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Flou autour d'un marché de près de 10 milliards de FCFA

UEMOA PhotoL'affaire commence à faire des gorges chaudes au siège de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à Ouagadougou. Et on pointe un doigt accusateur sur l'ex-président de la Commission, Soumaïla Cissé. La raison, la voici: l'attribution d'un marché de 9 972 913 230 FCFA a été entachée de graves irrégularités. Et il n’y a pas que ça…

Ce gros marché de près de 10 milliards de francs CFA a été attribué à la Société d'exploitation de sable et de graviers (SESG). Cette dernière devait réaliser des travaux d'aménagement hydraulique au Mali. Mais ce qu'on ignorait, c'est qu'il y a eu des choses pas du tout claires dans l’attribution du marché. Face à la gravité du problème, le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public du Mali, saisi par l'une des sociétés concurrentes, a dû saisir à son tour la Justice malienne concernant les faux documents utilisés dans la procédure d'acquisition du marché. Voici un morceau de sa correspondance adressée, le 18 mai 2011, au Procureur:"1. Le marché en cause ne relève pas de la compétence du Comité de règlement des différends car il est financé sur des ressources communautaires de l'UEMOA au profit de l'UEMOA et passé conformément au manuel de procédure de l'AGETIPE Mali. 2. L'attributaire du marché, la Société d'exploitation de sable et de graviers (SESG) a utilisé des faux documents dans sa procédure d'acquisition du marché (date de création, bilans, immatriculation, dépôt des statuts). Selon des sources internes à l'UEMOA, le marché aurait été passé à l'insu du chargé des politiques économiques et de la fiscalité intérieure de cette institution. C'est pourtant à ce dernier qu'incombe les marchés publics financés par fonds communautaires. L'ex-président de la Commission de l'UEMOA, Soumaïla Cissé, alors ordonnateur du budget, se serait passé de lui, on ne sait trop pour quelle raison. Créant, du même coup, une opacité autour de ce marché qui pèse pourtant des milliards de francs CFA. Et même lorsque le pot-aux-roses a été découvert, le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public du Mali a informé Soumaïla Cissé, mais ce dernier n'a pas du tout réagi. Préférant se plonger dans un silence que plusieurs de ses collaborateurs, au siège de l’UEMOA, à Ouagadougou, avaient du mal à comprendre. D’ailleurs, à propos de ce silence, le président de l’Autorité de régulation brise le silence dans sa correspondance adressée au Procureur. Morceau choisi: "Le Comité de règlement des différends a informé par correspondance en date du 14 mars 2011, le Président de la Commission de l'UEMOA (qui a approuvé le marché pour toute décision concernant le marché) qui, jusqu'à nos jours, n'a pas réagi». Et il ne s'arrête pas là:"S'agissant de l'utilisation de faux documents dans une procédure d'appel d'offres, le Comité de règlement des différends a estimé qu'il était de son devoir d'en référer à Monsieur le Procureur de la République (Pôle économique) pour toute suite à envisager, car conformément à l'article 20 de la loi N°08-23 du 23 juillet 2008, l'Autorité de régulation a, dans tous les cas, l'obligation de saisir directement les autorités judiciaires des informations qu'elle a recueillies lors d'enquêtes lorsque les faits constatés sont susceptibles de poursuites pénales". Et la correspondance se termine par cette phrase: "Vous voudrez bien donc trouver ci-joint, copie de la lettre d'information de l'UEMOA à laquelle sont jointes les copies des faux documents".

S’est alors engagée une bataille de titans au sein de le l’UEMOA. Lorsque l’affaire a commencé à troubler le sommeil de certains hauts responsables de l’institution, des individus tapis dans l'ombre auraient mis le pied sur le dossier afin de l'étouffer. Du coup, au siège de l’UEMOA à Ouagadougou, on se pose d'énormes questions: "Comment cela a bien pu arriver? Pourquoi le président de la Commission, Soumaïla Cissé, est-il resté si silencieux suite à l'interpellation du président de l'Autorité de régulation des marchés publics?". Dans tous les cas, nombreux sont ceux qui estiment qu'il est temps, grand temps, qu'il y ait un audit sur la gestion de Soumaïla Cissé afin de détecter les goulots d'étranglement qui commencent à trop plomber le fonctionnement de cette institution sous-régionale. Cette opération de salubrité devrait donner à cette «maison communautaire», un nouveau souffle. Mais la sphère dirigeante de l'UEMOA se décidera-t-elle à franchir le pas ? Selon nos sources, il n'y a pas que ce dossier qui pose problème à l'UEMOA. La Conférence des chefs d'Etat et le Conseil des ministres de l'Union gagneraient à y jeter un coup d'oeil. Il y va de la survie de cette institution. Certes, en voulant donner un coup de pied dans la fourmilière, ils auront sur leur chemin des «dinosaures politiques et du monde de l’économie et des finances». En effet, au siège de l'UEMOA, certains, convaincus qu'un audit pourrait les éjecter de leur fauteuil, se battent bec et ongles pour maintenir les différentes affaires brûlantes dans un cercle fermé. Afin que ça n’explose pas ! Mais jusqu'à quand durera ce jeu de micmacs? Affaire à suivre.

Fanta TRAORE

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