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SankarrrrraLes jeunes sont décidés à jouer leur partition dans le jeu politique. L’un d’entre eux, né le 15 octobre 1987, le jour où le Président Sankara a été assassiné, a décidé de briser le silence. Il nous a fait parvenir cette note.

J’ai lu avec attention et intérêt dans la presse et sur les réseaux sociaux des articles relatifs à la conférence de presse du frère Christian Boglo, tenue le 24 février dernier, à Ouagadougou. Il ressort de ces écrits que selon les visions du frère Boglo, « le président qui sera élu lors de l’élection présidentielle, sera un jeune. Il n’aura pas plus de 50 ans et il sera un homme intègre comme Thomas Sankara et Patrice Lumumba. Il n’aura pas de relations avec la France, car la françafrique est terminée».

En réaction à cette déclaration, l’ex-député Sanfo de l’UNIR/PS pense que son parti se retrouve bien dans le profil de cette vision. En effet, l’UNIR/PS est l’un des rares partis politiques qui est resté constant dans l’opposition et qui ne s’est jamais compromis avec le régime de Blaise Compaoré. Mais le seul handicap de ce parti est que son candidat naturel Me Sankara Bénéwendé, même s’il est jeune, a plus de 50 ans.

Sans vouloir tomber dans la superstition, j’ai trouvé que cette révélation relève peut-être d’une volonté divine, mais aussi elle peut être interprétée comme le fruit d’une analyse objective de la scène politique.

Pour ceux qui sont superstitieux et qui croient au frère Boglo, il faut rechercher le profil du futur président chez les jeunes âgés de 50 ans tout au plus. Les états-majors des partis devront donc se mettre à la prospection.

Parmi les candidats déjà annoncés, seul le candidat du PAREN a moins de 50 ans. Il est jeune et il est intègre. Même si lui n’a jamais collaboré avec Blaise Compaoré, l’ex président de son parti, le Pr Bado Laurent, a reçu les mânes de Compaoré. Cette malédiction (d’après Boglo) va-t-elle ternir les chances de succès du jeune Barry ? Attendons de voir.

Les autres candidats déjà annoncés sont tous disqualifiés selon le frère Boglo. Il s’agit de :

- Rock Marc Christian Kaboré ; il a plus de 50 ans et a déjà collaboré avec Blaise Compaoré. Il fut son Premier ministre et son président de l’Assemblée nationale ;

- Zéphirin Diabré ; il a plus de 50 ans et a déjà été le ministre des Finances de Blaise Compaoré ; il est par ailleurs considéré comme un élément de la France;

- Ablassé Ouédraogo ; il a plus de 50 ans et a été le ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré et est également proche des institutions internationales et donc de la France ;

- Djibrill Bassolé ; il a plus de 50 ans et a été le dernier ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, responsable de la loge de la Franc-maçonnerie. Il a lui aussi un lien avec la France sinon tout au moins la Fran-maçonnerie française qui influence fortement les politiques en Afrique;

- Yacouba Ouédraogo ; il a plus de 50 ans et a été le ministre des Sports et des Loisirs de Blaise Compaoré et ancien militaire ;

Les partis qui n’ont pas encore désigné leur candidat tels que les sankaristes pourront-ils trouver un candidat qui répond au profil du frère Boglo ? Wait and see.

Il me revient que les sankaristes, certains partis progressistes et certaines organisations de la société civile seront en convention les 21 et 22 mars 2015 pour désigner leur candidat consensuel. La convention fera-t-elle le choix d’un jeune qui réponde aux critères du frère Boglo ?

Bien plus qu’une simple superstition, il y a des éléments objectifs pour soutenir la thèse du frère Boglo :

- La jeunesse de moins de 50 ans représente plus de 80% du fichier électoral. Il suffira donc qu’elle se reconnaisse en un candidat pour se déterminer à prendre son destin en main.

- Il n’y a plus de place au Burkina pour les personnes qui manquent d’intégrité ; la volonté et le désir du changement sont si profonds que le peuple ne commettra pas l’erreur de reconduire à la tête du pays un corrompu à la solde de l’impérialisme français.

- Les sankaristes et les autres forces politiques qui n’ont jamais collaboré avec le régime corrompu de Blaise Compaoré sont les seuls capables de faire la rupture et de proposer une véritable alternative à notre peuple.

Pour toutes ces raisons objectives, la vision de Boglo semble être la solution pour le salut de notre peuple.

Bref, cette convention gagnerait à porter son choix sur un jeune intègre, capable non seulement de faire l’unanimité au sein des sankaristes, mais aussi de faire la sympathie de la jeunesse burkinabè dans toutes ses composantes. Cela aura pour avantage non seulement de s’assurer les voies des militants et sympathisants sankaristes mais aussi d’attirer vers lui toute cette jeunesse en quête d’un repère.

Un autre avantage non moins important sera une aubaine offerte aux sankaristes de pouvoir préparer la relève si 2015 venait à leur échapper. Il ne faut pas attendre de s’affaiblir avant de préparer un successeur ; ce fut l’erreur de Blaise. Cette relève, à mon humble avis, peut être portée par un jeune qui n’a pas été acteur des différentes divisions auxquelles nous avons tristement assistés jusque-là.

Mon regard se porte naïvement sur l’ex-député Bassière Nestor, vice-président de l’UNIR/PS, sur le député Alexandre Sankara, sur Tougouma Ignace, sur Me Farama Ambroise, ou encore le conseiller Zabré Edouard.

Il y a sans doute bien d’autres jeunes au sein de ce regroupement qui remplissent le profil. Mais le profil idéal, à mon humble avis, reste celui d’un jeune, connu de la jeunesse et du peuple burkinabè, pour son intégrité et son refus de collaborer avec le système Compaoré. En plus, il devra être porteur d’un programme de gouvernement réaliste qui prend en compte les aspirations profondes de notre peuple et plus particulièrement de sa frange jeune.

C’est à ce prix que la révolte des 30 et 31 octobre ne sera pas volée à la jeunesse en lutte. Je suis né le 15 octobre 1987, le jour où le Président Sankara a été assassiné. Aujourd’hui, mon vœu le plus cher est que les valeurs qu’il a prônées soient ravivées de plus belle et que la jeunesse porte très haut le flambeau et l’héritage qu’il nous a légués. J’y crois, de tout mon cœur.

Freedom KABORE

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