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Grosse colère dans la maison !

pol-genLa grogne prend de l'ampleur à la police et à la gendarmerie nationales. Plusieurs agents disent avoir été brimés. Ils auraient pu participer aux prochaines missions de maintien de la paix, organisées sous l'égide des Nations unies. Mais leur espoir s'est défait à vive allure. Le ministre de la Sécurité, Jérôme Bougouma, a signé, pratiquement à la dernière minute, une note qui les exclut de la liste des candidats retenus pour le test...

Ils ont tous été surpris. Le test devait avoir lieu du 23 au 27 avril 2012. Et voilà que quelques jours avant, un message du ministre tombe, brusque et fracassant. Il est daté du 17 avril. Mais c'est pratiquement à 72 heures du début du test que la plupart des candidats ont été informés. D'ailleurs, la note ne leur était pas directement destinée. Ils ont été mis devant le fait accompli. Le télégramme du ministre, écrit dans un style militaire et qui porte la mention "URGENT", a cloué au pilori plusieurs candidats. Voici le message: "Honneur vous informer + En vue permettre meilleure rotation dans les missions onusiennes + Toutes personnes ayant déjà effectué une mission des Nations unies ou Union africaine + Dans le cadre police civile + Sont exclues liste des candidats retenues pour prendre part prochain test SAT + prévu du 23 au 27 avril 2012 + Et fin". Selon plusieurs agents de la police et de la gendarmerie, ce «message radio porté», signé par le ministre de la Sécurité, a un caractère discriminatoire. Et ils brandissent, à ce sujet, un arrêté conjoint signé le 19 février 2010. Selon les plaignants, la raison avancée par le ministre pour les exclure est en totale contradiction avec cet arrêté. Voici ce que dit l'article 4: "La désignation des candidats relève de la compétence de chaque structure et doit tenir compte des critères de compétences professionnelles, d'aptitudes linguistiques et de probité morale exigées par les organisations déployant les missions". En clair, il ne s'agit pas seulement d'une question de "rotation". L’arrêté insiste sur le fait que les "compétences professionnelles, les aptitudes linguistiques et la probité morale" des candidats doivent prévaloir. Mais à ce qu’on dit, certains candidats, très compétents, ont été mis à la touche. Et voici une question qui s’invite irrésistiblement dans le débat: a-t-on voulu intentionnellement mettre à l'écart certains candidats pour faire passer d'autres ? Mystère et boule de gomme. Le même arrêté précise les conditions dans lesquelles la rotation des personnels burkinabè doit s’effectuer. Et ça se résume en une phrase: après un premier déploiement, "il n'est autorisé un deuxième déploiement avant une période de deux ans". Mais le ministre, lui, a préféré exclure "toutes personnes ayant déjà effectué une mission des Nations unies ou de l'Union africaine", y compris celles qui ont effectué une mission il y a plus de deux ans. La situation est telle que la grogne prend de l'ampleur. Et nombreux sont ceux qui estiment avoir été mis à la touche, de façon injuste. D'autant plus que le 28 mars 2012, le même ministre de la Sécurité avait fait un télégramme dans lequel il annonçait officiellement la liste des candidats présélectionnés pour le test. Il y avait bel et bien dans cette liste, les noms de ceux qui ont été exclus le 17 avril 2012, à quelques jours seulement de la compétition. Et voilà que, à la surprise générale, tout a basculé. Le "message radio porté" du ministre a écrasé l'arrêté conjoint "portant modalité de désignation et de rotation des personnels burkinabè dans les Missions de maintien de la paix". Et «c’est là où ça fait mal», note un candidat mécontent. Avant d’ajouter qu’ «un simple message ne saurait être au-dessus d’un arrêté conjoint». Il va falloir maintenant gérer la grogne. A la police et à la gendarmerie, on n’est pas content. La balle est dans le camp du ministre.

Sandra JOLY

Gendarmerie-police

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