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«Le dossier Guiro a été fouillé et des pièces emportées»

CambriolagQuoi a fait ça ? La question est pour le moment sans réponse. Mais l’acte posé est grave. Le siège de la société civile professionnelle d’avocats de Mes Sory Ouattara et Paulin Salambéré a été cambriolé dans la nuit du 6 au 7 février 2012. C’est ce cabinet d’avocats qui défend l’ex-Directeur général des douanes, Ousmane Guiro. Le ou les cambrioleur(s) étai(en)t sans doute à la recherche du dossier concernant cette affaire brûlante. “Deux ordinateurs portables ont été emportés, de même qu'un téléphone portable, le téléphone fixe du secrétariat et un disque dur externe de 500 giga dans lequel nous avions stocké un certain nombre de données», nous a confié Me Salembéré. Et ce n’est pas tout: des pièces du dossier Guiro ont disparu du cabinet.

MicroCourrier confidentiel: Un cambriolage se serait produit au niveau de votre cabinet. Qu'en est-il exactement?

Me Paulin Salembéré: Effectivement, après le week-end de la fête de Maouloud, mon associée et moi sommes venus au bureau, lundi matin qui était jour férié, afin de travailler un peu. Nous avons convenu de nous retrouver au cabinet aux environs de 11h. Elle est arrivée avant moi et a découvert qu'on avait reçu de la visite. Le secrétariat était sens dessus-dessous. Elle a immédiatement appelé le voisinage et ils ont constaté ensemble que toutes les serrures des portes de bureaux ont été cassées, toutes les armoires et tous les tiroirs ont été forcés et ouverts; notre salle de conservation des dossiers a également subi le même sort. Apparemment, ce sont les tiroirs de bureaux qui ont été le plus visités parce qu'ils étaient par terre et complètement renversés. Deux ordinateurs portables ont été emportés, de même qu'un téléphone portable, le téléphone fixe du secrétariat et un disque dur externe de 500 giga dans lequel nous avions stocké un certain nombre de données.

Y avait-il des dossiers judiciaires très sensibles dans ces ordinateurs et ce disque dur ?

Des dossiers sensibles? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, c'est que nous y avions stocké des dossiers du cabinet que nous traitons. Me concernant, il s'agit d'un ordinateur que j'utilise depuis quatre ou cinq ans, qui comporte un certain nombre de données sur les dossiers de nos clients. Apparemment, les dossiers en général n'ont pas été visités mais le dossier Guiro a été amplement compulsé.

Compulsé? ça signifie quoi au juste?

Cela signifie que le dossier a été fouillé. Nous l'avons laissé dans un état, mais suite au cambriolage, nous avons constaté qu'il était en désordre, les feuilles renversés. Il n'était pas non plus à sa place; ce qui prouve qu'il a été consulté. Le tiroir de mon associée comportait une enveloppe avec des pièces du dossier à l'intérieur. L'enveloppe est restée mais ils ont enlevé les documents qui s'y trouvaient.

De quels types de documents s'agit-il ? Des procès-verbaux d'audition ?

Je ne peux pas vous dire de quels documents il s'agit. Mais ce qui est sûr, c'est que nous n'avons pas les PV d'audition. Le dossier étant en instruction, les PV d'audition demeurent dans le dossier du juge d'instruction. C'est seulement le PV d'enquête préliminaire qui peut être mis à notre disposition. Mais cela n'a pas été emporté.

Mais quand vous dites que des pièces ont été emportées, faut-il comprendre que c'est la plupart des éléments d'information qui étaient à votre disposition concernant l'affaire Guiro?

Une partie peut-être mais pas l'ensemble des documents. Le traitement du dossier n'est qu'à ses débuts. Nous n'avons donc pas, à l'heure actuelle, l'ensemble des pièces.

Pensez-vous, en tant qu'avocat, que le fait que des pièces aient été emportées aura des répercussions négatives sur la suite du traitement de l'affaire Guiro ?

Pour le moment, je ne sais pas. C'est en fonction du déroulement de l'instruction du dossier que l'on verra si les documents emportés avaient leur importance.

Le cambriolage paraît surprenant. Votre cabinet est sous surveillance, non ?

C'est peut-être l'oeuvre de cambrioleurs professionnels. L'immeuble où se trouve le cabinet est surveillé par deux gardiens et un vigile. Franchement, nous ne savons pas comment ce cambriolage a été possible. C'est ce qui est inquiétant.

Mis à part le dossier Guiro, d'autres dossiers ont-ils été particulièrement fouillés ?

Jusqu'à présent, nous ne pouvons pas vous dire si d'autres dossiers ont été fouillés et des pièces emportées. Mais de visu, nous n'avons pas l'impression que les autres dossiers ont été visités. Les dossiers qui étaient sur nos bureaux sont demeurés en l'état. Même les armoires où sont stockés les dossiers, bien qu'ayant été ouvertes, étaient toujours en ordre.

Comment se porte votre client, Ousmane Guiro ?

Il se porte bien. Il est en bonne santé.

On avait, entre-temps, entendu parler de tentative de suicide. Le Procureur général avait démenti cela, mais la rumeur persiste... Qu'en est-il exactement ?

Ayez confiance à ce que le Procureur a dit. Je confirme que ce n'était que de la rumeur.

Y a-t-il autre chose de particulier que vous souhaitez dire par rapport au cambriolage et que l'on n'a pas encore abordé dans cette interview ?

L'immeuble où se trouve le cabinet est sous surveillance. Trois gardiens ! Mais malgré cela, le cambriolage est arrivé. Ce qui signifie que nous n'avons pas affaire à des enfants de coeur. Et étant donné que nous ne savons pas à qui nous avons affaire, nous ne savons pas ce que nous risquons, relativement à la défense de ce dossier. Peut-être faut-il que le Procureur, le ministre de la Justice et le ministre de la Sécurité prennent des dispositions pour assurer la sécurité de ceux qui ont en charge la défense de monsieur Guiro dans le cadre de ce dossier. Non seulement la sécurité de leur lieu de travail mais aussi celle de leurs personnes.

Propos recueillis par Hervé D'AFRICK

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