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Le chemin de croix des militaires radiés

Militaires burkinabLes militaires radiés de l'Armée, en juillet dernier, suite aux mutineries qui ont secoué le pays dans le premier semestre de 2011, ne savent pas à quel saint se vouer. L'arrêté de radiation, signée par le ministre de la Défense, Blaise Compaoré, les invite "à faire valoir leurs droits". Mais ceux qui ont tenté de le faire se sont rendu compte que leurs dossiers étaient bloqués. Pourtant, ils ont mené toutes les démarches nécessaires. Voici la procédure: chaque militaire concerné doit se rendre dans les différents services de comptabilité de l'Armée et au sein de la banque qui détient son compte pour qu'on vérifie s'il n'a pas de dettes en instance. Au niveau de chaque service, une attestation lui est délivrée. S'il se trouve qu’il a des dettes à payer, cela est mentionné dans les attestations qu’on lui remet. Les documents ainsi délivrés doivent être déposés à la Direction de l'administration et de la comptabilité de l'Armée. C’est cette dernière qui donne son OK pour le règlement des droits. Et c'est justement à ce niveau qu'il y a des blocages. Selon plusieurs militaires radiés, on leur a balancé, droit dans les yeux, cette phrase:"Il faut attendre d'abord". Mais ce fameux "attendre d'abord" dure depuis plusieurs mois, au point que certains, après avoir effectué de multiples va-et-vient sans succès, ont conclu que leur dossier avait été intentionnellement bloqué. Une façon, selon eux, de les "punir doublement". Mais qui bloque les dossiers? Mystère et boule de gomme. Jusque-là, aucun militaire radié n’a pu «faire valoir ses droits» comme mentionné dans l’arrêté de radiation. Affaire à suivre.

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Où sont passés les militaires français ?

Le 27 mai 2011, le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jérôme Bougouma, interpellé par le député Malick Sawadogo du groupe parlementaire Alternance-démocratie-justice, était passé à l'Assemblée nationale et avait lâché cette phrase: "Il n'existe pas d'accord de défense entre le Burkina Faso et la France au sens où des troupes françaises pourraient stationner de façon permanente sur le territoire national comme cela est toujours le cas dans certains pays africains". Il avait précisé, concernant la présence de militaires français au Burkina, qu'il "s'est agi d'un concours de circonstances où une mission militaire française, chargée d'une formation spécifique au profit de nos forces armées, a été modulée en élément d'intervention anti-terroriste pour faire face à l'enlèvement, le 16 septembre 2010, de salariés d'Areva et de Vinci, à Arlit au Niger". Et le ministre d'ajouter que "le détachement d'instruction opérationnelle était déjà présent sur notre territoire à la date de la prise d'otages. Les autorités françaises ont sollicité et obtenu notre accord préalable pour la mise en condition et le déploiement de leurs militaires dans la zone de crise à partir de notre territoire. Après cet intermède, le détachement d'instruction opérationnelle a repris ses activités normales de formation au profit de nos forces spéciales". Et puis, plus rien. On croyait que les militaires français avaient terminé la formation pour laquelle ils étaient là et étaient repartis. Mais non! Ils sont toujours là. On les a vus discrètement patrouiller au moment où le pays était confronté à la révolte des élèves et étudiants et aux mutineries. Mais après, on ne les a plu revus. Et pourtant, ils sont toujours sur le territoire burkinabè. Selon nos sources, ils étaient d'abord stationnés au camp de Kamboincé avant d'être transférés au camp de Loumbila pour plus de discrétion. Et ils y sont toujours. Il y aurait également dans ce camp, des militaires américains. Sont-ils là juste pour la formation des forces spéciales burkinabè, comme l’a dit le ministre chargé de la Sécurité ? Question à qui de droit.

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Le nouvel immeuble du ministère de la Défense coûtera 1 212 500 000 FCFA

Voici, entre autres, ce que le ministre de la Défense a mentionné dans son agenda pour l'année 2012: 1- terminer la construction du nouvel immeuble du ministère de la Défense. Cette infrastructure coûtera 1 212 500 000 FCFA. 2- réhabiliter la caserne de Dédougou. Il est prévu, pour cela, le déblocage de 400 millions de francs CFA. 3- réhabiliter d'autres casernes au coût global de 300 000 000 de francs. Et ce n’est pas tout. 4- construire une nouvelle caserne à Boudry. Son coût ? 1 507 000 000 FCFA. 5- Dans l’agenda du ministre de la Défense, figure également la construction du Centre culturel des armées à hauteur de 338 000 000 de francs CFA. 6- 125 millions ont été prévus pour la construction d’infrastructures au profit du personnel féminin de l’Armée. 7- D’autres infrastructures, consacrées à la formation, d’un coût de 150 000 000 FCFA, devraient voir le jour en 2012.

Mais le ministère se plaint de n'avoir pas obtenu suffisamment de fonds de la part de l'Etat pour réaliser ses projets: «Ces prévisions budgétaires ne permettent pas la mise en œuvre de tous nos projets programmés. Notre département a ainsi choisi de mettre l’accent sur les projets en cours d’exécution afin de les mener à terme et espérer voir certains programmes prioritaires financés dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD)». C'est écrit noir sur blanc, dans un document transmis à l'Assemblée nationale avant l'examen du budget de l'Etat, gestion 2012. Les fonds supplémentaires demandés par le ministère n'ont pas été approuvés par les députés. La raison? La voici: chaque structure de l'Etat a été invitée à ne pas dépasser une certaine marge budgétaire. Mais le ministère de la Défense est allé au-delà. Et les députés ont dit niet !

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Méfiance au sein de l'Armée

La radiation, le 15 décembre dernier, de 60 militaires en plus des 566 qui avaient été radiés en juillet 2011 et des changements opérés au sein des différents corps de l'Armée, a entraîné un climat de méfiance au sein des forces armées nationales. Certains militaires, actuellement en fonction, craignent de se retrouver dans une nouvelle liste de militaires à radier. La résiliation des contrats des 60 militaires pour «faute particulièrement grave contre l’honneur, la morale, la probité avec incitation au désordre», proposée par le Chef d'Etat-major général des armées (Cf. Courrier confidentiel du 10 janvier 2012), a pratiquement surpris bon nombre de militaires. Depuis lors, des tracts circulent et s'en prennent vertement à certains responsables de l'Armée. Les auteurs de ces documents exigent la libération des militaires détenus en prison suite aux mutineries et l'intégration dans l'Armée de tous les militaires radiés. Certes, il faut prendre le contenu de ces tracts avec des pincettes, mais force est de reconnaître que leur existence n'est pas pour créer la quiétude au sein de la "grande muette". Selon nos informations, le commandement militaire aurait diligenté une enquête pour déterminer l'origine de ces documents "non signés" et qui n'hésitent pas à mettre à nu, de façon crue, des pratiques qui fâchent. Et qui interpellent, sans coup férir, les premiers responsables de l’Etat.

Rassemblé par Sandra JOLY

 

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