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Dans l’univers secret des films porno

Cest dans kel pays aLe Burkina est-il un pays sans lois ? On est tenté de répondre par l’affirmative pour peu que l’on explore le marché des DVD-vidéo. Mais le Burkina n’est pas un pays sans loi. Les lois existent. En pagaille même, serait-on tenté de dire. Seulement elles dorment, toutes couvertes de poussière, dans les tiroirs des ministères de la Justice et de la Sécurité. C’est d’ailleurs pour cela que la piraterie, le faux, la contrefaçon, l’escroquerie, etc. alimentent une économie souterraine dans le business des DVD-vidéo. A cela s’ajoutent désormais la pornographie. Qu’il soit adolescent, adulte, vieillard ou gamin de l’école maternelle, le consommateur n’a plus d’effort à faire; les images de la porno viendront à lui. Enquête au cœur d’un marché libertin qui ne semble pas intéresser les forces de sécurité…

Dans l’un des nombreux maquis ouverts en plein air au quartier Dassasgho, à Ouagadougou, Arnaud présente, avec insistance, sa marchandise à un couple venu prendre un verre. Dans chacune de ses deux mains, il tient un lot de DVD-vidéo. Face au désintérêt du couple vis-à-vis de ses articles, il présente, de façon très visible, une copie DVD de la série indienne à succès «Vadéhi», à la jeune dame qui finit par la prendre. Il n’en fallut pas plus pour qu’Arnaud se décharge du gros sac qu’il portait en bandoulière et qui contenait pas moins de 300 DVD-vidéo.Plutôt que Vadéhi, la jeune dame a manifesté son intérêt pour une vidéo de la cantatrice, en même temps «Première dame» et «Première mère» du Gabon, Patience Dabani. Sur le fourreau du disque, et en dessus d’une photo de scène de l’artiste, est écrit en caractères aussi visibles que la faute de grammaire qui l’accompagne, le titre «On vous connais». Cette faute est d’ailleurs la seule chose qui a intéressé le jeune homme, l’autre moitié du couple, qui s’est dit convaincu que le «s» à la place du «t» sur le CD piraté, c’est juste pour marquer une différence par rapport au disque original, afin d’avoir un argument supplémentaire en cas d’attaque en Justice. Bien qu’il sache qu’il s’agit du faux, le jeune homme finira par s’intéresser à la marchandise du vendeur ambulant. Dans sa fouille des DVD, il tombe sur des images qui, forcément, attirent l’attention. Il s’agit de la pornographie. Loin d’être choqué ou interloqué par sa nouvelle découverte, il s’adresse au jeune vendeur en ces termes: «Fallait me dire que tu avais ça ! Et pourquoi donc l’avais-tu caché en dessous des autres ?». En guise de réponse à ces questions, le marchand garde le silence et ouvre son gros sac d’où il sort un premier lot de plus d’une dizaine de films du même type. Le client fait sa sélection et en choisit 2 qu’il paye en même temps que le disque de Patience Dabani. Le vendeur ambulant encaisse 1 500 F CFA pour les 3 DVD et poursuit son faufilage parmi les maquisards installés au beau milieu du terrain de sport d’un lycée privé du quartier. Après Arnaud, 2, 3, puis 4 autres vendeurs de DVD piratés sont passés devant le même couple qui a dû exposer, de façon visible, les CD déjà achetés afin de dissuader ces ambulants devenus encombrants…

«Ça vient de Lomé»

2Mais d’où viennent tous ces DVD piratés qui inondent le marché burkinabè ? A cette question, Arnaud n’a pas de réponse précise. L’origine de sa marchandise est loin d’être une préoccupation pour ce vendeur. Ce qui compte vraiment pour lui, c’est la clientèle; ce sont les 150 FCFA de bénéfice qu’il tire de chaque DVD vendu. Il sait toutefois que son fournisseur, installé au pied d’un immeuble attenant le grand marché de Ouaga, apporte une nouvelle dotation après chaque voyage sur Lomé, la capitale du Togo.

Au cours des échanges que nous avons eus avec lui, Arnaud s’est défendu, sur toute la ligne, de vendre des DVD piratés. Il appelle DVD originaux, tout support sur lequel sont directement imprimées les images du film qu’il porte. Et les DVD piratés, pour lui, ce sont les supports vierges au départ, et restés tout blanc, sans la moindre mention des films qui y sont gravés. Compris sous cet angle, Arnaud affirme, sans pouvoir apporter la preuve, que les DVD piratés sont produits sur place à Ouagadougou et que les originaux viennent d’ailleurs, de Lomé, de Lagos, d’Abidjan, d’Accra, etc.

