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Le président... et les fosses sceptiques

Thomas SANONLa grogne s'accentue au Conseil économique et social (CES). Au coeur de la discorde, des dépenses jugées très louches par de nombreux travailleurs. Certains estiment qu'il est temps, grand temps, que l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat (ASCE) ou la Cour des comptes donne un coup de pied dans la fourmilière. La tension est montée d'un cran lorsque les travailleurs ont découvert, avec stupéfaction, que même les frais de vidange des fosses sceptiques au domicile du président du CES, Thomas Sanon, étaient supportés par le budget de l'institution. Chaque vidange, effectuée par la société SONAC, est facturée à 94 400 FCFA et payée par le Conseil économique et social. Les travailleurs mécontents estiment que le Président qui bénéficierait de complicités au sein du Conseil, s'adonne ainsi à des pratiques louches dans la mesure où il utilise les fonds de l'institution à des fins privées. Certains n'hésitent pas à parler de "détournement d’argent public". La fréquence des vidanges effectuées en 2011 par exemple a accentué le doute sur la gestion des fonds octroyés par l'Etat à cette institution. Courrier confidentiel, après moult recherches, a réussi à obtenir les documents concernant les opérations de vidanges de fosses sceptiques au domicile du président du CES, situé au secteur 8 de Ouagadougou. Pendant le mois d'août 2011 par exemple, on a demandé à la SONAC de vider trois fois les fosses sceptiques chez le patron du CES. Les vidanges ont eu lieu les 1er, 16 et 23 août. Et chaque fois, c'est le CES qui a payé les frais: 94 400 FCFA. Mais il n'y a pas que le mois d'août. Tout au long de l'année 2011, le président de cette institution n'a déboursé aucun centime pour les vidanges des fosses sceptiques à son domicile. «Qu'est-ce que vous croyez? Le CES est là pour supporter les frais !», s’égosille, avec ironie, une source proche du président.

Pour effectuer les dépenses relatives aux vidanges, les responsables du CES ont puisé dans des fonds destinés à l'entretien et au nettoyage des locaux de cette institution. Le 17 février 2011, le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget, François Marie Didier Zoundi, avait autorisé à cet effet, par décision N°2011-279/MEF/CAB, le virement de 15 millions de francs CFA. Cette somme a été déposée sur le compte du CES. Qu’a-t-on fait de cet argent ? La réponse, la voici: elle a, entre autres, servi aux vidanges de fosses septiques et à l'élagage d'arbre au domicile de Thomas Sanon. Voici, par exemple, l'attestation établie, à ce sujet, le 15 juillet 2011, par le "Monsieur Finances" du CES, Albert Béremwidougou:"Je, soussigné, chef du Département des affaires administratives et financières (DAAF) du Conseil économique et social, atteste que la société SONAC a effectivement assuré la vidange de fosses sceptiques et l'élagage d'arbres au domicile de Mr le Président du CES, pour un montant de cent soixante quatorze mille cinquante (174 050) francs CFA. En foi de quoi, la présente attestation est établie pour servir et valoir ce que de droit". Et comme il fallait s’y attendre, ce document a servi à se faire payer sans problème. Mais aujourd'hui, l’étau se resserre autour du président: de nombreux travailleurs estiment qu'il faut impérativement faire la lumière sur cette affaire. Surtout que les «odeurs nauséabondes» qui se dégagent du CES ne proviennent pas uniquement des opérations de vidanges des fosses sceptiques. Il y a d'autres affaires pas claires dans la maison. Nous y reviendrons.

Fanta TRAORE  

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