AFFAIRE EX-DG DES DOUANES : Sur les traces des milliards de Guiro

Ousmane GuiroTout était fin prêt pour que cette affaire «de gros sous, de corruption et d’enrichissement illicite» soit jugée, en juin dernier, lors des assises criminelles de la Cour d’appel de Ouagadougou. Mais le dossier a été remis dans les tiroirs. Au point qu’il commence à dégager un peu trop d’odeurs nauséabondes. Pourtant, au départ, les choses sont allées vite, très vite. La situation a mal tourné pour l’ex-DG des douanes, Ousmane Guiro, en fin décembre 2011. Ce jour-là, la Brigade de gendarmerie de Boulmiougou, guidée par une source «anonyme», perquisitionne le domicile de l’un de ses neveux. Et que voit-elle ? Deux cantines appartenant à Guiro et contenant 1 906 190 604 FCFA. Dont des devises étrangères : 78 295 euros et 30 533 dollars US. Mais aussi des armes à feu: un fusil G3, un pistolet automatique de marque Baretta calibre 9 mm, un pistolet automatique 7, 65 mm et un fusil 22 long rif. L’ex-DG des douanes, inculpé pour «corruption passive, enrichissement illicite et violation de la réglementation relative au contrôle des changes», pourra-t-il s’en sortir ? Il lui faut démontrer, pièces à l’appui, que les 1 906 190 604 FCFA ont été obtenus de façon légale. Et c’est là qu’il y a véritablement problème. Le ministère de l’Economie et des Finances a fait le point des avantages statutaires et légaux servis à Ousmane Guiro pendant les onze dernières années. Total : 483 880 492 FCFA. Et si l’on ajoute à cela les salaires nets qui lui ont été servis de septembre 1982, date de son entrée dans la Fonction publique, à décembre 2011, date à laquelle l’affaire a éclaté, la barre de l’ensemble de ses revenus légaux s’affiche à 547 924 229 FCFA. Il y a donc un gros écart entre ce montant et les fonds retrouvés dans ses cantines. Tiens, tiens, il y a aussi les cadeaux ! Selon nos sources, Guiro les brandit pour tenter de réduire cet écart abyssal. Et vous savez de quoi il s’agit ? Il recevait, dit-il, en sa qualité de Directeur général, des dons provenant des fonctionnaires des douanes. Il s’agit de gros sous : entre 15 et 20 millions de francs CFA par mois. Sans oublier les cadeaux des opérateurs économiques. Et là, les montants varient, dit-on, entre 100 000 et 5 millions de francs CFA. Au total, chaque mois, Guiro gagnait, selon ses propres calculs, des revenus allant de 50 à 60 millions de francs CFA. Mais il n’y a pas que ça.

D G DES SOCIETES D’ETAT : 5 mois de salaire «cadeau» en fin de contrat !

Notre pays a vraiment beaucoup d’argent. Sauf qu’il n’en «distribue» pas à tout le monde. Les syndicats de travailleurs continuent de crier leur ras-le-bol. Marches, meetings, sit-in… Mais au sommet de l’Etat, on leur crache, droit dans les yeux, que le Trésor public ne «pète» pas vraiment la forme. Les directeurs généraux de sociétés d’Etat, eux, se frottent les mains. Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a donné, en juin dernier, des instructions. Un nouveau texte sera bientôt adopté. Les «billets craquants» vont «pleuvoir» sur la tête des D G à la fin de leur contrat. Ils recevront un bonus de cinq mois de salaire ! Mais pas seulement ça !

ASSEMBLEE GENERALE DES SOCIETES D’ETAT : Les résultats en chiffres

Comment se portent les sociétés d’Etat ? Et les établissements publics de prévoyance sociale ? Le diagnostic a été fait, en juin dernier, lors de la 22è session de l’Assemblée générale des sociétés d’Etat. Voici, en chiffres, les résultats de leur santé financière.

QUESTION AU PRESIDENT COMPAORE : Mais qui a assassiné Sankara ?

