La volte-face de la Présidence du Faso

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La volte-face de la Présidence du Faso

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C’était prévisible. La présidence du Faso vient d’effectuer un revirement spectaculaire. Le document publié par Courrier confidentiel, dans son édition N° 256-257, sur «la feuille de route du chef de l’Etat», a dû faire sursauter certains de leur fauteuil. Dans la haute sphère de cette institution, une source nous a d’abord demandé, à la parution du journal, «comment» nous avons fait pour obtenir ce document jugé «confidentiel», alors qu’il n’avait été soumis qu’à l’appréciation du chef de l’Etat. A y voir de près, ce dernier avait même commencé à mettre en œuvre certains points. Le point 7 par exemple est relatif au drame d’Inata : «Conduire une enquête administrative sur le drame d’Inata». Et le chef de l’Etat l’a repris, dans son discours à la nation, le 25 novembre, tard dans la nuit, aux environs de 23h ! La feuille de route indique qu’il devait annoncer cette mesure au plus tard le 30 novembre 2021. Et il est bien resté dans ce canevas. Il a d’ailleurs reçu le rapport d’enquête sur ce drame (57 morts dont 53 gendarmes et 4 civils), le 14 décembre dernier.

Et ce n’est pas tout. Contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire, il a aussi mis en œuvre le point 2 : «Etoffer l’Inspection générale des forces armées en personnel compétent». Il a signé, à ce sujet, un décret le 25 novembre. Et il a nommé le Colonel-Major Wendwaoga Kéré, Inspecteur général des Forces armées nationales. Ce poste, pourtant stratégique, était jusque-là, pratiquement vide, créant un gros dysfonctionnement au sein de l’Armée.

Les récentes nominations de chefs militaires (le 29 novembre et le 3 décembre) figurent également dans le document (Voir point 12). Autre aspect : «Lancer une opération mains propres pour vider les dossiers pendants de corruption et éclairer toutes les affaires qui polluent le quotidien des Burkinabè». C’est le point 19 du document qui le dit. Et le chef de l’Etat l’a repris dans son discours ! Il a d’ailleurs rencontré, à ce sujet, le premier responsable de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE/LC).

Et il n’y a pas que ça ! Le Président a déclaré, dans son discours du 25 novembre, qu’il allait former une équipe «resserrée et plus soudée». En réalité, il n’a fait que répéter ce que dit le point 18 de la feuille de route : «Constituer une équipe resserrée et plus soudée». Bref, la feuille de route, qui égrène plusieurs autres points, était… bien en route. Et le maitre d’oeuve, c’est bien le Président Kaboré.

Mais ils viennent d’entonner une autre chanson ! Ils prétendent que le document est «le fruit de la réflexion d’un groupe de travail informel». Et qu’«il n’a ni été transmis, ni vu, encore moins amendé et validé par le président du Faso». Tout porte à croire, cependant, qu’ils reconnaissent bel et bien l’existence de ce groupe de travail qui, en réalité, n’est pas si informel que cela. D’ailleurs, ce n’est pas une première. Le chef de l’Etat a souvent fait appel à des compétences internes et externes pour lui produire des réflexions sur des sujets spécifiques. Et c’est visiblement ce qui s’est passé.

La Rédaction



Ecrit par Courrier Confidentiel