui circulaient».

Que voulait-on cacher ? Mystère et boule de gomme. Tout était-il que rumeur ? Si le ministre était allé sur le terrain ou avait envoyé une délégation à Ouahigouya, il aurait su que la réalité était tout autre. En tout cas, tout le contraire de ce qu’il a tenté de faire croire à la Commission d’enquête parlementaire. Séance tenante, la Commission «a informé le ministre qu’elle ferait un déplacement sur le terrain afin de constater de visu la réalité des faits». Et c’est ce qu’elle a fait. Il a suffi qu’elle donne un coup de pied dans la fourmilière pour que se dégagent des odeurs nauséabondes. Le ministre avait pourtant dit qu’il n’y avait aucun problème particulier. Aucun !

Hervé D’AFRICK  

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Liz Télécom et le marché des moustiquaires

Cette entreprise, qui appartiendrait à la «belle-mère nationale», a été fortement critiquée lorsqu’elle a voulu, selon certaines sources, «accaparer» l’ensemble du marché des moustiquaires. Liz Télécom, qui aurait été créée pour agir dans le domaine des télécommunications, était un peu mal à l’aise, mais a sauté sur le marché, remportant 5 des 13 lots, d’un coût de 5 milliards de francs CFA. L’exécution du marché a été émaillée de gros problèmes. Elle a accusé des retards de livraison et a été contrainte de payer des pénalités.

Le DG de l’entreprise est passé devant la Commission d’enquête parlementaire. Extrait du rapport: «A la question de savoir s’il était informé de réactions de citoyens quant aux effets indésirables produits par les moustiquaires livrées (grattage, étouffement…), le DG de Liz Télécom déclare que ces personnes ont peut-être raison, mais signale que les produits ont été homologués par l’OMS». Le problème est crucial. Surtout que selon un autre soumissionnaire, interrogé par la Commission d’enquête, «l’Etat ne s’est même pas donné les moyens de contrôler les produits livrés». Dans tous les cas, certains soumissionnaires estiment qu’il y a eu des choses pas du tout claires dans l’attribution du marché. L’un d’entre eux a déclaré à la Commission «avoir été surpris de constater que des entreprises qui ne sont pas dans le domaine de la santé, ont pu compétir pour cet appel d’offres. Et de donner l’exemple de Liz Télécom et de DISGEFA. Il signale par ailleurs qu’un concurrent comme Westergard s’était plaint à l’époque (au dépouillement) pour avoir été écarté pour des raisons (critères) fallacieuses. Du reste, TM Diffusion aurait perdu un 3e lot à cause de 500 FCFA d’écart, alors que les qualités ne sont pas forcément les mêmes». C’est écrit dans le rapport d’enquête, page 43.

H. D

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