Blaise compEt revoilà l’affaire Thomas Sankara ! Cette fois, c’est le «frère d’armes», l’«ami», le «compagnon de lutte» du leader de la Révolution d’Août qui en parle. Blaise Compaoré en personne. «Thomas est enterré au cimetière de Dagnoën, à Ouaga», affirme-t-il à notre confrère Jeune Afrique (N°2792 du 13 au 19 juillet 2014). Une première ! Jamais en effet le Président Compaoré, au pouvoir depuis bientôt 28 ans, n’avait brisé autant le silence. Et s’il en parle avec autant d’assurance, c’est qu’il sait sans doute beaucoup de choses sur cette affaire brûlante. Il avait pourtant affirmé, au lendemain du coup d’Etat, qu’il était malade, couché, lorsqu’il a entendu les coups de feu. Et voilà qu’au moment où la veuve et les orphelins de Sankara demandent à la Justice une expertise afin de savoir si c’est bien la dépouille de l’ex-président du Faso qui se trouve dans la tombe érigée à son nom par le gouvernement burkinabè, Blaise Compaoré fait une déclaration fracassante. La Justice doit donc impérativement rouvrir le dossier Sankara. Il y a un témoin de taille. Mais pas seulement lui. Bien avant, le Général Gilbert Diendéré avait fait des révélations.

CONGE DE MATERNITE ET TRAFIC DE BEBES : Safia Coulibaly était-elle vraiment enceinte ?

«C’est une affaire privée. Nous ne pouvons pas répondre à vos questions», affirme-t-on, catégorique, à la Direction du matériel de l’Assemblée nationale. Pas la peine d’insister. Instruction a été donnée de ne pas parler de l’affaire «trafic de bébés» dans laquelle est empêtrée la responsable de ce service. Safia Coulibaly, la Directrice du matériel, a été arrêtée le 18 juillet, à Cotonou, par Interpol Bénin. Elle était en possession de deux bébés. L’un âgé de cinq jours et l’autre de neuf jours. Safia est actuellement détenue dans une prison civile à Cotonou. A l’Assemblée nationale du Burkina, c’est la brouille totale. Les autorités burkinabè, informées quelques heures après son arrestation, ont tenté de négocier son

JUSTICE : Des dossiers à forte odeur d’argent et de corruption

symboles-de-justiceLe Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a encore tapé du poing sur la table. Dans son dernier rapport, il égrène des dossiers sales de la République. Affaire Guiro, affaire Joseph Paré, affaire CNSS, affaire ONI, affaire IGB, affaire CIL… Des dossiers à forte odeur de millions de francs CFA et de corruption qui «pourrissent» en Justice. A quand le jugement ? Le REN-LAC fait ici le point de quelques affaires louches.

JUSTICE : Affaire louche au Conseil d’Etat

symboles-de-justiceNotre article, intitulé «Conseil d’Etat: pourquoi le président s’accroche-t-il à son fauteuil ?», publié dans CC N° 60 du 10 juin 2014, a suscité moult commentaires dans la haute sphère du ministère de la Fonction publique. Et révélé, du coup, un gros problème concernant l’authenticité de certains documents utilisés par le président de cette juridiction, Venant Ouédraogo. A quelle date ce dernier

CAISSE NATIONALE DE SECURITE SOCIALE : Et revoilà les «5 milliards à problèmes» !

ArgentgC’est le jackpot ! De gros sous ! Des billets craquants ! Les responsables de la Société burkinabè de crédit automobile (SOBCA) ont dû crier victoire. Ils ont enfin commencé à palper, sur la base d’une délibération revue et corrigée, les «milliards à problèmes» qui avaient défrayé la chronique en 2013. La SOBCA avait en effet englouti un prêt de cinq milliards de francs CFA, déguisé en compte courant, illégalement octroyé par la

AFFAIRE SALIFOU NEBIE : Que pourra le juge Nana dans cet imbroglio ?

symboles-de-justiceC’est fait. Après moult tractations, le dossier Salifou Nébié a été confié au juge d’instruction Théophile Nana. Il a la lourde charge d’instruire ce dossier brûlant. Cette désignation du juge constitue un pas important dans la recherche de la vérité. Mais elle renferme des énigmes et suscite de grandes interrogations.

ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA, DAVID OUEDRAOGO, NORBERT ZONGO…: Vérité, où es-tu ?

sank«Mort naturelle», «Mort de sa maladie», «Mort accidentelle»… Et pourtant, c’est faux ! Décryptage de quelques dossiers sales de la République. Affaires Thomas Sankara, David Ouédraogo, Norbert Zongo, Justin Zongo, Salifou Nébié…