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Gros marché, grosse discorde !

Francs CFAEst-on en train de voler la victoire du «vrai vainqueur» ? Tout porte à le croire. En tout cas, les faits parlent d’eux-mêmes. Et montrent, à souhait, que la transparence tant prônée dans l’attribution des marchés, a déjà été clouée au pilori. Et continue de l’être.

Les choses sont allées vite, très vite. L’entreprise AKIM.CG/CBTP, sentant que le marché lui échappait, a vite déclaré qu’elle avait fait des erreurs de calculs dans son offre. C’était bien après le dépôt de son dossier de candidature. Mais l’erreur dont elle parle était un peu trop colossale. Au point qu’on s’est demandé si c’était vraiment une erreur ou plutôt une volonté délibérée de court-circuiter les quatre autres postulants. Dans un premier temps, elle avait fixé, dans son offre, un montant de 68 466 171 FCFA hors taxes hors douane, soient en TTC, 80 790 082 FCFA. Mais très vite, la donne va changer. A-t-elle, entre-temps, obtenu, dans les coulisses, les montants proposés par les autres soumissionnaires ? Toujours est-il qu’elle a déposé une requête avant le dépouillement, dans laquelle elle affirme tout de go, qu’elle avait fait une erreur de calcul. Et a tout de suite communiqué un autre montant. Mais l’écart entre le premier montant et le deuxième était très énorme: 7 606 162 FCFA ! En clair, elle est passée de 80 790 082 FCFA TTC à 73 183 920 FCFA. Ainsi, d’un coup de bâton magique, son offre est devenue la moins chère, plombant, du même coup, les autres soumissionnaires. Le marché lui a donc été attribué. Mais à titre provisoire.

Ingérence politique

Et comme il fallait s’y attendre, la tension est montée d’un cran du côté des autres soumissionnaires. Selon des sources concordantes, certains membres de la commission d’attribution ont désapprouvé cette façon de faire. Ils se seraient même, entre-temps, opposés à l’attribution du marché à l’entreprise AKIM. Mais au finish, comme la décision devait être collégiale, ils ont dû tous se ranger. La suite ? La voici: la décision d’attribution provisoire du marché a été publiée dans la revue des marchés publics. Cela a encore fait monter la tension. Certains soumissionnaires, n’en pouvant plus face à ce qu’ils considèrent comme étant une «énorme magouille», ont rapidement saisi le président du comité de règlement des différends. Mais les plaintes n’ont eu, pour le moment, de suite concrète. Et voici une question qui s’invite dans la polémique: quelqu’un a-t-il mis le pied dessus comme on le susurre dans certains milieux ? Selon des sources internes au comité de règlement des différends, une personnalité politique se serait ingérée dans le traitement du dossier. En attendant de débusquer cet individu tapis dans l’ombre, l’affaire commence à faire grand bruit au ministère de l’Environnement et du Développement durable. Le ministre Jean Kouldiati est bien au courant du problème. Mais pour le moment, il est recroquevillé dans son coin, observant le torchon brûler entre les différentes parties.

La machine s’est grippée

Les étincelles du dossier ont fini par rejaillir dans plusieurs cercles du monde des affaires. Et les commentaires vont bon train. Certains estiment que le comité de règlement des différends devrait, impérativement, se départir de toute combine, donc de toute pression, d’où qu’elle vienne, et faire preuve de transparence absolue dans l’attribution du marché. Car, la «prétendue erreur de calcul» n’est pas le seul couac dans ce dossier brûlant. Le chiffre d’affaires déclaré par l’entreprise AKIM aurait été mis en doute par certains soumissionnaires. En 2011, elle a postulé à deux marchés (dont celui relatif à la réhabilitation du campement de l’hôtel d’Arly) et elle a soumis, contre toute attente, des chiffres d’affaires différents. Deux chiffres d’affaires différents pendant la même année ! Ce qui laisse entrevoir, aux yeux de certains observateurs, des choses pas claires. D’où la nécessité absolue pour la commission d’attribution des marchés, de prendre des dispositions adéquates pour vérifier les données qu’on lui transmet afin de s’assurer de leur véracité. Et éviter ainsi, certaines contestations qui tendent à mettre à rude épreuve sa crédibilité.

En attendant, l’entreprise AKIM a du mal à se mettre en condition pour savourer une éventuelle victoire. Car cette façon de gagner a toujours un goût amer. Le dépouillement a eu lieu le 27 octobre 2011. Mais jusqu’à présent, c’est le statu quo. Et on se demande comment le bailleur de fonds, en l’occurrence la Banque mondiale, appréciera ces micmacs qui ont fortement émaillé et qui continuent d’émailler l’attribution du marché. Entraînant ainsi un énorme retard dans la réhabilitation du campement de l’hôtel d’Arly, situé dans la région de l’Est, précisément dans la province de la Tapoa. Cette réhabilitation, qui s’inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire (PAPSA), aurait dû être terminée depuis longtemps. Son exécution était prévue pour un délai maximum de deux mois. Mais la machine s’est grippée. De fort mauvaise manière.

Hervé D’AFRICK

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