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Oui, vous avez le droit de savoir !

Bognessan Arsne Y

L’information a pratiquement été prise en otage. Et cela s’est ressenti dans la presse: «Rien n’a filtré», «Mystère sur le contenu du rapport», «Suspense total». «Du contenu du document ? Top secret. Au nom d’une prétendue ‘bienséance’, ni le ministre en charge des réformes politiques, ni aucun membre du groupe de réflexion n’a pipé mot». Ainsi, tous les articles de presse, publiés après la remise du «rapport d’étape circonstancié sur l’opérationnalisation du Sénat», au chef de l’Etat, sont restés muets sur le contenu de ce document très attendu. Et à juste raison. Le discours du président du Comité de suivi et d’évaluation des réformes politiques, Bongnessan Arsène Yé, prononcé, le 30 août, pendant la cérémonie de remise du rapport, était creux et même très creux.

Absolument rien sur le contenu du rapport. Il s’est même permis de balancer cette phrase droit dans les yeux des journalistes qui l’ont approché, à l’issue de la cérémonie, pour avoir des précisions : «Vous vous trompez d’interlocuteur. Je pense que la bienséance ne m’autorise pas à vous dévoiler dès ce soir le contenu de ce rapport. Quand quelqu’un vous demande un rapport, quand vous lui remettez, vous lui donnez le soin de lire ce rapport avant d’en dévoiler le contenu à l’opinion publique». Et voici les micros des journalistes qui se dirigent, cette fois, vers Blaise Compaoré. Mais lui aussi a botté en touche. «Après !», a-t-il affirmé avant d’entrer dans sa résidence pour des discussions à huis clos avec les membres du Comité. «Après» ? Non, il ne reviendra plus vers les journalistes. C’est plutôt l’un de ses chargés de communication qui a transmis à la presse le message du Président: «Le patron ne va pas parler aujourd’hui», a-t-il lâché. Et voilà ! Plus rien. Le rapport de seize pages, produit sur instruction du président du Faso, est pour le moment gardé «top secret». Les membres du comité ont été priés de ne pas parler des conclusions des travaux de la session extraordinaire, tant que le «patron» lui-même n’a pas déballé la stratégie qu’il doit annoncer aux Burkinabè. Tous les regards sont donc tournés vers la Présidence du Faso. Que concocte Blaise Compaoré ? Mystère et boule de gomme.

Nous avons cependant réussi à obtenir une copie du document qui lui a été remis le 30 août. De même que les propositions et recommandations des différentes composantes du Comité de suivi et d’évaluation des réformes politiques. Au regard du mystère créé autour de ce rapport par le président du Faso et le ministre chargé des Relations avec les institutions et des réformes politiques, nous avons décidé de publier ces documents dans cette «édition spéciale». L’information est un droit. Il n’y a pas de raison qu’on la prenne en otage.

Hervé TAOKO

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