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usaL’ambassadeur des Etas Unis auprès des Nations Unies à Rome, David Lane, a achevé Vendredi 20 Septembre une tournée de cinq jours au Burkina Faso où il a rencontré des agriculteurs, des responsables gouvernementaux et des représentants des programmes non-gouvernementaux qui travaillent à améliorer la sécurité alimentaire. Au cours de cette tournée, il a visité les sites parrainés par l'Agence américaine pour le développement international (USAID), le Millennium Challenge Corporation (MCC), le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) et leurs partenaires.

Cinq journalistes internationaux ont accompagné l'ambassadeur dans les villages à travers le pays, constatant ainsi les défis qu’affrontent les agriculteurs et les approches innovatrices qui les aident à lutter contre la pauvreté et à améliorer la santé et la nutrition de leurs familles.

Ces journalistes ont été rejoints par de nombreux autres journalistes locaux au cours de cette tournée et feront part des défis et des succès du Burkina Faso en matière de développement agricole avec leurs lecteurs du Mali, Ghana, Côte d'Ivoire et Niger.

Les défis sont nombreux. Le Burkina Faso se classe 181 sur 187 sur l'Indice de développement humain des Nations Unies. Environ 47 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et un quart des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition. Quatre-vingt pour cent de la population travaille dans l'agriculture, principalement l'agriculture de petites parcelles sans irrigation.

Cependant, aussi grand que sont les défis, les progrès et le potentiel étaient tout aussi visible. Des approches novatrices combinées pour la relance et l'adaptation des pratiques traditionnelles efficaces ont augmenté les rendements des agriculteurs, tout en améliorant la fertilité des sols pour l'avenir. Les agriculteurs et leurs familles ont décrit comment ces programmes ont amélioré leur sécurité alimentaire, leur nutrition et les conditions économiques.

En expliquant pourquoi le voyage était si important, l’Ambassadeur Lane a déclaré ’’le Président américain Barack Obama a accordé une grande priorité à l’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim’’. Au fil des années, nous avons appris beaucoup de choses sur ce qui est nécessaire pour accroître la productivité agricole et assurer l'accès à des aliments sains et nutritifs. Ce voyage m'a permis de voir comment cette connaissance est mise en pratique au Burkina Faso. "

Leçons apprises

Parmi les nombreuses leçons apprises, quatre d’entre elles se démarquent:

  • Un standard ne convient pas à tous. Comme beaucoup de pays africains, le terrain et les conditions des sols du Burkina Faso varient. Ainsi donc, différentes approches doivent être adaptées à chaque endroit. Aux petits projets pour améliorer la fertilité des sols et la gestion de l'eau au niveau d’un village, s’ajoutent le développement d’infrastructures pour améliorer les conditions de la région même.
  • Améliorer la résilience des agriculteurs - la capacité de survivre et même de prospérer malgré les chocs climatiques - est un composant essentiel au développement. Le Burkina Faso est assujetti à des sécheresses et inondations occasionnelles; et ces derniers temps les agriculteurs ont constaté que la saison des pluies est devenue encore moins prévisible que par le passé. Cette année, les pluies ont commencé tôt, mais ont ensuite disparu pendant deux mois avant de reprendre. Les cultures et les méthodes de culture qui sont capables de résister à ces conditions sont essentielles.
  • La malnutrition, en particulier lors des premières années de croissance d’un enfant, a des conséquences irrémédiables sur les facultés physiques et mentales, privant le pays de leaders potentiels. Avec plus de 65 pour cent de la population du Burkina Faso âgée de moins de 25 ans, assurer une bonne santé et une alimentation saine garantie également à long terme la prospérité de la nation.
  • Les femmes doivent faire partie intégrante de toute solution. Plus de la moitié des agriculteurs du Burkina Faso sont des femmes, mais elles cultivent le plus souvent des terres dégradées avec peu d'outils et d'intrants de qualité inférieure tels que les semences et les engrais. Tous les efforts visant à améliorer la production agricole doivent inclure des stratégies pour augmenter les capacités de productrices et de commerçantes.

Les programmes visités par l'ambassadeur Lane et les journalistes ont donné des exemples de travaux novateurs dans chacun des domaines suivants:

Diversité des approches

Semences améliorées, nouvelles pratiques de plantation et pompes d’irrigation alimentées par des bicyclettes pour l'irrigation ne sont que quelques exemples qui ont amélioré le rendement des cultures dans les exploitations visitées par la délégation.

Avec l'appui du FIDA, de la FAO et du PAM, les habitants de Goubi ont enrichis 20 hectares de champs de riz.

Dix-sept dirigeants locaux, dont huit femmes, décident de la répartition de la terre entre les villageois et lesquels intrants à utiliser. Avant son développement, cette terre produisait en moyenne 500 kg de riz par hectare. Maintenant, la même terre produit 3500 kg par hectare.

Le développement a entraîné une plus grande sécurité alimentaire, un élargissement des possibilités financières et une augmentation du nombre de femmes propriétaires de leur terre privée. Une agricultrice locale, du nom de Nocré Abzeta, a expliqué qu’elle pouvait à présent largement nourrir sa famille. Cette année, avec le surplus qu’elle a vendu, elle a acheté un vélo à son fils pour qu’il aille à l'école. Toutefois, elle a encore de plus grands plans et se réjouit d’avoir maintenant accès à un plus grand marché afin d’obtenir de meilleurs prix pour les récoltes.

