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SYLVIE PHOTOFace à la vague de contestations chez certains importateurs et exportateurs de marchandises, depuis l’entrée en phase expérimentale du Système de Liaison Virtuelle des opérations d’Importation et d’Exportation (SYLVIE), la société de gestion de SYLVIE (SOGESY) a rencontré les journalistes le 31 mars dernier, à Ouagadougou. Elle a ainsi expliqué, de concert avec la Direction générale des douanes, Cotecna et le ministère du Commerce, le mode d’emploi de cette plateforme, avant de préciser que seuls les commerçants qui avaient pris goût à feinter les taxes douanières n’aiment pas SYLVIE.

 

La plateforme du Système de liaison virtuelle pour les opérations d’importation et d’exportation  (SYLVIE), officiellement lancée le 16 février 2016 par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, vise  à réduire les délais et les coûts des opérations de pré-dédouanement  des marchandises au Burkina Faso et à faciliter ainsi la tâche aux opérateurs économiques. Face aux journalistes et via PowerPoint, les techniciens de la SOGESY ont expliqué, dans les détails, le mode d’emploi de cette plateforme électronique qui relève de la dernière technologie. Elle se présente comme un outil innovant, un guichet électronique unique, qui permet aux importateurs et exportateurs de réduire les multiples courses auxquelles ils étaient soumis pour réunir les documents nécessaires aux opérations de dédouanement des marchandises. Car SYLVIE interconnecte tous les acteurs du commerce extérieur impliqués dans la délivrance des certificats, autorisations et attestations nécessaires pour les formalités. Le Directeur général des douanes, Adama Sawadogo, insiste par ailleurs sur le fait que cette nouvelle technologie permet de réduire de façon substantielle les fraudes et la corruption dans les opérations de dédouanement. Elle facilite et rationalise également la collecte des taxes par l’administration douanière.

 

NOUVELLE PHOTO DOUANEMais, alors que l’avènement de SYLVIE est applaudi par l’ensemble des parties prenantes (Douane, COTECNA, ministère du Commerce, Chambre du commerce, SOGESY, de même que la plupart des industriels), certains commerçants l’accueillent froidement. Selon eux, sa mise en œuvre va inéluctablement induire une augmentation des prix des produits importés. C’est justement pour battre en brèche cette idée, qui a d’ailleurs donné lieu à des mouvements d’humeurs chez certains importateurs, que le conseil d’administration de la Société de gestion de SYLVIE a tenu à donner l’ «information juste» aux journalistes. Et en réponse à la préoccupation relative à un éventuel renchérissement des prix des marchandises évoqué par les détracteurs de la plateforme, le DG des douanes s’est dit surpris et a rappelé qu’un communiqué conjoint  du ministre chargé de l’Economie et de son homologue en charge du Commerce, a annoncé un moratoire de trois mois  pour compter du 1er février 2016. C'est dire donc que jusqu’au début du mois d’avril 2016, les documents SYLVIE  requis pour les formalités de pré-dédouanement,  notamment la déclaration préalable  d’importation, l’autorisation de change, l’autorisation d’importation  et le certificat  d’assurance sont délivrés gratuitement. Et pendant la même période d’essai pour ce qui est de la mise en œuvre de SYLVIE, l’administration douanière  acceptera à la fois les documents manuels et les documents SYLVIE (électroniques).  « Comment donc peut-on dès maintenant parler de renchérissement des produits importés par la faute d’une plateforme qui n’est pas encore totalement opérationnelle, encore moins obligatoire ? », s’est interrogé le Directeur général de la SOGESY, Daouda Garané.

 

Il apparait donc clairement aux yeux des animateurs du point de presse que les opérateurs économiques qui se méfient de SYLVIE sont justement ceux qui ne veulent pas payer le juste impôt et qui avaient pris goût à contourner les guichets officiels de dédouanement. Le DG des douanes en veut pour preuve le fait que le groupement des industriels, qui a applaudi l’arrivée de cette nouvelle technologie, a même signé une déclaration à travers laquelle il salue la fin de la concurrence déloyale dans les opérations de dédouanement. Le PCA de la SOGESY invite donc l’ensemble des opérateurs économiques à adopter SYLVIE et à se conformer à cette nouvelle donne dans le monde des affaires, qui fait partie, dit-il, des innovations technologiques avec lesquelles il faut désormais compter.

 

Par Paul-Miki ROAMBA

 

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Conditions d’accès à SYLVIE

 

Pour accompagner la mise en route de la plateforme SYLVIE,  la SOGESY a mis en place un centre de facilitation situé à Ouaga 2000, derrière le  Palais des sports. Et un autre au port sec de Bobo-Dioulasso. Ces deux centres visent à assister les opérateurs qui le souhaitent, contre paiement de la somme de 5000 francs CFA pour les opérations d’importations et de 10 000 francs CFA pour celles d’exportations pour les commerçants ne disposant pas du logiciel. Quant aux banques, aux compagnies d’assurance et autres acteurs, ils  devront payer la somme de 750 000 francs CFA par an pour le logiciel. Les commissionnaires en douane auront le logiciel à 250 000 francs CFA. Les opérateurs économiques qui veulent installer le logiciel devront débourser 300 000 FCFA hors taxe par an pour accéder à la plateforme.

PMR

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