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Vers une réouverture du dossier

conf presse

Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) salue une «victoire d’étape» dans l’affaire Norbert Zongo, suite à l’arrêt rendu par la Cour africaine des droits de l’homme (CADH). Le 2 avril dernier, le président du MBDHP, Chrysogome Zougmoré et les avocats de la famille Zongo (Maîtres Bénéwendé Sankara et Prosper Farama), ont apprécié le contenu de cet arrêt.

L’arrêt rendu à Arusha en Tanzanie met à nue les lacunes de la justice et de l’Etat burkinabè dans le traitement de l’affaire Norbert Zongo et ses trois compagnons. Cela, à travers trois observations majeures. D’abord, huit années se sont écoulées depuis les premières investigations jusqu’à l’ordonnance du fameux «non-lieu», délivrée en 2006. Huit ans, c’est trop, estime la Cour africaine des droits de l’homme qui dénonce ensuite le fait que les autorités du Burkina Faso n’aient pas pris la peine d’explorer les pistes pertinentes identifiées dans le rapport de la Commission d’enquête indépendante, pour une éventuelle réouverture du dossier. L’arrêt d’Arusha dénonce également le «non-lieu» prononcé en 2006 pour disculper le principal inculpé. Cela a été saisi par l’Etat burkinabè comme un motif pour classer le dossier sans suite, alors qu’il avait la possibilité, d’après la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, d’entreprendre d’autres investigations.

Pour toutes ces raisons, la CADH retient contre l’Etat du Burkina Faso, un délit de violation des droits des familles Zongo, Ilboudo et Nikiéma - dont des membres ont été tragiquement tués le 13 décembre 1998 près de Sapouy -, par la Justice burkinabè. C’est en cela que le président du MBDHP parle de «désaveu cinglant d’attitude et de pratique négatives de la Justice burkinabè», à l’analyse de l’arrêt d’Arusha, aussi bien dans son esprit que dans sa lettre. Et Chrysogone Zougmoré de s’indigner contre une «justice burkinabè aux ordres qui refuse de dire le droit, juste dans le but de protéger les puissants du moment».

Maintenant que le droit est dit depuis la Tanzanie, le MBDHP et les avocats, Me Bénéwendé Sankara et Me Prosper Farama, qui défendent les familles endeuillées suite à la tragédie du 13 décembre 1998, s’attendent à ce que l’Etat du Burkina Faso tire les meilleures leçons de cet arrêt (qui est exécutoire) afin de procéder à la réouverture diligente du dossier Norbert Zongo.

Mais tout ceci ne constitue en réalité qu’une « victoire d’étape » aux yeux des défenseurs du journaliste d’investigation assassiné le 13 décembre 1998. Car, ils en sont conscients, le chemin reste long et périlleux pour aboutir à l’identification des commanditaires et des exécutants du drame de Sapouy. Pour l’heure, il est question de mettre la pression sur l’Etat burkinabè afin qu’il respecte ses engagements vis-à-vis de la charte de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qu’il a dûment ratifié. Ce travail sera fait, promesse du MBDHP, dès lors que le Cour leur aura officiellement notifié son arrêt.

Par Paul-Miki ROAMBA

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