En réintroduisant le Zai, une pratique de plantation traditionnelle sous une forme nouvelle qui consiste à espacer les plantes et à fertiliser chaque plante séparément avec un engrais organique, les bénéficiaires de l'USAID à Koudiere ont augmenté de 250% le rendement du sorgho et du mil, tout en diminuant leur engrais et améliorant considérablement la fertilité des terres dégradées.

Sombo Kaburi, l'un des premiers agriculteurs à avoir essayé cette nouvelle approche, a déclaré qu’initialement de nombreux agriculteurs étaient résistants face à ces nouvelles idées, mais ont été convaincus par la suite face aux résultats.

Par ailleurs, dans le cadre du Millennium Challenge Compact au Burkina Faso avec les États-Unis d’une valeur de $481.000.000, les agriculteurs ont réhabilité et amélioré un système d'irrigation régionale à Di et de la vallée du Sourou, ayant pour conséquence une amélioration des rendements agricoles accrus sur 2240 hectares.

La construction de routes augmente la capacité des agriculteurs à tirer profit de ces améliorations en leur permettant d’apporter leurs produits excédentaires sur le marché. Bien que le projet ait nécessité un grand apport initial du MCC, la clé du succès à long terme du programme demeure les agriculteurs locaux. En formant des Associations d'usagers de l'eau, ils ont appris à maintenir le système et ont assumé la responsabilité de la gestion de leurs propres ressources en eau.

Résiliance

L’USAID met l'accent sur une agriculture intelligente face au climat comme un moyen d'aider les agriculteurs non seulement à nourrir leurs familles mais à produire et à vendre un surplus, en dépit des aléas du temps. Par exemple, les agriculteurs dans le village de Wattigué ont construit des digues autour de leurs champs afin d'accroître leur capacité à gérer l'eau nécessaire pour produire du riz de haute qualité. L’USAID a fourni les outils et la formation en vue de construire une digue efficiente et le PAM a rémunéré les villageois pour les travaux de construction. Les champs retiennent l'eau plus longtemps, et sont faciles aussi à drainer en cas de pluies abondantes.

Dans l'étape suivante, des forages seront ajoutés de sorte que l'irrigation puisse continuer pendant la saison sèche. Un des bénéficiaires, Dominique, a expliqué que pour la première fois de sa vie, elle peut récolter assez de riz pour nourrir à la fois sa famille et vendre le surplus pour couvrir les frais médicaux de la famille.

Nutrition

Bien que le développement à long terme soit l'objectif de tous les efforts déployés par les États-Unis et les Nations Unies, de nombreux enfants du Burkina Faso ont besoin de soutien alimentaire. La Clinique de santé d’Arbollé (projet du PAM) traite les enfants souffrant de malnutrition, ainsi que les femmes enceintes et les mères allaitantes. Plus de 10 pour cent des enfants de moins de cinq ans et dans les 13 villages de la Commune souffrent de malnutrition.

À la clinique, les enfants sont pesés et mesurés; du Plumpy'Sup, du CSB et des compléments alimentaires sont administrés à ceux de entre 6 mois et 5 ans qui souffrent de malnutrition. Les femmes enceintes et allaitantes reçoivent également des compléments alimentaires, auxquels s’ajoute une formation sur l’usage des compléments afin de maximiser les bienfaits. Sur les 267 enfants traités à la clinique cette année, 138 ont atteint un poids acceptable. Les visites régulières à la clinique permettent d'assurer une alimentation bénéfique.

L’USAID porte cet effort au niveau suivant, pour aider les mères elles-mêmes à s’assurer de la bonne alimentation de toute leur famille. Les femmes du projet FASO de l'USAID forment des groupes de soins, et des Mères Leaders sont élues et formées pour enseigner à d'autres mères comment garantir un régime alimentaire sain et nourrissant. Les Mères Leaders ont déjà partagé les messages importants concernant la santé et la nutrition avec plus de 43.650 femmes burkinabè.. Le groupe de soins de Wattigué a franchi une étape supplémentaire. Une mère a décrit comment son groupe de soins combine les céréales et les légumineuses cultivées localement pour créer une bouillie riche en nutriments pour les enfants.

En 2013, avec l'aide de cette alimentation riche en nutriments d'origine locale, le pourcentage d'enfants ayant suivi un régime alimentaire nutritif adéquat a plus que triplé. En remplaçant les compléments offerts par les organismes donateurs avec leur propre produit tout aussi nutritif, les bienfaits pour la santé continueront au-delà de la fin du projet.

Lors du récent Sommet Etats Unis-Afrique, le président américain Barack Obama a réaffirmé son engagement à soutenir la croissance économique en Afrique, mais a souligné également que les décisions sur la façon d’y parvenir doivent être faites sur le terrain: ’’En fin de compte, la prospérité de l'Afrique dépend de sa plus grande ressource : son peuple. ’’. L’Ambassadeur Lane a ajouté, "La prospérité du Burkina Faso dépend des burkinabè, et la prospérité de chaque village dépend de ses propres citoyens. Après avoir vu le travail, la créativité, la détermination de ces villageois, je suis convaincu que le Burkina Faso a un avenir brillant et prospère."

Pour en savoir plus sur les projets visités par l'ambassadeur Lane et ses collègues, visitez la Mission des États-Unis pour les agences des Nations Unies sur sa page Facebook de https://www.facebook.com/pages/US-Mission-to-the-United-Nations-Agencies-in-Rome/201163534554

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