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Vive ATT !

ATT«Allo ?! C’est Hervé ? (…) Ils sont en train de détruire le pays ! Des militaires inconscients sont en train de mettre du désordre au Mali. Ils pillent partout. Nous avons dû déménager pour nous cacher quelque part. Nous sommes chez un oncle. On vient encore de tirer. Tu entends ?». Oui, j’ai bien entendu des tirs ! J’ai aussi entendu la voix tremblotante de cette jeune Burkinabè, étudiante au Mali. Elle ne sait plus à quel saint se vouer. Elle craint que le pays ne s’embrase. Comme elle, des millions de Maliens et d’étrangers craignent le pire.

Qui l’eût cru ? Le Mali, ce beau pays, est en train d’effectuer une descente aux enfers. Pourtant bel exemple de démocratie en Afrique. Le Président Amadou Toumani Touré avait promis qu’il respecterait la Constitution, qu’il ne briguerait pas un autre mandat. Et il y tenait mordicus. L’élection présidentielle n’était-elle pas prévue pour le mois prochain ? Mais pourquoi, diable, des putshistes, sans foi ni loi, sont-ils venus mettre le Mali dans ce triste état ? Même si le conflit au nord du pays nécessitait que les forces armées maliennes soient redéployées autrement, et que des armes adéquates soient mises à leur disposition, était-il vraiment nécessaire d’en faire un prétexte pour renverser le pouvoir démocratiquement élu ? Pourquoi n’avoir pas utilisé d’autres méthodes, légales celles-là, pour conduire le gouvernement à changer de stratégie ? A l’évidence, le coup d’Etat orchestré par le capitaine Sanogo et ses hommes ne résoudra pas les problèmes qu’ils prétendent vouloir résoudre. Au contraire, les premiers signes montrent bien qu’ils ne maîtrisent pas du tout la situation. Dans ce contexte, ils ne peuvent qu’offrir la voie royale au MNLA pour conquérir, avec beaucoup plus d’aisance, d’autres localités. Car une armée désorganisée ne peut aller nulle part, si ce n’est créer les conditions de son autodestruction. Les mutins feront, en réalité, plus de mal au Mali qu’ils ne le croient. Il va falloir tout reconstruire: les infrastructures détruites, les avenirs de citoyens brisés, la cohésion sociale… Et aussi la démocratie qui avait pris un bel envol dans ce pays. Et qui, du coup, est en train de voler en éclats.

Le sommet extraordinaire de la CEDEAO, qui se tient à Abidjan, ce 27 mars, sera probablement l’ultime recours pour ce pays défiguré. Il faut impérativement trouver une solution. Efficace et efficiente. Les mutins n’ont pas le droit de précipiter ce beau pays dans le chaos. Il faut mettre fin à leur chevauchée. Vite ! ATT doit impérativement reprendre son fauteuil de Président et achever son mandat. Il le faut. A tout prix.

Hervé TAOKO

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