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arba-dialloLe député-maire de Dori, Hama Arba Diallo, président du PDS/Mètba (parti d’opposition) s’en est allé dans la nuit du 30 novembre au 1er octobre. C’est lui qui, en juillet dernier avait brandi le carton rouge contre Blaise Compaoré, s’opposant ainsi farouchement au pouvoir à vie. Il était un militant actif de l’alternance politique. Pratiquement toute sa vie, il s’est investi au profit du «pays des hommes intègres». Il a occupé plusieurs hautes fonctions, tant au plan national qu’international. Parmi ses casquettes, il y a celle de Conseiller du Président Thomas Sankara (entre 1985 et 1987). Voici le regard qu’il a porté sur l’assassinat du leader de la Révolution d’août et l’analyse qu’il faite a des tenants du pouvoir actuel dans une interview accordée, en 2010, au site www.thommassankara.net.

Qu’avez-vous ressenti lorsqu’il a été assassiné ?

J’étais de ceux qui travaillaient au bureau cet après-midi-là, consacré normalement à la séance du sport de masse. J’étais donc au bureau lorsque les coups de feu ont retenti vers 16h au Conseil de l’Entente tout proche. Nous étions un peu intrigués, sans plus. Mais peu de temps après, un militaire chargé de la sécurité à la Présidence est venu nous inviter à rentrer chez nous, sans autre explication. Ce que chacun s’est empressé de faire.

Dans la soirée, vers 18h, j’ai entendu le premier communiqué annonçant la naissance du Front populaire, puis le second qui confirmait que le Président en était le capitaine Blaise Compaoré. C’est seulement le lendemain matin que j’ai appris la mort du Président Sankara. Evidemment, cela m’a touché, car il avait été un temps proche du PAI. Avec la prise du pouvoir, il s’était éloigné de ce parti et avait été jusqu’à laisser les médias d’Etat et les structures du CNR vilipender ce parti à toutes les occasions. Il s’était révélé néanmoins comme un patriote, comme quelqu’un qui voulait vraiment travailler pour changer la situation du pays et celle des plus pauvres. C’était aussi un homme d’une grande intelligence.

La dernière année, il semblait d’ailleurs vouloir revenir sur un certain nombre de méthodes de travail qui l’avaient isolé de beaucoup et avaient écarté de la Révolution divers acteurs. Mais il était maintenant mort, dans des conditions tragiques et brutales, sans que l’on sache véritablement pourquoi, dans un affrontement entre militaires, sans que les civils aient pu quoi que ce soit sur les problèmes qui ont conduit à son assassinat en plein jour.

(…)

Comment caractérisez-vous le pouvoir et le régime actuel ?

Le régime actuel a progressivement évolué jusqu’à être aujourd’hui le pouvoir d’un seul homme, s’appuyant sur une administration entièrement à son service, sur des hommes qui lui sont entièrement soumis, et gouvernant avec essentiellement les hommes et les femmes de son clan familial. Les élections qui se sont déroulées depuis 1991 ont montré que le régime et ses hommes ne reculaient devant aucune fraude ou manipulation pour les gagner. Leur préoccupation semble essentiellement être de garder le pouvoir le plus longtemps possible, et tous les moyens pour cela leur paraissent bons. Le peuple et ses préoccupations quotidiennes sont oubliés dans une telle vision. Son interventionnisme au sein des partis d’opposition, en recourant à la corruption notamment est une de ses méthodes (…)

Lire l’intégralité de l’interview ici : http://www.thomassankara.net/spip.php?article1008

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