Digne d’intérêt : ne scannez pas, ne partagez pas ! Achetez les journaux !

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Digne d’intérêt : ne scannez pas, ne partagez pas ! Achetez les journaux !

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C’est un sujet préoccupant. Et si rien n’est fait, des journaux, surtout d’investigation, risquent de mettre la clé sous le paillasson. Notre confrère Aimé Kobo Nabaloum décrypte ici la situation et lance un appel à tous afin de sauver ces outils essentiels à la démocratie.

 

Bonjour à toutes et à tous ! 

 

Je voudrais d'abord m'excuser car ce que je vais dire peut ne pas plaire et ensuite faire un plaidoyer. 

 

Les versions PDF des journaux, parlons-en ! 

Il faut d'abord savoir qu'aucun journal d'investigation (Le Reporter, Courrier confidentiel, L'Evènement) ne vend la version PDF quand le journal paraît. En réalité, ce sont des individus qui le font au détriment du journal.

 

Alors, comment ils font ?  

 

Dès que le journal est sur le marché, il se trouve des individus qui prennent la version papier (un seul exemplaire), s'asseyent et le scannent en entier pour le partager dans des groupes WhatsApp ou avec un ami, deux amis ; et comme un travail à la chaîne, la version est partagée à des centaines, voire des milliers de personnes à travers les groupes WhatsApp ou des mailings list. 

Conséquence, la perte est énorme pour les médias en question.

 

Imaginez un média qui imprime 4000 exemplaires, et une seule personne scanne un exemplaire qu'elle dispatche dans deux groupes WhatsApp par exemple. Déjà, cela fait près de 500 personnes qui ont le journal scanné par le fait d’un seul individu, et en même temps, près de 500 personnes qui n’achèteront plus le journal. 

Si dans ces deux groupes, seulement une autre personne, par exemple, partage le même exemplaire dans deux autres groupes, imaginez le dommage. 

 

Mon plaidoyer est que vous nous aidiez à arrêter le scannage des journaux. Je me sens triste quand je vois un journal scanné dans un groupe WhatsApp. Tu vois tes efforts réduits à zéro franc par le fait d’un seul individu, de bonne foi ou de mauvaise foi. Ça tue la presse. Ça fait couler des larmes. 

 

Un journal, pour les trois médias cités, ça fait 500 FCFA. Cela peut paraitre énorme pour la bourse d'un Burkinabè, c’est possible, mais ce n’est pas la mer à boire, si on veut l’information et qu’on sait qu’elle a un prix. 

 

Dans nos médias, nous nous retrouvons par mois avec des quantités d’invendus inimaginables. Est-ce à dire que les Burkinabè n’achètent pas les journaux ? Est-ce à dire que les contenus ne sont pas de qualité ? Je n’en sais pas vraiment trop. Mais je sais que ceux qui partagent les versions scannées, ce sont des intellectuels, qui peuvent comprendre le danger derrière pour le média, qui ne sont pas dans le besoin d'un 1000 FCFA chaque mois. 

 

Alors, aidez votre presse à continuer d’exister si tant est qu’elle est un pan important de la vie d’une nation. C’est un cri de cœur que je lance, au moins à vous, à qui je peux parler. Aidez-nous !

 

Aimé Kobo Nabaloum, journaliste, Le Reporter 


Ecrit par Courrier Confidentiel





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