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Et après ?

Le président du Faso et le Premier ministre ont donné un signal fort en limogeant, jeudi 23 février, le ministre de la Justice, Jérôme Traoré. "Trop, c'est trop !", est-on tenté de dire. Comment un ministre, de surcroît ministre de la Justice et de la Promotion des droits humains, censé donc être le protecteur N°1 du citoyen, peut-il se permettre de faire appel à des gardes de sécurité pénitentiaires (GSP) pour bastonner un citoyen, mécanicien de son état ? Non seulement on le bastonne copieusement mais en plus, on le met au cachot. Simplement parce qu'il aurait tenu des "propos désobligeants" à l'endroit du ministre dont le véhicule, abordant un virage, aurait pu le cogner. Quels que soient les arguments que le ministre et les GSP avanceront pour se défendre, comme l'a dit le Mouvement burkinabè des droits de l'Homme et des peuples (MBDHP), "il y a là, un cas manifeste d'abus d'autorité, doublé de l'expression d'un zèle débordant de la part d'agents de la force publique. Si, fort heureusement, on ne déplore pas de perte en vie humaine cette fois-ci, force est de constater que c'est ce type d'acte, abusif et empreint d'illégalité, qui fut à l'origine des grands mouvements de révolte qu'a vécus le Burkina Faso au cours du premier semestre de l'année 2011". Il y a en effet tout juste un an, Justin Zongo, élève de son état, est mort suite à des actes de violence exercés sur lui par des policiers...

Certes, le ministre Traoré a été viré, manu militari, du gouvernement, mais jusqu'à présent, aucune sanction n'a été prononcée à l'encontre des GSP. En réalité, limoger le ministre ne suffit pas. Il faut que cette affaire soit traduite en Justice, que la lumière soit faite et que les coupables soient sanctionnés. Il suffit de regarder le visage tuméfié du mécanicien pour se rendre compte qu'il aurait pu se retrouver six pieds sous terre. Porter l'affaire en Justice, donc opter pour les voies légales, permettra aussi au ministre de s'expliquer car, jusqu'ici, on n'a entendu que la version du mécanicien. Mais quoi qu'il en soit, il n'y a pas de raison que l'on exerce une telle violence sur un citoyen. Ce n'est pas parce qu'on est ministre qu'on peut tout se permettre. Et ce n'est pas parce qu'on porte une tunique de GSP qu'on doit bastonner un citoyen de cette façon. La victime, ses parents, amis et collègues devraient éviter, eux aussi, de se livrer à tout acte de vengeance. Ils devraient plutôt opter pour "les voies légales de règlement des litiges", comme l'a du reste préconisé le MBDHP.

Il faut impérativement mettre fin à l'impunité. Pour qu'enfin, le Burkina, "pays des Hommes intègres" regagne ses lettres de noblesse. C'est pourquoi, il est impératif d'ouvrir les autres dossiers sales de la République afin que justice soit rendue. Et c'est possible ! Si le DG des douanes, Ousmane Guiro, et le ministre de la Justice, Jérôme Traoré, ont été "dégagés" de leurs fonctions, c'est sans doute parce que la presse a mis ces affaires nauséabondes au grand jour et que l'opinion publique, de plus en plus exigeante, a pris le relais. Ainsi, on peut faire changer les choses dans ce pays, en contraignant nos gouvernants à les faire changer, tout en donnant, nous-mêmes, le bon exemple. Alors, si vous constatez des "cas manifestes d'abus d'autorité", des citoyens victimes de "mauvais traitements" ou des "actes abusifs et empreints d’illégalité", pour reprendre les termes employés par le MBDHP dans sa déclaration, n'hésitez pas à les dénoncer par des "voies légales". Les droits de l'Homme sont des droits sacrés. Défendons-les !

Hervé TAOKO

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