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DSC 0042La Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) ne sera pas en mesure d’approvisionner convenablement ses clients. Au cours d’un point de presse le 9 mars, le Directeur général a annoncé un déficit journalier de 50 Mégawatts (MW) pendant la période de pointe. La suspension de l’approvisionnement des auto-producteurs d’électricité est envisagée par la SONABEL.

Le Burkina Faso est en période de pointe en matière de consommation d’électricité. Du fait de la canicule, la demande devient très forte. Mais depuis plusieurs années, les offres de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Cette année encore, la SONABEL fait face, impuissante, à cette situation. Il y a un déficit d’électricité. Et pas des moindres. « Le déficit de cette année est de 50 Mégawatts (MW) », a révélé le Directeur général de la SONABEL, François de Salle Ouédraogo.

Le DG donne les raisons de ce déficit. Il pointe du doigt le projet d’interconnexion Bolgatanga (Ghana)-Ouagadougou qui devrait pallier ce déficit. Malheureusement, dit-il, les travaux ne sont pas encore terminés. Il faudra attendre mai 2018. « Nos dernières visites de chantier chez le partenaire ghanéen indiquent que les travaux ne seront pas terminés avant mai 2018 », confie François de Salle Ouédraogo. L’interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou devrait satisfaire, selon les responsables de la SONABEL, 25% de la demande actuelle d’énergie du Burkina Faso. Soit 100 MW. L’aboutissement de ce projet aurait donc, selon eux, comblé le besoin de 50 MW. La partie burkinabè aurait terminé ses travaux depuis décembre 2017, selon les responsables de la Nationale d’électricité.

L’autre raison du déficit actuel est la faible pluviométrie observée cette année, indique le DG de la SONABEL. Les barrages ne sont pas remplis. Cela diminue, ajoute-t-il, leur contribution pendant la période de pointe.

Quel apport de la Centrale solaire de Zagtouli ?

Lors de la cérémonie d’inauguration de la Centrale solaire photovoltaïque de 33,7 Mégawatt-crête (MWc) à Zagtouli, le DG avait indiqué qu’elle représenterait 5% de la production nationale. Elle devrait aussi injecter sur le réseau SONABEL 56 GWh par an. Mais elle ne peut pas satisfaire le déficit pendant la période de pointe. « Son appoint ne sera perceptible que dans la journée », souligne François de Salle Ouédraogo. Et il s’explique : « C’est une Centrale qui fonctionne avec le soleil. Quand il n’y a pas de soleil, la Centrale s’arrête. Elle n’est pas équipée de technologies qui permettent de stocker l’énergie. Ces technologies coûtent cher. Mais nous sommes en train de nous préparer pour voir dans quelle mesure nous pourrons les acquérir pour le stockage ».

Comment rendre disponible l’électricité pendant cette période ? La SONABEL entend suspendre l’approvisionnement en électricité des auto-producteurs. Ce sont les clients qui disposent d’installations électriques autonomes et qui peuvent fonctionner sans l’apport de la SONABEL. Le DG reconnait que cela deviendrait plus coûteux pour ces clients. Il s’agit généralement de grandes entreprises à grande consommation d’électricité. « Si ces auto-producteurs, qui sont raccordés au réseau, s’effacent pendant les périodes critiques, cela nous permettrait de disposer d’une vingtaine (20 à 25) de MW qui peuvent être mis à profit pour juguler le déficit », explique-t-il. Ils seraient déjà mis au courant de cette mesure. Et ils auraient même accepté le principe, sans contrepartie, selon les responsables de la SONABEL. C’est la toute première fois que la SONABEL, selon eux, intègre cette mesure dans la gestion des périodes de pointe au Burkina.

D’autres dispositions seront aussi prises pour réduire le déficit. Une campagne de communication sur le déficit prévisionnel, « l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’énergie » sera lancée. La SONABEL veut aussi collaborer avec les auto-producteurs, renforcer la sécurisation de l’approvisionnement des centrales en combustibles. Elle annonce également vouloir « sécuriser et fiabiliser les réseaux de transport et de distribution ».

Les usagers de l’électricité aussi pourraient concourir à l’économie de l’énergie. « Il est important que l’ensemble des usagers de l’électricité se sentent concernés par la situation en ayant des réflexes d’économie d’énergie », suggère le DG. Des programmes de délestage, évolutifs en fonction de l’offre, seront publiés pour informer les clients.

La SONABEL rassure ses clients qu’elle mettra tout en œuvre pour que « l’impact du déficit soit moins que les autres années ».

Le Burkina Faso connait une électrification de 19%. L’interconnexion avec la Côte d’Ivoire rapporte 70 MW à la SONABEL. Le taux de croissance annuel de la demande en électricité du Burkina est évalué à 13%.

Par Lomoussa BAZOUN

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