De sources proches du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), il existe des studios clandestins de duplication de son et vidéo sur support DVD et autres, établis à Ouagadougou. C’est une pratique illégale qui a pourtant la peau dure au Burkina. Ces studios hors-la-loi qui produisent des DVD de piètre qualité mis dans le circuit de la vente par des réseaux de contrebandes ne sont pas reconnus par le BBDA. Cette structure de défense du droit d’auteur a d’ailleurs affiché, à son siège, et de façon très visible, une liste d’une dizaine de studios de duplication officiellement reconnus par elle. Sur le terrain, rien n’est fait pour traquer les studios fantômes malgré les cris à la concurrence déloyale lancés par les duplicateurs officiels, soumis à l’impôt et dont les produits sont, de fait, plus chèrement vendus sur le marché, donc très peu concurrentiels…

24 vidéos porno à 500 F CFA !

Revenons aux DVD-vidéo pornographiques qui sont, selon les confidences de Arnaud, les mieux vendus sur le marché. De toute évidence, les Ouagalais en raffolent. En plus, le prix n’est pas un souci: 500 F CFA. On peut même en acheter 2, 3, 4 ou plus d’un coup. Sans oublier que chaque DVD contient entre 5 et 24 films. Cela fait d’ailleurs objet de pub sur les jacquettes à travers la mention «1in 24» pour dire 24 films sur le même support. Pourquoi donc s’en priver, surtout qu’en termes de réglementation, il n’y a rien en face ! Conséquence, le business est florissant. Arnaud a bien voulu nous ouvrir sa comptabilité: 60 DVD vendus par jour en moyenne, à raison de 500 F CFA le DVD; ce qui donne un chiffre d’affaires journalier de 30 000 F CFA. Avec un bénéfice de 150 F CFA par DVD vendu, il s’en sort donc avec 9000 F CFA de gain journalier. Il s’il vend ses DVD avec le même dynamisme tout un mois de 30 jours, il empoche 270 000 F CFA. Qui dit mieux ? Les services des impôts peuvent aller voir ailleurs…

Les bars et maquis constituent les marchés de prédilection pour ces vendeurs ambulants de DVD. Car, selon notre interlocuteur, c’est là-bas que l’on rencontre les gens qui ont vraiment les moyens de payer 2 ou 3 DVD sans calculs. C’est aussi là-bas que l’on rencontre des gens sortis pour se distraire et qui peuvent donc penser à enrichir leur discothèque domestique.

Ainsi, la porno circule librement entre les vendeurs, les domiciles et aussi les vidéoclubs qui constituent de gros clients pour les revendeurs. Les DVD porno constituent, malheureusement, la principale matière première des vidéoclubs des quartiers non lotis de Ouagadougou. «Aujourd’hui, il n’y a que ces genres de films qui peuvent faire le plein de la salle», avoue Boukary Sankara, gestionnaire d’un vidéoclub dans la zone non lotie du quartier Somgandé. Il fait vite de préciser que les films porno chez lui ne sont projetés qu’après 22 h, afin d’éviter la présence des mineurs dans la salle. Boukary ignore la loi en matière de spectacles interdits aux mineurs, et c’est peu de le dire. Voici à ce sujet ce que dit le Code pénal du Burkina Faso. Article 437: «Lorsque dans une salle de cinéma est projeté un film interdit aux mineurs de moins de dix-huit ans, ou de treize ans, une affiche de 50 centimètres sur 20 portant exclusivement la mention «Film interdit aux mineurs de moins de dix-huit ans» ou «Film interdit aux mineurs de moins de treize ans» doit être apposée de façon très apparente aux guichets de délivrance des billets au-dessus du tableau des prix des places ou l’horaire des séances ou sur les affiches; mention doit être faite de façon très lisible dans toute publicité concernant ledit film y compris les bandes annonces (…)». Le même article, en son alinéa 2, précise qu’«est punie d’une amende de 50 000 à 300 000 francs, toute personne qui, gérant une salle de cinéma, n’assure pas la publicité de l’interdiction dans les conditions prescrites. En cas de récidive, la fermeture temporaire ou définitive de la salle est prononcée».

