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Où sont passés les 103 371 734 FCFA ?

argent3C’est un gros marché ! Le montant ? 1 135 875 511 FCFA. Il a été attribué à l’entreprise Pyramide suite à un appel d’offres restreint. Il s’agissait de construire, dans un délai contractuel de 16 mois, le nouvel immeuble du poste de contrôle de l’Etat-major de la gendarmerie nationale. Ce marché, approuvé par le ministre des Finances, a été émaillé de pratiques floues. «La procédure de passation des marchés n’a pas été conforme aux dispositions du décret N°2008-173/PRES/PM/MEF du 16 avril 2008, portant réglementation générale des marchés publics et des délégations de services publics au Burkina Faso».

La Commission d’enquête parlementaire a décelé de nombreuses failles. Morceau choisi: «La spécificité des travaux ne pouvant, à elle seule, justifier une consultation restreinte, cela appelle de la part de la Commission des doutes quant à l’opportunité du choix de cette procédure». A ce sujet, les alinéas 3 et 7 de l’article 66 du décret sont clairs: «Il ne peut être recouru à la procédure de l’appel d’offres restreint que lorsque les biens, les travaux ou les services, de par leur nature spécialisée, ne sont disponibles qu’auprès d’un nombre limité de fournisseurs, d’entrepreneurs ou de prestataires de services susceptibles d’offrir les prestations sollicitées». Et ce n’est pas tout: «Le recours à la procédure de l’appel d’offres restreint doit être motivé et soumis à l’autorisation préalable de la Direction générale des marchés publics». Or, ce gros marché de 1 135 875 511 FCFA, morcelé en plusieurs tranches, n’a suivi aucune de ces procédures. Et ce n’est pas seulement à ce niveau qu’il y a une sorte de flou artistique. «Le long délai mis entre la convocation de la CAM (message porté N°2004-000548/DEF/SG/DEP du 22/12/2004) et l’approbation du marché (le 16 janvier 2006) mérite d’être relevé», souligne la Commission d’enquête. Et il n’y a pas que ça: «Malgré les explications données par les premiers responsables de la gendarmerie sur la réalisation par tranches du marché, la Commission retient que les délais d’exécution ont connu de grands dépassements et que les rapports avec l’architecte se sont détériorés à cause de cette donne.

Même concernant l’exécution financière, il y a problème. Voici, à ce sujet, ce que dit le rapport: «La Commission relève que le montant total des paiements sur la base de l’état transmis est de 1 080 571 467 FCFA. Les pièces justificatives y afférentes donnent un montant total de 977 199 733 FCFA, d’où une différence de 103 371 734 FCFA qui restent à justifier». Où est passée la somme manquante ? Mystère et boule de gomme. Les pièces justificatives sont, jusque-là, introuvables…

Hervé D’AFRICK

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