CAMPAGNE ELECTORALE DU CDP

7 milliards FCFA collectés, 5 milliards dépensés 

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti au pouvoir) a mis de gros moyens dans la campagne. Environ sept milliards de francs CFA ont été collectés à cet effet. Ces fonds proviennent essentiellement de militants du CDP hautement bien placés dans la «galaxie» politique et dans le monde des affaires. Le parti a également puisé dans sa «caisse de réserve» pour cette campagne dont les enjeux étaient très énormes. Sans oublier la subvention publique de l’Etat (45 681 149,61 FCFA pour les municipales et 5 227 197,45 pour les législatives). Selon nos sources, des fonds seraient également venus de l’extérieur du pays, sans qu’on ne sache exactement combien.

Au plan interne, une grosse partie des contributions provient d’opérateurs économiques burkinabè mais aussi d’hommes d’affaires étrangers établis au Burkina depuis de nombreuses années, et qui comptent engranger de gros marchés. Des ministres et de hauts cadres de l’administration se sont aussi “saignés” pour la cause.

Bref, avec les sept milliards récoltés, le CDP se disait apte à remporter les élections législatives et municipales sans entrave. Sans oublier les moyens personnels dont disposent les “gourous” du parti. Ces derniers se sont lancés, de toutes leurs forces, dans la campagne. La majorité des ministres étaient candidats. Et même ceux qui ne l’étaient pas ont apporté un appui considérable aux candidats du parti. Ils ont pesé dans la balance, en termes de ressoures financières, humaines, matérielles et techniques. Selon le bilan financier provisoire, sur les sept milliards collectés, environ cinq milliards de francs CFA ont été effectivement dépensés. Mais en réalité, plus d’argent a été injecté dans la campagne. En effet, en plus de la répartition officielle des fonds par l’état-major du parti aux équipes provinciales de campagne, chaque candidat a dû mettre la main à la poche pour se donner toutes les chances d’être élu. Espérant bien sûr engranger des dividendes dans le futur. “Toutes les dépenses que nous faisons personnellement seront rattrappées après”, confie un membre du parti, sourire aux lèvres. En clair, après les élections, les récompenses ! Postes politiques, marchés publics, promotions diverses...

Mais combien le Président Compaoré a-t-il personnellement injecté dans cette campagne ? “C’est énorme!”, affirme une source proche de la gestion financière du parti, sans autre précision. Les conséquences de la crise au CDP, avec la mise au “garage” de certaines têtes de proue - Salif Diallo, Roch Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré, Juliette Bonkoungou et bien d’autres-, l’ascension pas très rassurante de François Compaoré - qui tenait absolument à gagner sa bataille politique face à Zéphirin Diabré de l’UPC dans la région du Centre -, la nécessité pour le Président Compaoré d’avoir une majorité confortable à l’Assemblée nationale, et bien d’autres enjeux ont contribué à renflouer les caisses du parti. “Victoire à tout prix” ! Mais le CDP, malgré ses moyens colossaux, a été malmené dans certaines provinces du pays.

Sandra JOLY

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