Mais cette loi est aux antipodes des réalités sur le terrain. Boukary, comme bien des gérants de vidéoclubs de Ouaga, l’ignorent royalement. Ils ont leurs méthodes à eux pour annoncer les programmes des films porno. Et cela consiste à afficher une feuille blanche et vierge en lieu et place des couvertures de DVD, comme c’est le cas pour les autres films. C’est un message qui passe très bien dans le milieu des clients des vidéoclubs. Mais aucune interdiction formelle n’est imposée aux enfants mineurs pour empêcher leur entrée dans la salle de projection des films porno. Le seul passeport qui compte, c’est la pièce de 100F CFA…

Selon l’article 438 du Code pénal, «lorsqu’un mineur, même accompagné, pénètre dans une salle de cinéma projetant un film interdit aux spectateurs de son âge, il est expulsé». Expulsé par qui ? La loi ne répond pas à cette question. Et il est visiblement difficile de compter sur les gérants de vidéoclubs pour faire ce boulot.

Par Paul-Miki ROAMBA

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Porno «made in Burkina» ?

Des vidéos pornographiques ont-elles déjà été tournées au Burkina par des acteurs burkinabè ? Les atteintes à la pudeur semblent n’avoir pas encore gagné une telle ampleur. Heureusement. Mais attention ! Dans le domaine de la vidéo amateur, on se souvient encore de ces images de janvier 2008 qui ont circulé de téléphone portable à téléphone portable et sur le Net. Des images pornographiques qui auraient été tournées par des élèves de Ouagadougou. A l’époque, deux films (sans scénario) du même type ont circulé. Le premier mettait en action une élève alors inscrite au Lycée technique de Ouagadougou (LTO) et un autre élève qui était du lycée Newton Descartes. Le second film qui aurait été tourné au parc urbain Bangr-Wéogo avait comme actrice principale une jeune élève du lycée de la Jeunesse «enculée» par deux hommes. Ces deux créations non déclarées au BBDA avaient fait la «Une» des téléphones portables avant de disparaître, heureusement. Reste qu’une chose est certaine : ces vidéos «made in Burkina» avaient terni l’image des établissements concernés et montré une importante faille dans le système éducatif national.

PMR

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Riches, très riches !

Le cinéma du porno, beaucoup plus de la réalité que de la fiction. Les acteurs du cinéma pornographique, ce sont des hommes et des femmes qui acceptent, à visage découvert, de se faire filmer jusque dans le plus profond de leur intimité, en toute connaissance de l’utilisation qui va être faite de la vidéo ainsi produite. L’histoire de la pornographie attribue aux Etats-Unis d’Amérique la paternité de cette pratique. Aujourd’hui, l’industrie de la porno est beaucoup développée en Europe et en Asie, où il y a des stars du X très célèbres comme telles et aussi…très riches; plus riches que les stars du cinéma convoitées par Hollywood.

PMR

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Une star du X, candidate aux législatives en France !

C’est une histoire connue de tous en France et acceptée comme telle. Célina Bara, une franco-mauricienne, actrice de films pornographiques, a mis à profit sa célébrité dans ce domaine, pour tenter de se faire une place au Parlement français. Elle est candidate aux législatives de 2012, dans l’Ariège, en France. Sans blague ! Pour y arriver, elle a mis en place le MAL (Mouvement antithéiste et libertin). «J’ai tourné aux Etats-Unis où j’ai constaté que le porno est une véritable activité», a-t-elle confié à la presse française. Aujourd’hui âgée de 33 ans, Célina Bara compte mettre fin à sa carrière de cinéma.«J’avais déjà affirmé que j’allais stopper ma carrière vers 30 ans. On ne peut pas dire que mon passage de la porno à la politique est une suite logique. J’avais toujours en tête de faire de la politique un jour», précise-t-elle.Les électeurs français devront donc compter avec une candidate qui prône le libertinage et qui n’a plus de famille en raison du choix de son métier, de sa carrière cinématographique. Avec sa candidature et ses appels à la débauche, elle ne risque même pas de choquer les bien-pensants; elle s’en fout ! «Mon engagement dans le X et dans la politique est un pied de nez à la société française. En France, c’est de plus en plus difficile de vivre», indique, toute révoltée, cette jeune femme pour qui Hollande s’est fait élire par dépit. Car pour elle, les gens en avaient marre de Sarkozy, elle en premier.

PMR

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