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Les larmes silencieuses des malades

SidaMais où est passé l’Etat ? 250 malades du Sida sont dans une situation particulièrement critique. L’Etat aurait pu renforcer la prise en charge de ces personnes indigentes en déboursant 19 206 000 FCFA. Mais il hésite à mettre la main à la poche. Les responsables du Fonds de solidarité envers les malades et orphelins du Sida (FSMOS) ont pourtant tiré la sonnette d’alarme. Cette structure doit faire face à une situation critique. Et avait, de ce fait, exprimé, pour l’exercice 2011, des besoins financiers supplémentaires de 25 000 000 FCFA. Mais, malgré son insistance, sa requête n’a pas été inscrite dans le budget de l’Etat. Dans ces 25 millions, 10 000 000 FCFA devaient servir à renforcer la prise en charge médicale de 140 PVVIH indigentes au niveau de l’ensemble des hôpitaux publics du pays. Mais comme l’argent n’a pas été déboursé, les malades ont passé une année particulièrement difficile. 10 autres millions devaient servir à renforcer l’autonomie de sept structures de prise en charge. Il s’agissait précisément de financer des activités génératrices de revenus afin de contribuer à la réinsertion sociale des personnes concernées et de disposer de ressources autonomes susceptibles de permettre à ces structures d’assurer «un minimum d’activités de prises en charge». Mais là aussi, l’Etat n’a pas donné de suite favorable à cette requête. Et ce n’est pas tout: Le Fonds de solidarité envers les malades et orphelins du Sida avait besoin de 5000 000 FCFA pour appuyer l’organisation de l’édition 2011 du SIDATHON, une initiative de la société civile en faveur des personnes infectées ou affectées par le VIH. Mais là aussi, l’Etat n’a pas daigné délier le cordon de la bourse. Si bien que le Fonds s’est retrouvé en difficulté financière en 2011. Son budget initial (117 571 000 FCFA) ne lui a pas permis de faire face à toutes les charges, tellement elles sont énormes.

Le hic, c’est qu’il n’est pas au bout de ses peines. Les malades et orphelins du Sida non plus. Les problèmes financiers se poseront encore en 2012. Cette fois, les besoins supplémentaires pour faire face à la situation d’urgence sont estimés à 19 206 000 FCFA. L’Assemblée nationale a été saisie, mais elle n’a inscrit ce besoin financier dans le budget de l’Etat. Cette somme était pourtant prévue pour renforcer la prise en charge médicale de 250 PVVIH indigentes, l’autonomie de six structures de prises en charge et soutenir l’édition 2012 du SIDATHON. Mais ça risque d’être la croix et la bannière. Déjà, certains malades pointent un doigt accusateur sur l’Etat, l’accusant de ne pas s’investir pleinement pour leur survie.

Cette grogne ne date pas d’aujourd’hui. En 2008, les malades et les orphelins du Sida avaient exprimé leur mécontentement. Même au sein du Fonds, la tension était montée d’un cran. La deuxième tranche de la subvention (46 750 000 FCFA), annoncée en grande pompe et applaudie par les acteurs de terrain, n’a finalement pas été débloquée par l’Etat. Les fonds ont été gelés et les crédits correspondants annulés. Compromettant ainsi la mise en œuvre de la deuxième partie du plan d’action. Et privant, du même coup, les membres du comité de gestion, l’agent comptable et le contrôleur financier de leur rémunération annuelle. Cette dernière, estimée à 2 670 000 FCFA, devait être versée au cours des deuxième et troisième trimestres de 2008.

Un autre incident financier s’est produit en 2009. Cette année-là, la subvention totale était de 115 000 000 FCFA. La première tranche (57 500 000 FCFA) a été virée, utilisée et justifiée. Mais sur les 57 500 000 FCFA restants, seuls 24 500 000 FCFA ont été virés pratiquement en fin d’année, faisant ainsi chambouler une bonne partie des activités programmées. On ne sait pas ce qu’est devenue l’autre partie des fonds.

Si bien que la plupart des malades ne bénéficient pas d’un paquet complet de prise en charge. «En l’absence de ressources suffisantes, les structures choisissent généralement, quand c’est possible, de répartir le disponible entre les cibles, plutôt que d’assurer le paquet complet de prestations au profit d’un groupe plus réduit». Cet aveu figure dans un document retrouvé dans un tiroir du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST. Selon des sources dignes de foi, la situation pourrait davantage se compliquer en 2012. Les malades et les orphelins, de plus en plus inquiets, ont le regard tourné vers l’Etat. Seront-ils entendus par le Président Compaoré, président du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST ? Affaire à suivre.

 

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